Wild Horses: La Terre des Chevaux Sauvages.
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 « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre

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Lusitania
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MessageSujet: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Sam 29 Juin - 14:59




« Nous ne sommes les valets de personne. »

« Les origines frappent le subconscient comme on le dit d'une médaille. » ҩ Louis Nucera
L'été avait pris ses marques sur les terres du Soleil. Lusitania s'était faite discrète, ces derniers temps. Pourtant, elle avait bel et bien été là, la jolie chef du Soleil. A l'écoute de son clan, à l'affût du moindre mouvement politique. Elle avait par cela emmagasiné de précieuses connaissances. En apparence, d'infimes choses, des détails peu probants, mais mis bout à bout avec son intelligence farouche, de grandes connaissances. Ce serait important par la suite, sûrement. Cette légère mise au vert n'avait rien à voir avec un coup de ras le bol, comme il en était avec Renji, ou des soucis - qu'ils soient physiques ou de santé - mais simplement à un besoin simple : ne pas s'exposer outre-mesure. Sachez juste qu'elle était là, bien présente, bien vivante, entrée dans une certaine ombre pour ne pas envahir le devant de la scène, sans savoir se faire oublier.

Mais par cette chaleur, avec ce soleil de plomb, l'élégante se baladait d'un pas traînant. L'encolure tendue vers le bas, le regard vif, les oreilles pointées vers l'avant, la queue battant les flancs. Ses pas sans réflexion l'avaient conduit à traverser son territoire, sur lequel elle n'avait croisé âme qui vive ; la chaleur accablait chaque cheval, qui avait plus facilement tendance à faire la sieste qu'à parcourir le sol poussiéreux. Et finalement, la fine pie était arrivée, au coucher du soleil, à l'Aire de Combat. Son poil avait alors été humide et collant d'une fine pellicule de sueur. La poussière qui était montée, petit à petit, avait teinté ses muscles fins et saillants, vigoureux, mais surtout puissants malgré son apparence frêle d'une teinte rougeâtre. Des filets de sueur donnaient l'aspect que du sang coulait de sa chair. Le contour de ses yeux était moite, des gouttes, pareilles à des larmes, roulaient le long de son chanfrein. Mais la fraîcheur revenait, petit à petit.

La splendide Paint s'était pourtant arrêtée. Ses flancs se soulevaient fort, un peu vite. Elle chercha un peu d'ombre, pour rafraîchir son corps brûlant. C'était un froid relatif, dans ce territoire immense que le soleil brûlait plus que partout ailleurs sur l'immensité que représentation Wild Horses. Le regard intelligent de la douce se balada sur les alentours. Ses oreilles, elles, captaient le moindre son. Alors, même si elle paraissait sereine et insouciante, nul ne passerait inaperçu sur cette terre qu'elle connaissait par cœur.  


Lusitania ҩ Libre

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Black Hole
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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Mar 2 Juil - 9:23

☢ Nous ne sommes les valets de personne



Quels mots, quels mots pouvaient encore décrire avec exactitude l’animal qui, sous le soleil de plomb, sur le sable rouge, devant les yeux des dieux, s’avançait ? Comment croquer d’une façon différente, nouvelle, les contours de cette silhouette trop bien connue maintenant ? Fallait-il revenir une énième fois sur les muscles saillants qui roulaient sous sa peau de velours ? Sur les cicatrices aciérées qui dansaient sur son corps ? Etait-il important de mentionner la pâle blancheur de son étoile qui, haute et fière, trônait au sein de son front ? Black Hole.

Il était là, à suivre ses pas comme s’il avait été son ombre. Mais était-il seulement possible d’affirmer qu’il la suivait ? Hole se confondait en chaque chose de cette terre, il semblait pouvoir être aussi bien la pierre au milieu du chemin que le vent dans les arbres ou la douleur dans un cœur. Mais quelque soit la chose qu’il fut, le résultat était qu’il se trouvait là, juste devant elle, cette jument au corps délectable, aux yeux de biche et à la robe de sang.

De nouveau, ils se faisaient face. Le soleil, le jour, la bonté, l’amour, le paradis et, de l’autre côté, la lune, la nuit, le mal, la haine, l’Enfer. Pourtant, aussi opposés pouvaient-ils être, ils brûlaient d’un même désir. Quand ils se voyaient, un sort hardi s’emparait d’eux, les transformant en pantins, et, sans plus comprendre, leurs corps parlaient pour eux. Mais l’heure n’en était déjà aux gestes. Le temps semblait s’être arrêté, alors qu’enfin, le vigoureux étalon sortait de l’ombre, avançant d’un pas léger, comme s’il eut été fantôme, pour se planter face à la sublime Pinto.

Les yeux sans fond de l’animal démon glissèrent sur le corps connu, ils visualisèrent toutes ses courbes, ses creux, ses reflets, ses marques. Les souvenirs, à mesure que le regard allait, revenaient. Sur le chanfrein de la belle, coulaient quelques lourdes gouttes. Dans son esprit, le chanfrein de la belle s’appuyait sur le sien. La peau de son garrot frémit soudain, comme lorsque ses naseaux brûlants l’avaient effleurée pour la première fois. Ils se connaissaient. Pourtant, il y avait, en cette arène de combats, comme une gêne, comme une appréhension glaciale qui les séparait. Ils étaient à une foulée l’un de l’autre, et pourtant, il aurait été aisé de croire qu’un océan tout entier les séparait. Hole, enfin, braqua ses yeux fous dans ceux de la douce. Ses lèvres noires, satinées, s’ouvrirent enfin, alors que sa voix suave, qui semblait ne pas avoir changé, coulait déjà dans l’air :

Impératrice, Reine, Princesse, Dominante, Guerrière, Solitaire, Voleuse … qui serez-vous cette fois ?

L’étalon ne bougeait plus, alors que les mots, un à un, étaient tombés. Ils s’étaient abaissés jusqu’au sol, mais comme ils n’étaient les valets de personne, voilà qu’ils déployaient leurs ailes et s’envolaient, plus haut, plus loin. S’il les avait prononcés, ces mots ne lui appartenaient plus désormais.

Mais la question ne se trouvait pas là. Hole avait ses façons d’aborder une âme, et cette énumération ne lui ressemblait pas. Pas le moins du monde. Cherchait-il ici un moyen de la défier, de la toucher, de la blesser ? Voulait-il la faire douter, alors que depuis leur dernière rencontre, il avait dansé avec d’autres ?

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Lusitania
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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Mer 3 Juil - 4:04




« Nous ne sommes les valets de personne. »

« Les origines frappent le subconscient comme on le dit d'une médaille. » ҩ Louis Nucera
C'est la chaude odeur, âcre et désagréable pour beaucoup, de mort et de sang séché mêlée, qui avait prévenu la douce de l'arrivée imminente d'un de son rang. A distance, elle n'avait su sentir les effluves qui faisaient sa particularité, et elle s'était , d'une certaine façon, mise sur sa réserve. Bander les muscles et dénuder les dents ne l'aurait pas aidé. Elle était consciente, oui, de n'être qu'une créature faible face aux Tueurs. Puis, à mesure qu'il avait approché, elle avait senti ce léger parfum musqué et envoûtant qui était sien, et toute réserve avait disparu de son corps délicat. La belle lui faisait confiance. Pauvre folle, auraient songé quelques-uns. Mais par nombre de raisons, elle se savait en une certaine sécurité, à ses côtés.

Déjà, ils avaient été alliés. Ils avaient une cause commune ; Renji. Ami et confident de la pie, Frère de Cœur du grand noir à l'étoile. Alors, déjà, ils avaient signé le pacte de non-agression sans un mot. Sinon, elle serait déjà sûrement morte, s'il avait décidé de briser le Pacte. Elle n'aurait jamais osé. Puis il y avait eu leurs danses. Son corps souple et délicat ne lui appartenait pas lorsque le bel entier était à portée de voix. Oui, ils avaient dansé, sans retenue, sans pour autant franchir le dernier pas qu'il leur restait. Elle avait senti son corps s'enflammer avec la chamade endiablée de son corps. Là, elle s'était laisser oublier, avait abattu chaque barrière de son être fier. Elle avait dévoilé son encolure, l'offrant à se briser. Elle avait laissé à découvert son flanc, l'offrant à être entaillé sur toute sa profondeur. Elle avait découvert son regard, s'offrant à devenir aveugle. Et au-delà de tout, elle avait offert son cœur, s'offrant à le voir broyé. Mais il n'en n'était rien. Alors, elle savait ne rien craindre.

Un battement de cils plus tard, il était là, face à elle. Elle redressa l'encolure, son regard calme et doux cherchant le noir sans fond du Démon vêtu de Nuit. Mais il s'absorbait dans sa contemplation, et la belle se permit à son tour d'étudier les longs muscles saillants, les cicatrices, dont elle en connaissait beaucoup, en découvrant de nouvelles, plus petites. Le Fantôme se serait-il assagi ? Car, à leurs précédentes rencontres, souvent, il avait montré nombre de nouvelles cicatrices, dont certaines étaient tout à fait visibles. Il avait, cette fois, fallu à Lusitania rappeler à elle toute la connaissance accrue qu'elle avait du grand noir. Elle se réjouissait de savoir qu'il n'avait pas cherché le combat de trop depuis le long moment pendant lequel ils ne s'étaient vus. Elle connaissait tout son être sombre. Pourtant, jamais elle n'aurait osé avancer. Il y avait une certaine retenue entre eux. Une barrière invisible. Oh, ils n'étaient ni inconnus, ni ennemis. Il y avait une chose simple pour abattre le mur invisible entre eux.

Déjà, leurs regards si différents se trouvèrent. Elle le harponna de ses grands yeux bruns. Son regard, calme et intelligent, doux, presque tendre, contrastait avec la folie sans fond du Shikaku. Mais elle l'avait accepté. Elle commençait à le comprendre. A force de le côtoyer, la jument du Soleil comprenait l'esprit tordu du grand Black Hole. Lorsque les lèvres sombres frémirent, la jument se redressa un peu, trouvant enfin sa stature habituelle. Les mots coulèrent dans ses oreilles, lui arrachant une esquisse assurée de sourire. Le genre de mimique que seul le cheval à la pelote savait lui arracher. Cela ne lui ressemblait pas. Elle aurait, oui, pu douter. Mais ils ne s'étaient rien promis. Et elle ne lui faisait déjà que trop confiance. Alors, ses propres lèvres frémirent lentement tandis qu'elle secouait la tête, faisant voler avec grâce sa légère crinière sur sa belle encolure.

« Sûrement serais-je simplement moi. Mais vous, vous aux mille visages, qui serez-vous ? Dois-je, pour la première fois, me méfier de vous, ou resterez-vous celui que je crois connaître ? »

Son regard n'était que trop franc, sans se détacher de celui de l'étalon. Elle montrait à la fois son assurance et, par sa voix d'une douceur de coton, qu'elle n'était pas froide, face à lui. Non, elle aurait dansé, s'il avait fait un pas vers elle. Mais elle ne savait pas, cette fois, à quoi s'en tenir. Elle ne savait pas toutes ses danses. Elle ne savait pas la profondeur de leur attachement. Car, entre eux, il y avait un attachement, c'était indéniable. Mais quel était-il ? La question était difficile à peser. Elle-même ne savait pas. Il fallait lui montrer le début du chemin, pour qu'elle s'y retrouve. Juste le début. Ses pas iraient, ensuite, avec un naturel peu croyable. Enfin, la jument bougea de nouveau. Sans devenir méfiante, sa queue fine battit ses flancs fins, sur lesquels saillaient élégamment ses côtes, dans sa grande finesse.

