Wild Horses: La Terre des Chevaux Sauvages.
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 ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.

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Black Hole
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MessageSujet: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Jeu 14 Nov - 