Tu me connais. Tu sais, j'en suis certaine. Tu sais la chamade et la chaleur. Tu ignores peut-être juste le désordre que ton image met dans ma tête.  


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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Jeu 4 Juil - 2:28

☢ Nous ne sommes les valets de personne



Un jour, sous un même soleil, les corps, muets et chauds, s’étaient, pour la première fois, entrechoqués. Caresses sauvages, les contacts avaient tous été à la limite de la violence. Mais la dominante du soleil n’avait pas bronché. A chaque fois, à chaque assaut, à chaque invitation, à chaque pas, elle s’était tenue droite, forte et fière, comme si ce jeu était le sien depuis toujours. Elle n’avait, face à lui, jamais cillé ni failli, digne dans le moindre de ses frémissements, reine dans la moindre de ses paroles. Et de nouveau, comme si rien n’avait changé, elle s’avouait habile de ses paroles, retournant contre Black Hole ses interrogations, l’accusant à son tour. L’animal, quand les lèvres de la belle frémirent, eut un sourire. Ainsi, la question demeurait donc toujours sans réponse ? Était-il bon ? Était-il mauvais ? Pouvait-on le croire ? Pouvait-on marcher en avant de lui sans craindre qu’il ne nous brise les reins de ses sabots ?  Mais déjà, ses mots, de nouveau, coulaient dans l’air brûlant.

Je ne sais plus de quelle façon vous nommer. Vous serez vous-même, oui. Mais qui êtes-vous ? J’ai rêvé, dame, de nos corps se frôlant, encore. J’ai rêvé de votre parfum, alors que chaque fleur le répandait dans l’air du soir. J’ai rêvé de votre regard, si brillant et incisif, alors que je ne voyais plus. Et j’ai eu peur de m’éveiller, de briser ces enchantements, et j’ai eu peur de vous revoir. J’ai crains de ne plus vous retrouver, vous que j’avais rêvée. J’ai crains de ne plus sentir à nouveau ce parfum, j’ai crains de le voir changer. J’ai crains de voir ces yeux si vifs éteints. Mais vous êtes bien là, c’est bien vous, encore. Quand cesserez-vous de me tourmenter ?

Une étincelle s’embrasa dans son regard de feu, alors qu’il poursuivait, sur ce même ton plein de passions, plein de vérités, plein de … sentiments ?

Et qui suis-je donc, moi, misérable animal qui vient troubler votre paisible journée ? Qui suis-je aujourd’hui ? Face à vous, j’ôterai bien tous ces masques, je me mettrai volontiers à nu. Mais j’ai bien trop peur que devant ma laideur, votre propre beauté ne se mette à vous fuir. Mes vices, aussi exquis me semblent-ils, se propagent comme bon leur semble. Et pour rien au monde je ne souhaiterai voir en vous un être aussi noir que je peux l’être. Alors, dame, laissez-moi le loisir de mettre le masque du rêveur, du danseur qui, souvent, vous ont accompagnées, vous et votre délectable ombre. Me laisserez-vous être celui-ci ?  

Enfin il se taisait. Doucement, ses mots s’imprimèrent dans l’air, alors que le vent dans les branches semblait reprendre chacune de ses paroles. La nature toute entière était un vivant écho à l’invitation lancée par le guerrier au sang trop pur. Mais comment pouvait-il être aussi sûr de lui, alors qu’ils ne s’étaient trouvés depuis des lunes maintenant ? Son regard devint plus intense, alors qu’il semblait vouloir plonger en l’âme même de la Pinto. Et ses mots, ne venaient-ils pas de la troubler, cette âme ouverte et bonne ? Ne vibrait-elle pas de ces sons qui, accordés les uns aux autres, formaient de longues phrases chantantes ? Mais Black Hole était un loup, et chanter la vie n’était pas dans ses habitudes. Il ne vivait que pour la nuit. La nuit, il hurlait avec les prédateurs sous la lune, il courait avec eux, leurs fourrures se mêlant à ses poils, leurs griffes marchant dans ses traces.

Je sais ton cœur qui s’emballe, je sais ton corps qui frémi, je les ai sentis. Et j’aimerai ne plus m’en passer. J’aimerai que nos jours se résument à ces danses. Que ces danses ne se résument qu’à toi, toujours et seulement à toi. Mais nos destins ne sont pas faits pour s’accorder, nos sabots ne sont pas faits pour fouler le même chemin. Tu seras à jamais le bien, comme je serai à jamais le mal.

Pourtant, quand le mâle posait sur elle ses yeux, quelque chose le brûlait, le poussant à avancer. Il avait envie, encore, de promener à loisir ses naseaux brûlants sur la courbe de son dos, de sentir son échine se creuser, de voir son corps frissonner. Mais il n’avait pas le droit. Il n’avait pas le droit de venir et de jouer, de danser à ses côtés. Il n’avait pas le droit de corrompre cette âme. Alors, pourquoi s’était-il retrouvé là, juste devant elle, à la croquer de ses yeux profonds ? Il y avait, dans sa tête, déjà bien des juments. Mais Lusitania y avait aussi sa place, une place spéciale. S’ils avaient tout deux dansé, Hole ne s’était pas évaporé le dernier pas accompli, non. Il était resté à ses côtés, il avait parlé, il avait écouté.

Etaient-ils un équilibre pour l’autre ? Ou n’engendraient-ils que folie dans leur tête ?

Un jour, sous un même soleil, Black Hole avait cru en elle. Il avait trouvé en la belle Pinto une âme sublime, auréolée seulement de bonté. Il avait trouvé celle peut-être qu’il attendait. Mais il était un non-croyant, il était un ange damné, tombé du ciel. Un corps exempt d’âme qui s’était fracassé contre les pics aciérés des Enfers.

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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Mar 9 Juil - 5:36




« Nous ne sommes les valets de personne. »

« Les origines frappent le subconscient comme on le dit d'une médaille. » ҩ Louis Nucera
La danseuse, avec ses longs membres, inclina légèrement de côté la tête, écoutant, buvant les paroles du grand noir. Chaque mot n'était qu'un compliment. Chaque chose qu'il lui disait coulait dans ses veines. Courait jusqu'au cœur. Ainsi, la jument le tourmentait. Tout comme lui la troublait au plus haut point. C'était une chose maudite qui semblait naître entre eux. Une chose qui leur était interdite. Et qui, pourtant, s'insinuait insidieusement dans sa conscience. Lusitania faiblissait face à ses préceptes, il en était certain. Ainsi, elle eut un rire léger tout en plongeant au plus profond des yeux de Hole son regard doux et assuré, cette fois.

« Je ne suis qu'une jument parmi tant d'autres, si c'est que vous voulez de ma bouche entendre. Mon but n'a jamais été de vous tourmenter, mais n'est-ce pas un juste retour des choses, en sachant que longuement j'ai cherché à croiser votre route et que nombre de fois, dans la pénombre, j'ai cru observer votre silhouette. Chaque fois, lorsque j'ai voulu faire un pas, vers vous, vous avez disparu, vous, le Fantôme inaccessible. »

Elle redressa la tête, goûtant avec plaisir à la voix suave et profonde de l'étalon, énorme contraste avec sa propre voix, douce et délicate, assurément féminine, souffle léger ici. La princesse ne montrait que ses bons côtés au bel étalon. Et elle l'écoutait, sans se faire prier. L'étincelle qui brillait dans le regard de Black Hole embrasa l'esprit de la belle. Sa voix, qui avait changé, attisait les sensations profondes de la jument. Elle retint un frémissement, non d'horreur mais d'une sensation bien plus aimable. Les mots, une fois de plus, firent mouche. Elle inclina gracieusement le port. Elle acceptait, oui. Mais sa réponse fut sans appel, néanmoins. Toujours avec cette extrême douceur, cette façon d'être légère et délicate, tout en restant souveraine.

« Alors, soit. Soyez le danseur qui embrasera un peu plus l'air. Le danseur qui guidera le moindre de mes pas. Mais quand donc retirerez-vous le moindre de vos masques alors que moi, depuis le premier jour, j'ai mis à bas mes apparence pour ne vous montrer que ce que je suis. N'avez-vous pas confiance en la force de mon tempérament pour garder loin de moi ce que je ne saurais supporter ? »

Son sourire était sincère et assuré, un brin carnassier, peut-être. Qu'il ne s'inquiète pas. Ses travers ne se révéleraient chez la pie que si elle les portait dans son sang. Mais il n'y avait en elle que de nobles choses et, ainsi, si la noirceur de l'être du Démon pouvait légèrement faire contrebalancer sa propre lumière, il n'est qu'une certitude, la belle resterait elle-même, avec sa douceur et son âme chatoyante.

Alors dansons. Dansons, cette fois encore. Foulons le même chemin. Je me fiche de ce que nous pouvons ou non. La seule chose qui compte, c'est ce que nous voulons. Nous sommes les deux faces d'une seule et même pièce.

Son corps délicat frémit doucement et elle se mit presque en mouvement. Lentement, elle gratta le sol de son antérieur. Elle ne craignait plus de se briser contre l'esprit sombre du Shikaku. Elle espérait, au contraire, lui montrer ses traits plus clairs, tournés vers la lumière. Alors, elle savait que lui aussi, ressentait cette brûlure intense qui lui donnait envie de danser. Cette chaleur au creux de ses flancs. Ces fourmillements dans ses longs membres fins. Alors, elle secoua la tête, tendit ses muscles tout en longueur et en endurance, plus qu'en rondeur et en puissance. Et elle fit le premier pas, dansant. Presque un piaffer, plein d'élégance. Elle avança de quelques pas, s'arrêta, piaffa, arqua l'encolure. S'immobilisa à nouveau. Ses yeux prirent une teinte joueuse. Elle n'attendait plus qu'il ne réponde à sa danse.

Dansons.


Lusitania ҩ Black Hole

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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Dim 21 Juil - 4:05

☢ Nous ne sommes les valets de personne


Dame, n'arrêterez-vous donc jamais ? Mes mots se perdent et tremblent dans ma bouche, alors que j'apprends que vous m'avez cherché. Mais êtes-vous sûre d'avoir exploré les bons endroits ? Je vis dans l'ombre des bois, sur les rochers tranchants contre lesquels les flots se brisent sans relâche. Je vis là où le chaos préside, et seule le nuit pourrait prétendre me piéger. Dame, c'est vainement que la lumière cherche l'ombre.

La voix de l’étalon se perdait en un murmure étouffé, alors que ses mots fusaient, brisant le ton habituellement maîtrisé et suave, rassurant et envoûtant. Black Hole semblait s’être perdu dans ses propres réflexions, alors qu’il vantait encore la dame, sa beauté, sa douceur, le rêve qu’elle lui inspirait … Mais un éclair acerbe et presque cruel se coula dans son regard. Le ton changea, et il se voulut, pour la reine du soleil, un étranger et un prédateur.

Et qu'auriez-vous donc fait de moi, si nous étions venus à nous croiser ? Quels auraient été vos mots, vos attentes ? J'ai peur de ne pouvoir que vous décevoir, Reine Soleil.


Mais somptueuse dans sa robe de neige et de sang, Lusitania était égale à ce phare au creux de la nuit, à ce phare solitaire mais digne, harcelé par la tempête. Si la mer se brisait, si les vents hurlaient, dans ce monde qui n’en finissait plus de changer, demeurait un repère, fort et fier, comme inébranlable. Et ce repère, pour l’étalon, c’était elle. Alors pourquoi s’éreinter à essayer de la faire douter ? Pourquoi vouloir la chasser, l’éloigner ? Il voulait seulement … la protéger. Bien sûr, Lusitania était forte, intelligente, rusée et chasseresse : en somme, elle savait se défendre. Mais se défend-on d’un ami ?

Le regard de la bête suivait la moindre de ses ondulations, et oh ! qu’elle était belle ! Jamais donc il ne parviendrait à s’en lasser ? Quand elle parlait, quand elle riait, quand elle souriait, quand elle frissonnait, le cœur de l’entier implosait en grand fracas, faisant trembler jusqu’à son corps dont il avait pourtant une maîtrise parfaite et totale. Il ne pouvait, face à elle, résister. S’il la mettait en garde, ce ne serait pas lui qui romprait le pas ou la danse, ce ne serait pas lui qui la fuirait. Qu’elle se détourne et la haïsse, que ce soit elle qui s’en aille et l’abandonne ; et non l’inverse.


J’aimerai pouvoir m’approcher, me pencher sur votre oreille, et vous murmurer toutes ces paroles qui n’auraient de sens que pour nous. J’aimerai voir dans votre regard le feu que mes mots feraient naître, et j’aimerai plus que tout vous entendre rire, séduite et gênée. J’aimerai, oh j’aimerai tellement, reine, qu’à jamais vous puissiez suivre mes pas.

Et déjà, l’étalon s’approchait de la belle, dans des allures vives, pressantes, comme une invocation à la vie. Il approcha sa tête aux traits furieusement sauvages de celle de la Pinto, et reprenait, plus bas cette fois.  

Et si j’enlevais ce masque, me suivriez-vous jusque dans mon monde ? Danseriez-vous avec moi à l’orée de nos univers, où nos routes ne devraient plus être les mêmes ? Et finalement, ma douce dame, viendriez-vous chez moi, votre flanc frémissant collé contre le mien, brûlant ? Vous auriez peur. Peur de cet Enfer, de ces flammes, de ces démons, de ces cadavres et de la Mort. Ce n’est pas de vous ni de votre tempérament dont je doute, mais de moi et de ma détermination. Si certains me pensent infaillibles à ma dévotion pour le mal, je me sais faillible quant à mon âme et ma raison, que j’ai abandonnées il y a de ça bien longtemps maintenant.

Pourquoi ne se sauvait-elle pas ? Au plus profond de son être, pourtant, Hole sentait qu’à la voir rester, un bonheur sans pareil l’envahissait. Lusitania avait toute sa confiance, son soutien et son amitié. Tout le feu de son corps, aussi. Et déjà, la jolie reine dansait, l’invitant à se joindre à elle.

Les deux faces d’une seule et même pièce. Pourtant, l’une de ces faces doit un jour l’emporter sur l’autre, n’est-ce pas ? Tout dépend des paris que l’on prend. Mais pour rien au monde je ne souhaiterai que ce jour arrive, alors, dansons, puisque tel est ton désir, muse de sang et de glace.

Une minute seulement, et l’attitude de l’étalon avait changé. Il avait regroupé son corps musculeux, engageant ses postérieurs sous son corps comme s’il avait été dressé à agir ainsi. Son puissant col d’entier s’était arqué, alors que ses crins plus noirs que la nuit y dansaient à présent. Ses naseaux de satin étaient à présent dilatés, et ils frémissaient, alors que déjà, le cœur de l’animal pompait plus de sang, comme s’il savait l’effort imminent. L’animal démon porta sa queue en bannière, alors qu’enfin, la véritable magie s’opéra. Le premier pas fut léger, vif, alors que Hole semblait monter dans de hautes allures, alors que ses genoux se soulevaient à hauteur de poitrail, tirant sur sa cicatrice sinueuse, qui en appelait une autre, plus large et cruelle, qui lui barrait la joue. Il devint serpent, et son corps entier ondulait à présent, alors que son échine était parcourue de frissons électriques.

Suave, il s’approcha de Lusitania, son corps brut frôlant le sien, plus délicat. Rapidement, ses yeux sans fond cherchèrent ceux de la jument, lançant un défi. De nouveau, les caresses brûlantes seraient à la limite de la violence. Pourtant, cette perspective l’enchantait, alors qu’il décrivait un cercle autour d’elle, son corps si près du sien qu’à chaque pas, il sentait comme un magnétisme qui les rapprochait.

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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Jeu 18 Sep - 9:00

« Nous ne sommes les valets de personne. »

« Les origines frappent le subconscient comme on le dit d'une médaille. » ҩ Louis Nucera
« Peut-être ai-je visité les endroits où j'aurais aimé vous trouver, ou ceux où déjà nos routes se sont croisées. Mais donnez-moi une seule raison de ne pas vous chercher, hormis cette noirceur que vous aimez mettre en avant face aux autres, et cette folie dont on m'a suffisamment mise en garde. Une raison, Chasseur d’Étoiles, et peut-être songerai-je un instant à cesser de vous chercher lorsque j'erre seule. » Immobile et souveraine, la jument le regardait, sans ciller, cette même expression douce et posée imprimée sur son visage expressif. Il ne lui faisait plus peur, plus lorsqu'il était conscient de sa présence et maître de lui-même. Aussi, ne cilla-t-elle pas, une fois de plus, et lui répondit-elle en toute honnêteté. « Mes mots et mes attentes auraient été les même que ce soir, à n'en pas douter. Pensez-vous vraiment que je vous chercherez, si vous pouviez me décevoir ? »

La dernière phrase n'avait été qu'un doux et tendre murmure rauque. Elle n'avait pas peur de laisser un très léger silence s'étirer entre deux de leurs phrases car elle savait ce qu'elle pouvait ou non lui dire ; elle savait ce qui pourrait ou non le froisser, l'énerver ou encore le blesser, quoi qu'elle ne soit pas vraiment sûre d'être en capacité de le blesser. S'il n'était pas invulnérable, elle ne voulait pas avoir les armes qui pourraient le tordre de douleur en sa possession. Alors, si pendant quelques secondes, l'un ou l'autre se taisait, elle ne s'en inquiétait pas, car toujours le dialogue reprenait, alimenté par les réflexions de leurs esprits vifs. Et, en effet, l'étalon reprenait la parole, tandis que la jument, son regard luisant braqué sur lui, buvait ses paroles, les imprimait. Elle savait qu'elle ne devrait jamais oublier la moindre choses qu'ils se seraient dite. Le Démon, lui, n'oubliait pas, il fallait donc qu'elle en fasse de même. Et puis, au delà de cela, leurs échanges lui étaient précieux. Aux mots de l'étalon, un sourire illumina légèrement la face de la jument. Pourtant, déjà, il approchait, menaçant de briser son corps délicat par la force de ses mouvements. Pourtant, elle ne cilla pas. Elle ne le craignait pas. Lorsque leurs têtes furent proches, l'idée terriblement tentante d'appuyer leurs chanfreins ensemble traversa la belle, et pourtant elle se retint, n'ayant guère idée de ce que s'apprêtait à lui dire le Chevalier Noir.

À l'instant où il reprit la parole, pourtant, elle sut qu'elle avait fait le bon choix en ne mettant aucun contact entre eux. Bien entendu, la proximité embrasait l'air entre eux, et elle sentait son souffle chaud la caresser, tandis qu'elle même respirait un peu plus fort. Ce n'était pas la peur qui dominait son souffle, pourtant, ni même son cœur qui battait un peu plus vite, c'était le simple fait de la proximité de l'étalon, et aussi le sens de ses paroles, l'effet qu'elles lui faisaient, qu'il lui faisait. Alors, même si son corps trahissait une certaine agitation, son regard, lui, franc et calme, ne laissait entrevoir aucune peur puisqu'elle n'avait pas peur. Pourtant, au fur et à mesure, une légère ligne de tension apparaissait, là, tendant son dos droit. Elle retenait son échine de trembler à l'idée de ce qu'il lui disait, à l'idée de ce qu'elle lui répondrait. Car elle avait déjà songé à ce qu'il pourrait advenir, si par chance un jour l'étalon noir acceptait de tomber le masque, ne serait-ce qu'un instant. Maintes fois, elle s'était vue marcher à la frontière de leurs territoires, marcher à ses côtés. Comment pourrait-elle avoir peur, s'il l'accompagnait ? Elle lui faisait confiance pour deux. Alors, doucement, elle inspira, se préparant à ce qu'elle allait dire, se retenant encore de tendre ses naseaux duveteux vers son chanfrein couturé de petites cicatrices. Il fallait qu'elle se retienne. Alors, elle prit la parole, mélange de douceur, de fermeté, mais aussi de force, un étrange mélange, subtile, qui montrait l'essence même de son être de lumière, de son être plein d'intelligence et de ruse, aussi.

« Rien ne vous empêche de vous y pencher, Chevalier Noir. Rien ni personne. Vous savez que je ne pourrais jamais vous suivre dans votre monde. Vous le savez fort bien, même. Tout comme je sais que je ne pourrais jamais vous tirer dans le mien. Mais vous connaissez cette large frontière reliant nos mondes, n'est-ce pas ? Cette passerelle qui nous permettrait d'avancer sur un même chemin. Car, oui, je pourrais bien venir chercher votre protection, chercher votre présence, votre contact, vos danses, tout de vous. Alors, à vos côtés, je n'aurais pas de raison d'avoir peur ; je sais, au plus profond de moi, que vous ne me ferez jamais sciemment le moindre mal. Je le sais. Alors, les flammes de l'Enfer pourraient me paraître bien pâles si vous me promettiez juste d'être à mes côtés lorsque je les approcherais, si je devais le faire. Et peut-être pourrais-je vous aider à garder les brumes de votre raison, car je sais que vous n'avez pas tout abandonné encore. Laissez-moi vous voir pour que je puisse combler vos failles. J'aimerais vous aider pour que, parfois, vous soyez capable de marcher dans mon monde, un instant. J'accepterais de marcher dans le votre l'instant d'après, si tel était votre souhait. »

Qu'aurait-elle pu dire de plus ? Les choses, dans sa tête, se bousculaient. Bien entendu, la Chef du Soleil ne pourrait jamais totalement se tourner dans l'Ombre, car cela serait totalement contradictoire avec ce qu'elle était, au fond d'elle. Mais elle savait aussi que, comme tout un chacun, elle avait une part d'ombre, si petite soit-elle, qui finirait un jour ou l'autre par exploser et sortir au grand jour. Tout comme elle était persuadé qu'il restait une part de lumière dans l'âme noire du Guerrier qui lui faisait face. Si cette part de lumière n'existait pas, il se serait déjà joué d'elle, prenant ce qu'il voudrait par la force, y compris sa vie. Il avait donc nécessairement une part de raison et une part de lumière, que la jument pie chercherait à tout prix à conserver en lui. Si elle le laissait glisser, elle le perdrait. Renji aussi, le perdrait, même si ce n'était pas sa réflexion première à cet instant où elle doutait. Pas d'elle, pas de lui. Mais plutôt de ce qu'elle venait de lui dire, de lui avouer, et surtout de ce qu'elle aurait pu provoquer. Alors, si ce n'était pas totalement pour changer les idées de Hole, mais plutôt pour qu'elle gagne un temps de réflexion, elle commença à danser, doucement, son corps fin se mettant en mouvement selon ses mouvements fluides et légers. Son regard, plein de douceur mais aussi de jeu, ressemblait à celui d'une biche, ses yeux chocolatés cerclés de noir, ses longs cils recouvrant son regard lorsqu'elle battait des paupières. Et toujours, elle restait fixée sur lui, attendant qu'il lui réponde, qu'il réagisse à sa présence.

Je prends le pari de l'égalité. Tant que nous ne prenons pas le pas l'un sur l'autre, tout ira bien. Nous pouvons repousser ce jour jusqu'à celui où l'un de nous se détournera et disparaîtra. As-tu si peur de ma fragilité ? Dansons, je t'en prie, dansons jusqu'à nous briser.

Et, délicate princesse qu'elle était à l'attendre, elle brûlait déjà à l'intérieur. Son cœur d'oiseau battait déjà la mesure endiablée de leurs pas, car elle savait que, s'ils dansaient, les mouvements seraient vifs et le monde arrêterait de tourner autour d'eux, tandis qu'ils ne seraient plus que des sensations de brûlures et de morsures exquises se frôlant encore et toujours. Elle ne craignait en aucun cas ces sensations. Alors, lorsque l'étalon, tout de muscle construit, pris le pas de danse en faisant jouer sa puissance sous son manteau de jais, la jument reprit son mouvement. Quand Hole n'était qu'un monstre de puissance, une démonstration sublime de force dans le moindre de ses mouvements, Lusitania, elle, était une elfe, avec son pas léger, vif, découvrant presque une fragilité, mais une intouchable fragilité, car elle était trop vive et trop rapide, impossible à capturer. Elle était une nymphe, une danseuse céleste, et son corps répondait déjà à celui qui avait accepté son invitation. Lors de la première caresse, le corps de la jument frémit, comme d'impatience, et elle donna à son encolure délicate un arc élégant, tournant son regard vers l'étalon, le regardant par dessous ses longs cils sombres. Puis, princesse légère, elle esquissa une levade, pivotant sur elle-même dans une élégante pirouette, tournant à contre sens de son danseur noir, un instant.

Elle sentait son corps frémir et vibrer, elle sentait son cœur battre plus vite, ses muscles chauffer et devenir plus élastiques encore, progressivement. Son regard n'était désormais plus que feu et douceur étrangement mêlés, et lorsqu'elle effleurait de son corps délicat celui bien plus puissant de l'étalon sombre, elle sentait l'électricité courir à travers ses veines, faisant crépiter le monde obscur autour d'eux. Ils venaient d'entrer dans leur bulle. Alors, progressivement, la pie commença à monter dans ses allures. D'habitude légère mais pourtant toujours à frôler le sol, elle avait fini par se rasseoir légèrement, pour libérer son avant-main, se faire plus petite, comme une véritable boule vibrante d'émotions, et ainsi permettre à l'étalon de danser plus près d'elle encore, tandis qu'elle piaffait presque, ses longs crins fins dansant sur son encolure, sa queue battant la mesure sur ses flancs, une fine pellicule de sueur commençant doucement à satiner son pelage naturellement luisant. Son souffle était un peu plus rauque, et pourtant, elle continuait de virevolter, s'approchant plus, s'approchant dangereusement, jusqu'à ce que son flanc effleure celui du Démon tandis qu'elle s'échappait de son cercle, redéfinissant l'espace de leur danse, redéfinissant le rapport de force. Oh, bien entendu, elle ne le fuyait pas, bien au contraire. Mais elle lui échappait, divine et joueuse. Elle lui échappait pour mieux lui revenir, allongeant avec élasticité ses membres délicats, l'arc de son encolure gracieuse souligné par ses crins noirs s'y baladant librement. Et lorsque, finalement, son corps fut las de tout ce jeu qui avait pris son énergie, la laissant vide, mais, pour autant, parfaitement sereine et heureuse, elle s'arrêta, d'un seul mouvement, son regard de biche sur celui de l'étalon. Son corps répondait encore à celui de l'étalon se détendit légèrement, bien qu'elle soit prête à reprendre la danse à sa demande. Quelques instants de répit. Elle ne demandait que quelques instants de répit.


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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Sam 20 Sep - 15:00

☢ Nous ne sommes les valets de personne

D’une façon qu’il ne pouvait décrire, Lusitania le touchait. Il avait l’impression qu’à son contact, il devenait meilleur, soudain perméable aux autres et au monde qui l’entourait. Les silences n’étaient plus des odes au crime. Ils devenaient de longs murmures qui s’égrenaient en chansons, la célébrant elle, cette muse ô combien farouche. Ce qu’il éprouvait pour elle était étranger à son apparence irréprochable, à ses yeux de biche, à ses cils ondulants ou à ses allures de reine. Quand l’étalon laissait courir ses yeux fous sur son corps, en plus de sa beauté, il voyait son âme, son cœur, sa personne pensante. Elle avait fait de leur lien quelque chose de plus profond, de plus vrai, de plus appréciable et, quelque part, de plus beau encore. Il se moquait de la savoir de l’autre côté et il aimait d’elle sa façon d’être, sa franchise et ses valeurs. Lusitania ne changerait pas. Dans l’adversité et la douleur, elle continuerait de se battre pour ce en quoi elle croyait. Parce qu’elle était comme ça, parce que c’était dans sa nature, dans son ADN. Qu’il la charme et tente de s’en jouer : elle resterait fidèle à elle-même et il savait que jamais elle ne se réinventerait, même pour lui. Qu’il l’accepte ou qu’il parte, sa muse de neige et de sang ne se vendrait pas. Jamais.

L’élégante dame trouvait toujours le mot juste ou la parade pour s’échapper, pour le laisser muet et le rendre ensuite bavard, l’instant suivant. Quand Lusitania le chassait parfois, ce n’était que pour mieux le rappeler l’instant d’après et lui, il se laissait faire, heureux de cet attachement sincère qui les liait. Il leur suffisait de se retrouver pour qu’il se sente transporter dans un autre monde, à la fois plus délicat et plus dur. Terribles poètes qu’ils étaient, ils n’avaient pas le droit à l’erreur puisque tout, dans l’esprit de l’autre, prenait un sens. Un son, un soupir, un mot ou un silence et c’était un empire qui se dessinait. Des montagnes succédaient à des lacs paisibles avant de mourir en de longues plaines vertes d’herbe. Il redécouvrait, à travers les mots de sa belle, de ces beautés d’antan. Il apprenait à parler, à écouter et à avouer. Il devenait sensible à ses silences qu’il savait forts. Ils n’étaient plus, quand ils venaient de sa bouche rosée, des aveux de faiblesse. Ils devenaient plus fort même que des cris de guerre. Pour Hole, les silences de l’élégante étaient aussi précieux que ses sourires.

Je ne sais plus, finalement. Je ne sais plus même si j’arrive encore à penser quand je vous vois ainsi, très chère dame. J’aimerai vous dire qu’aucune raison ne devrait nous pousser à nous perdre mais, comprenez-moi, j’ai peur de vous décevoir. J’ai peur de vous faire douter de vous, de ternir votre image. Pourtant, c’est sans crainte que je marche sur vos pas, quand je le peux. Je suis une odeur qui me rend plus fort et je vous imagine là, comme si nous cheminions côte à côte. Vos yeux aussi gourmands que sages pétillent et parfois, régulièrement, vos lèvres s’étirent en un sourire des plus sincères. Je vous entends rire et, l’instant d’après, ordonner. Quoi que vous fassiez, vous me restez toujours adorable. Une reine comme il n’en existe plus, Dame Soleil. Vous avez raison. Continuez de me chercher et, bientôt, vous me trouverez.

Quand Lusitania parlait, elle lui donnait le sentiment de le comprendre, de le savoir, le sentiment de l’accepter, malgré ce qu’il était. Elle lui disait sans cesse qu’elle n’avait pas peur de lui et qu’elle lui faisait confiance, comme si pour deux, elle était sûre que jamais il ne serait en mesure de la trahir. Et tout au fond de lui, il savait qu’elle avait raison. S’il se complaisait dans cette consciente démence, le puissant guerrier dont le corps était parcouru de cicatrice savait qu’il ne pourrait courir le risque de la perdre ou de la voir s’éloigner seulement. Elle comptait trop pour lui, pour qu’il n’accepte encore de jouer avec leur relation. Nombreux étaient ceux à être sortis de sa vie et désormais, il était contraint de composer sans leur présence. Aussi, il avait appris le coût des relations vraies. Il avait su leur reconnaître ce côté précieux, unique et tellement bon. S’il devait se battre, s’il devait se mettre à nue et se prosterner pour la garder auprès de lui, il le ferait sans hésiter.

Ensemble, ils étaient étranges. Sans doute que le monde extérieur ne les comprenait pas. Ces autres, débiles et pantins, riaient sans doute d’apprendre leurs entrevues, leurs tendres caresses toujours à la limite de la violence. Mais qu’ils rient : seuls eux pouvaient peser ce que tous ces autres perdaient. Le noir dévisageait sa muse, s’imprégnant de cette alchimie électrique qui les entourait, les enfermant à l’abri du monde. Elle était juste là, à quelques centimètres de son corps frissonnant mais, respectueux, il la laissait mener la danse. Il n’avait pour projet de la contraindre à quelque chose qu’elle se refusait. A l’inverse, il prendrait tout ce qu’elle lui donnerait comme il lui donnerait tout ce qu’elle voudrait bien prendre de lui. Hole lui dévoilait un peu plus à chaque instant ce cœur plein d’émois, de tendresse et de passion. Il tombait les masques, les mots en l’air et les regards sévères. La belle Pinto lui donnait confiance en lui et en eux et, désireux de lui montrer que pour elle, il était prêt à tout effort, il enlevait cette carapace de rudesse et de distance qui l’entourait.

Légère et dansante, sa belle muse se laissa prendre au jeu. Quand il passageait autour d’elle et de son corps adorable, elle s’élevait dans des allures rythmées, élastiques et puissantes. Lusitania était franche dans ses pas comme elle l’était dans ses mots ou dans ses jugements et lui qui la regardait, il ne pouvait qu’en l’aimer davantage. Quand leurs corps se frôlaient elle faisait mine de le fuir l’instant suivant, invitant toujours pourtant cet animal ténébreux. Fou mais conscient, le mâle arquait davantage son encolure et comme elle, il venait. Les battements de son cœur avaient épousé le souffle rauque de sa muse et quand elle s’arrêtait, à bout, il s’élevait. Sa queue noire dessinait dans l’air d’étranges arabesques alors que bloc compact de muscles, il s’élevait à en souffrir, ses sabots frappant le sol avec un rare entrain, la ligne de son dos se tendant pour que sa nuque ne puisse que s’élever davantage. Sans peur, il ramenait son menton à son poitrail, se privant parfois, sur certains pas, d’air. Pourtant, tous ces sacrifices n’étaient rien à côté de ce qu’il se sentait prêt à lui offrir.

Quoi qu’il m’en coûte, je viendrais à cette frontière, aussi souvent que possible. Je me poserai là et tout le jour, et toute la nuit, je vous attendrai. Me découvrir, me dites-vous. Je vous donne tout, Dame Soleil. Tout ce que j’ai et tout ce que je suis, prenez, tout est pour vous. Je me découvre incapable de vous mentir ou de vous faire fuir mais surtout, je retrouve la foi. La foi en nous, madame. Venez donc à mon côté, sentez comme ces écailles de sang et de passé se font soudain douces et vulnérables. Même dans mes silences vous m’entendez. Même dans mes regards vous me comprenez. Entre vous et moi, plus de masque si là est le seul moyen de pouvoir marcher à votre flanc. Plus rien sinon la vérité. Mais puis-je vous la dire, adorable dame ?

L’étalon se retrouvait à nouveau immobile, son regard plein de feu braqué dans celui de la belle jument. Sans détour ni phare, il était certain que cet étalon un peu fou l’aimait. Pourtant, il n’était pas prêt à courir le risque de la perdre. Il ne voulait pas découvrir que, s’ils se trompaient en amour, ils se perdraient dans cette relation si intense et sensuelle parfois. Hole refusait qu’un échec amoureux détruise ce lien. D’un autre côté, il voulait offrir à Lusitania tout ce qu’elle méritait et il s’en sentait capable. Le noir avait compris que, malgré cette fragilité qui parfois se glissait sous ses traits, Lusitania n’avait besoin d’un protecteur. Une jument de sa trempe voulait un allié, un confident et une épaule solide sur laquelle se reposer ou se laisser aller. Elle avait besoin d’un partenaire qui la connaîtrait suffisamment pour savoir que dans leurs disputes, ce ne serait jamais un adieu ni une haine définitifs qu’elle poserait. Mais était-ce de lui qu’elle avait besoin ?

Encore une fois, l’étalon se regroupa, ses postérieurs venant chercher le sol jusque sous son corps et puissant, il s’amusait à piaffer autour d’elle, son corps de jais frôlant parfois le sien dans un rituel amoureux peut-être. Ainsi, il lui répétait ô combien ils se savaient, ô combien ils se comprenaient mais surtout, ô combien elle comptait pour lui, cet animal que certains pensaient insensibles. Longtemps, il avait eu peur de souffrir. Pourtant, si Lusitania devait devenir sa faiblesse, il l’accepterait et jamais il ne le cacherait. Il assumerait tout, jusqu’au bout. Plus il pensait et plus le rythme se faisait élevé, ses naseaux désormais pincés, témoins d’un effort plus qu’intense.

Aucune danse ne serait assez belle pour tout te dire, Lusitania.

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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Lun 27 Oct - 17:06

« Nous ne sommes les valets de personne. »

« Les origines frappent le subconscient comme on le dit d'une médaille. » ҩ Louis Nucera
Les mots de l'étalon noir avaient toujours eu la faculté de s'imprimer clairement dans l'esprit de la jument, découvrant des sens peu communs parfois, mais souvent justes quant à ce que voulait exprimer le Shikaku. Et elle, diplomate et fine penseuse, se servait de la maniabilité de son langage, de la force de sa détermination pour montrer ses propres résolutions, n'admettant certaines choses qu'à demis-mots, mais souriant toujours de sentir la compréhension qu'avait le mâle de ses aveux en demie-teinte. Entre eux, il y avait quelque chose, au-delà des mots, comme une alchimie, une connexion, une pensée commune. Ils se comprenaient, chaque jour un peu plus, et à chaque fois, ils devaient en dire moins pour se savoir autant. C'était une expérience étrange, que de les voir communiquer, tantôt immobiles, échangeant les silences et les tirades, tantôt dansant, ne passant plus que par la voie de leurs corps souples pour s'exprimer. Quiconque les croiserait ne saurait les comprendre. Ils étaient dans leur monde, à deux, et c'était une sensation que la pie aimait particulièrement ressentir. Elle savait pouvoir parler à cœur ouvert, exprimer son opinion. Même si leurs idées pouvaient se heurter, les deux être intelligents qu'ils étaient avaient toujours su rebondir dans le bon sens. Ce n'était pas près de s'arrêter, d'après son avis. Alors, elle lui avait demandé de tomber le masque, de trouver une seule raison de la faire fuir. Et, comme toujours, la réponse avait été sincère. Elle l'avait écoutée attentivement, tâchant d'assimiler rapidement les choses. Le rythme de leur échange s'accélérait, à mesure que le sujet devenait plus concret. Même si c'était devenu une vieille rengaine, ils exploraient toujours un peu plus les possibilités qui s'offraient à eux deux, ensembles.

« N'ayez craintes pour moi. Pour douter de moi, il faudrait que je me perde, que je cesse de suivre le chemin que mon cœur me souffle. Cela n'arrivera pas. Pour ternir mon image, il faudrait que vous trahissiez en mon nom. Cela n'arrivera pas. Cesserez-vous un jour de craindre ma fragilité, Démon ? Promettez-moi de me rejoindre, lorsque vous me suivrez, toujours. Je préfère vous avoir à mes côtés que de me perdre dans vos songes. Je préfère de loin nos discutions et votre protection à mes errances solitaires. Je vous chercherais, pour ma part, jusqu'au bout, puisque j'ai foi en celui que je trouverais alors. »

Elle avait légèrement incliné le port, un peu plus vulnérable, mais si déterminée dans ses paroles. Comment aurait-elle pu paraître fragile ? Elle n'était qu'une charpente délicate, certes, mais sa foi l'auréolait de lumière, toute comme sa tendresse et sa douceur étaient son armure et son arme, à cet instant précis. Ne fut-ce-t-elle qu'une jument toute en délicatesse, elle imposait le respect par ses yeux luisants de sérénité. Elle était tout à fait sûre d'elle, lorsqu'elle faisait ainsi face à son Danseur d'Ebène. Son Danseur, auquel elle ne résistait pas, et qu'elle avait elle-même provoqué en dessinant les premiers pas de leur danse. Bien sûr, comme à chaque fois, il lui avait répondu présent, et leurs deux corps s'étaient alors accordés dans des allures souveraines, les poussant à se frôler comme s'ils voulaient se briser l'un contre l'autre. La limite entre la douceur et la violence était, dans leurs danses, ténue, et d'une facilité déconcertante à franchir. Pourtant, la meneuse du Soleil avait accepté sans broncher les règles de cette danse. Et pour preuve, cette fois, elle menait d'une main de maître un discours d'un autre genre, que seuls eux deux pourraient comprendre. Et elle piaffait, entourée par le passage du Démon vêtu de Nuit, ses crins d'une finesse rare volant sur son encolure délicatement arquée. Pourtant, elle gardait encore les idées claires, un peu au moins, de sorte à pouvoir répondre à Black Hole.

« Et, alors, je vous y rejoindrais, pour rester un moment à vos côtés. Je vous donnerais ce que vous me donnerez, Guerrier, et je veillerais de toute mon âme sur ce que vous me confierez. Entre nous, je ne veux ni non-dit ni mensonge. Vous savez bien que vous pouvez tout me dire. Depuis le premier jour, j'ai appris à vous accepter tel que vous êtes, puis à m'attacher à vous. Je crains que, quoi que vous puissiez me dire, vous ne puissiez me heurter. Rien ne vous retient. »

Un fin sourire, une esquisse divine et un brin joueuse, étira les lèvres délicates de la jument, tandis qu'elle était à cœur ouvert, une fois de plus, occupée de s'exprimer. Elle savait qu'elle mettait des armes puissantes à la portée de celui qui se révélerait un ennemi mortel, s'il changeait de camp, pourtant elle n'avait guère de crainte à ce sujet. Elle avait l'impression de trop bien le connaître pour risquer une quelconque trahison. Et peut-être avait-elle raison ? Ce formidable chasseur n'était peut-être aucunement dangereux pour elle, du moins pas en cet instant. Elle ne le sous-estimait pas, pourtant ils s'étaient toujours fait confiance, d'abord par nécessité, puis progressivement par choix, puis par attachement. Comment pourrait-il lui être néfaste ? Elle-même ne voyait aucunement comment elle pourrait oser le blesser, lui son allié, contre-nature certes, mais tout de même totalement présent à ses côtés. Il savait se faire discret même dans sa présence, et pour cette raison, elle avait beaucoup de respect pour lui. De ce respect était né un attachement sincère, et progressivement, sa vision de l'être de noirceur avait changé. Oui, elle lui reconnaissait toutes ces sombres choses. Ça ne l'empêchait pas de le guetter, souvent, et d'espérer le croiser. Un jour, ils avaient parler d'amour, séparant la tendresse de la violence dans ce sentiment violent. Elle se souvenait parfaitement avoir rejeté le désir, même lointain, d'aimer et de se sentir aimée. Mais elle se rappelait aussi avoir choisi la violence contre la tendresse. Peut-être avait-elle choisi ce côté des sentiments parce qu'elle le connaissait, lui, qui semblait prêt à la briser dans leur danse, sans pourtant lui vouloir le moindre mal ? Peut-être était-ce pour lui qu'elle avait décidé qu'elle voulait se consumer de passion plutôt que de se délecter de tendresse. En réalité, pour qui, sinon lui, avait-elle dansé et fait tomber sa réserve de souveraine ?

Elle qui avait cessé de danser, pour recouvrer son souffle et ses esprits, avait alors fait face à un étalon aussi immobile qu'elle. Et, à l'instant où il s'était mis à danser de nouveau, elle avait tendu ses muscles, arqué sa délicate encolure et repris le mouvement, nymphe virevoltant au contact de ce Chasseur d'Etoiles. Elle s'était mise à frémir toute entière du contact furtif de leurs corps, et progressivement, ses pensées ne lui avaient plus appartenu. Elle n'était plus que sa danseuse, toute dévouée qu'elle était à leur échange. Mais, espiègle qu'elle était encore, elle se glissa sous l'encolure de l'étalon, profitant de sa petite taille pour se faufiler et s'échapper avec légèreté, l'invitant à la suivre, qu'ils s'égayent en des allures plus déliées et moins rassemblées. Muse fidèle à son Fantôme, elle avait allongé sa foulée de trot, se retournant pour le regarder, une invitation dessinée dans son sourire charmeur. Elle cherchait à redéfinir l'espace et les règles, une nouvelles fois dans cette nouvelle danse. Elle lui offrait d'autres choses, comme ses longues foulées élastiques, faisant jouer ses muscles délicats sous sa robe parfaite, rendant ses courbes ondulantes plus attrayantes encore. Elle cherchait à l'envoûter, assurément. Et un rire léger franchit la barrière de ses lèvres, tandis que ses deux antérieurs quittaient le sol, poussés par ses postérieurs puissants vers le côté, dans une esquive vive. Pourtant, elle revenait vers lui, caracolait comme une souveraine, pour plaquer ses naseaux contre le corps chaud de l'étalon. Si leurs danses ne disaient pas tout...

« Alors tu te serviras de la meilleure arme que tu aies contre moi, Hole, pour me dire ce que nos pas ne permettent pas. Ta parole. »

La petite paint chercha à plonger son regard chocolat dans l'abysse sans fond qu'était celui du Démon. Elle ne savait pas de quelle lueur, cette fois, brillerait son regard un peu fou, mais cela ne l'inquiétait pas. Au contraire, elle avait l'impression de perdre pieds, emportée dans le tourbillon violent des sentiments, et elle se sentait le besoin de se raccrocher à son regard brûlant, comme un noyé se raccroche à sa bouée. Elle avait besoin que l'étalon, juste un instant, ne lui montre le chemin, pour qu'elle puisse retrouver son aplomb. Chacune de leur danse remettait tout en question, dans l'esprit pourtant si ordonné et clair de la dame. Elle se sentait généralement étourdie à force de piaffer, de s'échapper et de revenir, de sentir la peau du mâle contre la sienne, frémissante. Le sol tanguait un peu sous ses sabots alors que son souffle semblait la fuir. Le monde, autour d'eux, n'existait plus. Ils n'étaient qu'à deux, et Lusitania avait besoin de s'accrocher à Hole pour qu'ils puissent rester à deux, dans leur danse, dans leur monde.


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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Ven 5 Déc - 11:53

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Une fine pellicule de sueur recouvrait désormais le corps de l’étalon, rendant sa robe luisante alors que ses muscles puissants se contractaient en de vigoureux efforts. Toujours plus brut dans son essence mâle, le guerrier se donnait à corps perdu dans cette danse. Son encolure dessinait un arc de cercle régulier quand ses naseaux dilatés et frémissants embrassaient son poitrail, allant parfois jusqu’à lui couper la respiration, sa jugulaire coincée par ses dures ganaches. Mais qu’importaient, finalement, les souffrances et les craintes. Les doutes devenaient ridicules et à la seule présence de sa muse, les meurtrissures se taisaient. Pour elle, pour sa nymphe de neige et de sang, Black Hole aurait été capable de tous les sacrifices et pour le lui prouver, il dansait tel un forcené, ses membres frappant avec entrain le sol quand ses genoux remontaient à hauteur de poitrail. Pour peu, le beau danseur aurait pu s’envoler et aller le cueillir, cet imperturbable soleil qui sur lui dardait un regard méfiant. Quand la lune l’adorait, lui et les ombres agonisantes de son passé, Râ le tenait en joue, prêt à tout lui aussi pour défendre sa fille. Le plus terrible était que dans sa douleur de père, Hole le comprenait. Il savait à quel point ce dieu protecteur du disque solaire pouvait avoir peur pour la belle : lui-même avait suivi sa fille, marchant sur ses traces, écartant les prédateurs de sa route. De démon il s’était improvisé empereur, allant jusqu’à provoquer les ravins de se combler pour assurer le passage de sa fille au pied délicat mais à l’âme trouble. Avait-il été plus joueur que les dieux, puisque perdant plus ? Abîmé en son âme, battu en son cœur, il avait goûté cette inexplicable tristesse, cette affreuse nostalgie qui prenait les mémoires. Partout où il était passé il retrouvait l’ombre de sa fille et sans cesse il galopait après elle, hurlant son nom. Mais à quoi bon, finalement ? Bliss était partie, emmenant avec elle un bout de son cœur mais lui faisant ce dernier présent : elle lui avait comme susurré d’aimer sans réserve. En mourant, elle lui avait montré comment la vie pouvait être brève et garce et elle lui avait aussi prouvé à quel point il lui était bon d’aimer, de protéger, de servir et de défendre.

« C’est étrange. J’ai toujours préféré au jour la nuit, au soleil la lune, à la joie la tristesse. Pourtant, c’est toi. C’est toi que mon cœur appelle, que mes yeux espèrent. C’est de ta chaleur que mon corps frissonne, de tes mots que ma mémoire résonne. Je vais te le dire, Lusitania. Oui, je vais tout te dire, sans plus de masque ni de tour de magie. A quoi bon me cacher, à quoi bon te mentir ? Tout au fond de toi tu le sais déjà et si je ne doute pas de ta force, je sais ou j’espère que comme moi, tu redoutes d’entendre ces mots. »

Le guerrier avait cessé de danser, s’immobilisant une fois de plus devant elle, la mine grave mais apaisée. Ses yeux sans fond s’étaient posés dans les siens et plein d’humilité, il lui avouait ses craintes. Hole, malgré les mots qui couraient à son sujet, n’était pas qu’un animal froid, détaché et manipulateur. Il aimait plus que de raison et quand son âme s’éprenait d’un cœur, il se découvrait une nouvelle faiblesse. Etait-il sûr de pouvoir en supporter encore le poids ? Comment savoir s’il faillirait ou non ? Il avait perdu la foi et le goût de la vie, il avait plongé mille fois dans ces abîmes démontés mais à chaque fois, elle était restée là. Plus forte que lui, elle avait su trouver la force de maintenir son divin visage au-dessus des flots et en acceptant l’effort, elle l’avait tiré à sa suite. Comment douter encore en la sachant si forte et sûre ? Il craignait de l’entraver. Toute sa jeunesse il avait couru après la liberté, l’invoquant chaque jour, l’éprouvant chaque nuit. Les poils durs de sa robe s’étaient mêlés aux épaisses fourrures des loups et avec eux, il était parti en chasse. Prédateur, il avait dilaté ses naseaux pour sentir le gibier, il avait tendu son oreille pour l’entendre fuir. Avec ses frères loups encore, il avait avalé des kilomètres, donnant la chasse à une perception, trouvant souvent seulement l’aurore. Avait-il rêvé ces nuits ou avaient-elles été réelles ? Il n’était plus sûr de rien, sinon de ce fauve assassin qu’il avait connu ensuite. Tueuse Amor avait été là et son corps en portait les marques. Ensemble, ils avaient été forts. Ensemble, ils avaient été libres. Mais qu’en était-il de ses semblables ? Les doutes qui l’assaillaient embrumaient ses pensées, les handicapant d’un poids mort. Ses repères disparaissaient à nouveau mais juste à temps, il relevait les yeux et il la regardait. Les yeux en amande de sa dame brillaient de malice comme d’intelligence et elle semblait sereine. De nouveau, il savait. Il savait tout ce qu’il voulait lui dire, tout ce qu’elle représentait pour lui. Il savait qu’il n’avait pas peur de l’aimer et qu’il ne craignait pas non plus de lui exposer son cœur en tombant son masque.

« Je ne veux plus que mes mots soient vers toi autant d’armes. Nous nous jouons de nous sans cesse, nous prenons les paroles de l’autre et nous en soulignons les défaillances. C’est un jeu qui nous va bien, un jeu que nous connaissons et auquel, avouons-le, nous ne sommes pas mauvais. Mais j’aime ces instants, très chère dame, j’aime ces instants où mes mots se font plus doux. Je veux continuer de croire que parfois, ils peuvent t’apaiser ou te faire sourire, non de leur intelligence mais de leur tendresse. Je n’ai pas peur de te montrer mes mots bêtes ou hésitants : je veux te montrer à quel point ils t’aiment, à quel point ils te souhaitent du bonheur et à quel point ils te sont bienveillants. »

Le souffle court et la voix rauque, Hole sentait son cœur battre plus vite dans son poitrail. La Reine du Soleil semblait si sûre de vouloir entendre ces mots qu’il pensait depuis des lunes ! Que demander de plus que cette âme adorable ? Lusitania était jeune : intelligente, elle était aussi vive d’esprit que de corps et cela faisait d’elle une guerrière redoutable et respectée. N’importe quel étalon l’aurait aimé, à commencer peut-être par le chevalier doré qui servait à ses plus proches côtés. De quel droit pouvait-il poser son ombre sur elle et sur sa vie ? Parce que quoi qu’ils pourraient en dire ou en penser, Hole savait qu’il aurait la force, l’énergie et la détermination de l’aimer. Il savait que pour elle, il pourrait puiser dans ses forces les plus inébranlables et il aimait à s’avancer qu’il saurait la rendre heureuse. Sa muse de neige et de sang était la fille du Soleil mais lui avait la lune et la nuit. De ces heures sombres, il avait su en tirer toute la plus grande démesure et la plus vile horreur mais il se savait le pouvoir de n’en extraire que la magie et la beauté. Ces enchantements, il les ferait se prosterner à ses sabots. D’un hennissement bas de gorge et presque ronronnant, il l’appellerait à ses côtés et sûre, elle le rejoindrait dans son ombre. Peut-être qu’impressionnée de tout ce noir, elle collerait son corps au sien et elle cheminerait ainsi, à l’aveugle. Mais rapidement ils seraient entourés d’un banc de lucioles qui illumineraient l’azur et le monde deviendrait opalescent. Les rivières se couvriraient de diamants et les ravines belliqueuses deviendraient autant de cratères étoilées. Son monde, finalement, s’agenouillerait ou se prosternerait devant elle et il l’en ferait reine. Il lui tendrait tout son or, tous ses rêves ou ses songes, tous ses secrets et toute son âme. Peut-être même qu’il finirait par se faire au jour et à ses lumières tranchantes et qu’il accepterait de marcher à côté d’elle. Ensuite, habitués à la brûlure du monde de l’autre, ils pourraient reprendre leurs danses, leurs jeux et leurs discussions. Si Hole n’avait pas su aimer toutes les juments qu’il avait épousées et s’il s’était parfois trompé, il savait que sa muse de neige et de sang était la bonne, la seule, l’unique éternelle.

« Tu es là, tu me regardes de tes grands yeux aussi malicieux que sages et tu ne dis rien, entendant déjà les troubles de mon âme. Comment ne pas aimer cette justesse, cette rectitude et ce savoir que tu as de moi ? Je n’ai pas besoin de t’expliquer les choses, tu les sais, tu les comprends ou tu les ressens, je ne sais pas. Mais ce n’est pourtant pas pour ça que je t’aime, Lusitania. Je ne t’aime pas pour ce que tu sais de moi. Je t’aime pour qui tu es, pour comment tu es, pour ton essence et ton esprit. J’aime cette sensibilité et cette trompeuse fragilité, j’aime cette réflexion et cette force de caractère. J’aime ta tendresse, tes mots, tes sourires et tes éclats de rires. Je t’aime toi, tout simplement. J’aime cette nouvelle faiblesse que je me reconnais, j’aime ce nouveau monde que nous allons dessiner ensemble, toi et moi.

Je pourrai te le dire tous les jours de toute ma vie.

Je t’aime, très chère dame, très chère et tendre muse. »


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Lusitania
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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Lun 26 Jan - 1:49

« Nous ne sommes les valets de personne. »

« Les origines frappent le subconscient comme on le dit d'une médaille. » ҩ Louis Nucera
Black Hole... Un Nom et un Monde à la fois. Une Énigme et une Réponse à tant de questions. Lusitania l'avait approché comme on approche un Fauve et apprivoisé comme on le ferait d'un Chat. Au final, si elle reconnaissait en lui le Guerrier, elle ne craignait plus l'Assassin. Elle avait aperçu l'Essence. Parfois, elle l'avait juste vu. Cet Être blessé, torturé. Dénaturé. Bien sûr, il était enfoui, et elle n'aurait su le faire remonter à la surface. Elle n'aurait voulu le faire remonter à la surface, de peur de perdre son Danseur. Mais sous le Démon se cachait un Ange Déchu, abîmé par la vie elle-même. Ses Ailes d'Or s'étaient retrouvées découpées en dentelle, le laissant tomber, tomber plus bas, jusqu'à une terre de suie d'où il s'était relevé drapé dans des Ailes Sanglantes, noires comme les Ténèbres. Sa pelote blanche, au centre de son front, était le centre de lumière de son être sombre. Personne d'autre qu'elle n'aurait pu le voir. Qui d'autre avait pris le temps de danser à ses côtés, de lui tenir tête pour ne pas finir au rang de proie ou de jouet, de regarder dans le fond de ses yeux fous et de se jouer de lui avec la subtilité d'un mot choisi ? Lusitania était un être en deux teinte ;  un Ange Guerrier, dans toute la tendresse et tout la force implacable que cela demandait. Lusitania avait été celle qui s'était plongée en lui, et elle n'en était pas ressortie assombrie. Son Monde s'était certes mis dans d'autres perspectives, découvrant de nouveaux angles, de nouvelles failles et de nouvelles forces, elle avait certes remis certaines choses en question ou en ordre, mais elle n'en était ressorti que plus forte et ne connaissant que mieux son Chasseur d'Etoiles.

Cette nuit encore, elle avait dansé à ses côtés, brisant ses pieds sur le sol dur pour rebondir, faisant rouler ses hanches pour le ravir et arquant son encolure pour le retenir. Elle avait outrepassé plus d'une fois la frontière si fragile entre la violence et la tendresse. Mais elle l'avait accepté, comme elle l'avait toujours accepté pour lui. Elle savait qu'elle aurait des concessions à faire ; des concessions à la mesure de celles que le Danseur avait déjà faites et ferait encore pour la garder près de lui. Mais appelle-t-on vraiment concession un mal pour un bien ? Au final, il ne l'obligeait à rien, comme elle ne l'obligeait à rien mais... Ils se savaient l'un et l'autre et agissaient pour le mieux. Pourtant, cette fois, la Muse s'était figée, délicate, et son regard chocolaté avait cherché l'étalon. Elle lui avait demandé d'être avec elle sans détour et sans grime, puisque c'était ainsi qu'elle se montrait avec elle. Elle n'avait rien de la chef qu'elle s'efforçait d'être le jour. La nuit, si près de lui, elle était un Ange Poète, danseuse féerique et oratrice de ses pensées les plus profondes. Et alors, elle l'avait écouté, laissant un sourire délicat et tendre étirer ses lèvres fines lorsque l'étalon accepta de tomber le masque. Un frisson parcourut néanmoins l'échine de la reine ; elle ne craignait pas ses mots, elle appréhendait ce qu'elle trouverait derrière le masque. Et si elle s'était trompée ? Et pourtant...

« Tu devrais le savoir, Hole... Lorsque je suis avec toi, je ne crains plus rien. »

C'était un souffle, un murmure rauque et délicat. Pourtant, sa voix n'avait pas tremblé. Elle cherchait à le rassurer, en lui parlant ainsi. Elle savait, oh elle savait bien, même, que s'il acceptait de tomber le masque, ils entreraient dans un jeu nouveau. Une relation nouvelle. Son Chasseur d'Etoiles n'avait jamais été si prêt de lui montrer le fond de celui qu'il était. Elle se sentait prête, elle se sentait forte. Elle n'avait pas peur de ce qu'elle verrait. Elle craignait juste que, sans le masque qu'il arborait, son Chasseur ne s'éloigne d'elle car le jeu aurait perdu de sa saveur. Alors, elle resta immobile, une ligne de tension parcourant son encolure et son dos, alors que son regard chocolaté ne reflétait qu'un peu de patience et de douceur. Elle ne voulait pas le brusquer. Elle lui laissait tout le temps qu'il lui fallait. Elle savait que, souvent, ses pensées le happaient un moment avant qu'il ne revienne. Il avait vécu tant de choses, comment l'en blâmer ?! Et, chaque fois qu'il revenait à la conversation, ses mots avaient autant de justesse que s'il n'avait jamais quitté leur échange, que si les mots s'étaient enchaînés à grande vitesse. C'était leur jeu et leur façon de faire, depuis le premier jour. Depuis le jour où elle l'avait appelé le Fantôme Noir. Et aujourd'hui, il était son Chasseur d'Etoiles, car la nuit était devenue son monde et qu'il suivait les astres dans ses grandes galopades. Chaque mot, chaque bribe, la belle pie l'avait écoutée avec attention. Elle l'avait laissé finir, sentant son cœur devenir un petit oiseau affolé dans sa poitrine. Se pourrait-il que..? Poussée par l'instant, elle fit quelques pas, hésitant presque, vers l'étalon, afin de poser ses naseaux de velours contre ceux du mâle, leurs souffles chauds dans l'air froid se mêlant.

« Je n'ai jamais craint tes mots ; jamais. Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin de ce jeu, notre jeu. Mais sans lui, où en serions-nous ? Aurait-on appris autant l'un de l'autre ? » Avec tendresse, ses naseaux clairs effleurèrent le chanfrein de l'étalon. « Parfois, c'est l'intelligence ou la justesse d'une de tes remarques qui me fait sourire. Mais souvent, c'est le sens que je déniche, ce petit quelque chose qui, venant de toi, n'a pas de prix à mes yeux. Il y a toujours ce petit quelque chose. C'est un mot, une intonation, un surnom... Et c'est pour ça que je suis sereine à tes côtés ; Je crois qu'il y a longtemps que je sais tout le bien que tes mots et toi me voulaient. Et moi, même si mes mots peuvent parfois te sembler plus durs encore que les tiens, dans certains moments, je ne veux que te voir enfin goûter au bonheur que tu mérites. »

Elle ne pouvait le nier, c'était parfois la connaissance que le Démon avait du jeu qui la faisait sourire. Mais, bien plus souvent, presque tout le temps, c'était le sous-entendu qu'elle entendait, l'intonation particulière qu'il prenait ou simplement la tournure qu'il choisissait qui la faisait sourire, tantôt espiègle, tantôt tendre. Et ce qui l'apaisait, c'était simplement la présence du Guerrier à ses côtés. Depuis des lunes déjà, elle ne le craignait plus. Il avait été son Allié, était devenu son Ami, et elle avait combattu à ses côtés pour Bliss et Thief. Ce jour-là, il était devenu son Gardien, brisant les adversaires avant qu'ils ne la brisent. Elle savait depuis longtemps, maintenant, qu'il ne pourrait jamais lui faire de mal dans un état de lucidité. Elle savait aussi qu'elle aurait préféré mourir que de devoir se retourner contre lui. Elle aurait préféré mourir que d'être obligée de la blesser. Elle aurait préféré mourir que de le voir s'éloigner par sa faute. Depuis un moment, déjà, elle s'imaginait un monde nouveau. Un monde où ils pourraient avancer côte à côte, flanc contre flanc, faire un bout de chemin et sûrement aller jusqu'au bout. Car la petite baie savait déjà qu'elle ne le choisissait pas à la légère. De nombreuses nuits, elle n'avait pas dormi, pesant les pour et les contre. Il y avant tant de pour qu'il serait trop long de les énumérer. Les contre étaient bien moins nombreux. Son Clan n'accepterait pas et il s'agirait d'une sorte de trahison, si jamais le Shikaku qui sommeillait se réveillait ; ce qui risquait d'arriver, elle en était consciente. Tant que les choses iraient pour le mieux - toujours, espérait-elle si les choses prenaient ce tournant - Renji ne serait qu'heureux pour eux ; si un jour quelque chose se dressait entre eux, Renji serait tiraillé entre elle et son Frère de Cœur. Par sa nature de Prédateur, Hole pouvait disparaître dans un combat du jour au lendemain ; elle n'était pas sûre de le supporter. Tant d'inquiétudes qu'elle avait eu et que l'étalon balayait d'un revers en étant là, en tombant le masque et en s'ouvrant tout entier. Finalement, la jument ne pouvait plus douter, seulement sentir son cœur dans sa cage thoracique, comme un oiseau affolé, essayer de s'échapper pour échapper à la pression et à la tension de ce moment. Et lorsque l'étalon reprit, elle retint son souffle, ses grands yeux sombres rivés à ceux sans fond du Chasseur. A mesure qu'il parlait, la jument sentit son cœur accélérer encore ses battements fous et un sourire de plus en plus tendre étirer ses lèvres. Une certaine chaleur l'envahissait. Parfois, elle l'avait ressentie en dansant avec le Démon. C'était bien trop agréable pour s'en plaindre. Et, lorsque l'étalon se tut, sa dernière phrase achevée, la jument ne laissa tout d'abord s'échapper qu'une espèce de ronronnement délicat. Elle devait rassembler ses esprits, ce qui ne l'empêcha pas d'avancer d'un pas encore, ses naseaux clairs allant caresser la puissante encolure de l'étalon. Même s'il lui fallait un peu de temps pour parler, il ne devait pas penser qu'elle ne le voulait pas ; elle devait le garder avec elle jusqu'à ce qu'elle soit en mesure de parler avec une assurance délicate. Cela ne tarda pas outre mesure.

« Je te vois et je te connais, c'est un instinct vieux comme le monde. Tu me connais aussi bien, je le sais parfaitement. » Un sourire étira ses lèvres délicates et un rire perçait légèrement sa voix. Lentement, les naseaux de la jument remontèrent vers la tête de l'étalon, approchant son oreille pour lui murmurer ce qui était resté son secret jusqu'à maintenant. « C'est toi tout entier que j'aime, Hole. Ta fierté et ta force. La douceur de laquelle tu me couvres, parfois. Ton intelligence, ta loyauté, mais aussi ta franchise et ta sincérité, dès que nous sommes ensemble. Tous ces masques que je t'ai connues et qui continue de me surprendre. C'est ce que je vois sous ta carapace et tes cicatrices de Guerrier. J'aime la force de caractère qui brûle mes veines et l'assurance que tu m'apportes rien que par ta présence. J'aime celui que tu es, avec tes qualités et tes défauts. J'ai déjà tout accepté de toi et, après cela, comment ne pas t'aimer ? » Ses lèvres glissèrent le long de la joue de l'étalon et elle plaqua son chanfrein contre le sien, fermant les yeux. « C'est toi. C'est comme une évidence. C'est à tes côtés que je veux avancer, à tes côtés que je veux apprendre à me battre, c'est toi que je veux pouvoir rassurer et protéger à ma façon, parce que tu mérites qu'on s'occupe de toi et qu'on t'aime comme je t'aime. » Sa voix, oh, quelle était douce ! C'était un velours de la plus grande qualité. De la douceur et de la tendresse, dans un mélange qui n'existait qu'avec lui. « Je veux passer ma vie à tes côtés, puisque je t'aime, Hole. »

Finalement, la Reine rouvrit les yeux, s'écartant d'un pas pour mieux plonger ses yeux de biche dans l'abysse sans fond de l'étalon, une seconde, espérant peut-être apercevoir, une fois de plus, son âme découverte. Elle s'avança pourtant finalement, se glissant sous l'encolure puissante de son Danseur, pour plaquer son corps fin contre celui massif de l'étalon, profitant de sa chaleur, de son contact si rassurant. Elle savait qu'avec les mots qu'il avait prononcé, elle pouvait se permettre de rechercher plus encore son contact, la caresse de sa peau contre la sienne. Du bout des naseaux, la pinto suivit la courbe d'une cicatrice. Elle avait appris à les apprécier, ces traces qui barraient le corps du Guerrier. Elles faisaient partie intégrante de lui et de son âme peut-être, mais pour Lusitania, contrairement à d'autres chevaux, elles n'avait rien de repoussant. Black Hole était un être en plusieurs teintes, dont la dominante était le noir, mais le rouge du sang n'était pas bien loin, et elle en était consciente. Mais pour arriver à l'aimer lui, elle l'avait accepté. Elle n'avait pas peur de lui, non ; elle avait peur pour lui. Certes, c'était un combattant hors pair. Mais l'âge le rattrapait inexorablement, et il n'y pouvait rien. Un jour, il tomberait sur un jeune fringant qui le ferait chuter. C'était exactement ça qui faisait peur à la jument pie. S'il chutait, un jour, elle serait incapable de le rattraper. Un frisson parcourut son échine. Et si elle le perdait, comment se relèverait-elle ?

Promets-moi, s'il te plaît. Promets-moi que chaque instant que l'on passera ensemble sera magique. Promets-moi qu'il n'y aura que moi. Promets-moi de toujours te relever pour moi, de ne pas me laisser. Promets-moi de rester avec moi...


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MessageSujet: Re: « Nous ne sommes les valets de personne » † Lusitania & Libre   Lun 16 Mar - 7:58

Grave, le beau guerrier noir avait fermé les yeux, éprouvant chacun des mots que sa muse prononçait. Plus qu'il ne les entendait, il les vivait. Quand Lusitania évoquait leurs rires, il les entendait, quand elle parlait de leurs sourires, ses lèvres tremblaient et, quand elle disait avec tendresse leur amour, son cœur battait plus vite. Son âme était en plein émoi et le vent qui dansait dans les branches résonnait en son être, plongeant sa conscience dans un infernal maelström de sensations. Il n'avait pas douze ans, le temps n'avait plus de prise sur lui. Il était de nouveau ce fringuant poulain, ce tout jeune adulte hésitant et maladroit. Il avait le désir de venir poser ses naseaux sur elle mais il ne savait comment. Il voulait que sa caresse soit la plus douce que la peau de sa muse n'ait connue mais comment faire ? Il redevenait cet être nouveau et indécis. Pourtant, les années étaient passées par là et c'était indéniable alors, une assurance brute dormait en lui, lui susurrant tous ces gestes, toutes ces attentions qu'il savait, qu'il pouvait lui donner. Protecteur, il referma son épais col sur elle, sentant sa peau frissonner alors que son flanc bicolore se retrouvait collé contre son large poitrail. Pouvait-elle sentir son cœur s'affoler ? Sentait-elle son corps trembler alors qu'il devenait aussi plus chaud ? Lusitania et lui avaient toujours manié l'art des mots pourtant, aux paroles de la belle, l'animal de nuit préféra laisser tomber le silence. Il pensait peut-être que sans tout ce bruit, sa muse entendrait les tambours de son cœur. Hole avait bien conscience que les fois où ces tambours avaient résonné il était parti en guerre. Cette fois ne ferait exception et guerrier, il se battrait. Il irait conquérir le monde, oui, mais il le ferait pour elle. Ce silence était comme une promesse qu'il lui faisait : se battre contre les moulins n'était plus de son âge et pour elle, il saurait taire les urgences de son sang. Chaque jour, du lever du jour au coucher du soleil, il ne se battrait que pour la conquérir elle. Hole avait bien conscience de sa jeunesse et de son âge charmant et il savait aussi sa valeur et sa noblesse d'âme, sa grandeur d'esprit. Il ne voulait pas que leur sentiment ne s'effrite, qu'il pâlisse ou qu'il se tarisse. Il voulait lui faire la cour chaque jour, qu'elle le chasse parfois mais que le soir venu, elle cède et l'aime. Chaque jour de sa vie il lui dirait ces trois petits mots magiques. Il les lui répéterait jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus, jusqu'à ce qu'elle n'en veuille plus. Elle lui avait jeté un sort et il ne pouvait -il ne voulait- s'en défaire.

Quand sa muse de neige et de sang n'était plus à ses côtés, il devenait malade, se demandant ce qu'elle faisait, si elle se sentait bien, si elle avait encore sur les lèvres son si charmant sourire. Hole éprouvait cet impérieux besoin de la rendre heureuse et il aurait tout sacrifié pour s'en assurer. Si sa vie n'avait jamais été ce qu'elle aurait dû être, terrible et noire, il se sentait revivre une fois de plus. C'était comme si le ciel lui pardonnait toutes ses fautes, lui offrant une nouvelle âme à aimer et chérir. Combien de fois déjà avait-il cru arriver au fond de ses sentiments, au fond de son cœur et de son être tout entier ? S'il s'était écouté, il aurait arrêté de respirer. Il se serait enfui pour mourir dans une place étrangère, abandonnant tout ce qu'il avait ou construit ou détruit. Le jour où il avait perdu ses deux plus jeunes enfants, il avait cru que plus jamais un jour ne lui semblerait doux. Il avait pensé que plus jamais un sourire ne pourrait l'atteindre ni le réjouir. Il s'était trompé, il avait oublié cette amie de longue date, ce rêve entêtant mais si doux, si fort et salvateur. L'avait-il, ce rêve, réellement oublié ? Il s'en était voulu. Il s'en était voulu de ressentir du réconfort quand il pensait à elle alors que ses enfants n'étaient plus. Pourtant, il n'avait pas trouvé la force de se détourner de la jument dont les yeux étaient aussi doux que ceux d'une biche. Aujourd'hui, il savait qu'il avait eu raison. Elle était là, fragile et forte à la fois, collée contre son corps. Elle était là, brûlant du même feu qui le consumait lui. Finalement, le passé ne comptait pas. Qu'importait les juments qu'il avait connues, celles qu'il avait pensé aimer. Quand il regardait Lusitania, il savait qu'elles n'avaient, pour la plupart, pas compté. S'il avait cru les aimer, il s'était simplement trompé. D'autres en avaient payé le prix et c'était de cela mais seulement de cela qu'il souffrait. Vif-Argent avait été le premier à s'acquitter de sa propre dette, grandissant au côté d'Etoile, seul et vulnérable. Il était son fils et il n'avait su être là. Il n'avait jamais eu vent de son existence mais il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il aurait pu le savoir, qu'il aurait pu revenir sur ses pas et que s'il l'avait fait, que s'il l'avait vu, il aurait pu le prendre avec lui. Il avait souvent pensé qu'il aurait pu lui offrir une véritable enfance et il aimait l'idée qu'ensemble, Vif-Argent et lui, ils auraient pu devenir meilleurs. Le destin en avait décidé autrement. Ensuite, Thief of Dreams et Bliss avaient payé de leur sang sa deuxième dette. Il avait été idiot ou stupide de penser aimer la pouliche pour autre chose que pour sa jeunesse. Avec le recul qu'il avait aujourd'hui, il savait que celle qui s'était faite la reine des étoiles ne l'avait jamais vraiment touché. S'il avait cru aimer ce lien qui les unissait, ce n'était que parce qu'à l'époque, il n'avait rien eu d'autre. De son égoïsme et de ses passions trop ardentes, il avait condamné ses jumeaux. Il soupira profondément, rouvrant enfin les yeux. D'une voix rauque, profonde et sincère, il tenta de reprendre, de relancer ce passionnant débat.

« Je te promets, Lusitania, que je ne ferai pas les mêmes erreurs. Je te le jure ... »

Le Shikaku savait qu'elle comprendrait qu'il faisait allusion à son passé tout comme à sa réputation. S'il n'allait pas tourner le dos aux Shikaku -il savait qu'elle ne voulait pas le changer-, il ferait son possible pour rester auprès d'elle. Il ne serait jamais loin de ses terres et dès qu'elle le chercherait, il saurait lui apparaître. Plus que tout, il lui importait qu'elle sache qu'il serait présent pour elle. Avec tendresse, il desserra son étreinte pour reculer d'une foulée, admirant sa muse, la dévisageant de la tête aux sabots. Il savait bien que ses yeux trahissaient son amour comme son désir mais désormais, il n'avait plus peur de lui montrer son âme, de la laisser entrevoir le chemin le plus sûr d'y accéder. Lusitania avait toujours su démêler la vérité du masque qu'il lui présentait et désormais, ce serait sans phare qu'il la laisserait le voir. Il l'aimait trop pour lui vendre des mensonges : il lui était important, désormais, qu'elle soit sûre de bien le savoir et de bien prendre conscience de l'être étrange et foncièrement mauvais -peut-être- qu'il était. Hole savait que la force de ses sentiments avait brisé plus d'une de ses rencontres et elle, il voulait qu'elle dure, qu'elle reste. Lusitania n'était pas une rencontre, elle n'était pas une conquête : elle était la seule qu'il aimait, la seule qu'il voulait rendre heureuse, la seule dont le bonheur lui importait.

Se grandissant comme il savait bien le faire, la nuque haute mais le chanfrein encore droit, il se mit à piaffer, ses muscles se contractant sous sa peau de velours. Il lui tenait à cœur de lui promettre que chaque instant qu'ils passeraient ensemble serait magique, qu'à jamais elle serait la seule à connaître son cœur et que pour elle, il se dresserait toujours, à l'instar de cet instant. Aussi suave que prédateur, il plongea ses grands yeux noirs dans les siens, plus doux. Il vint à sa rencontre et dans une caresse sensuelle, il lui toucha le chanfrein, la ganache et couru sur la ligne de son dos, sourire aux lèvres.

« Je t'aime. »

Voleur.

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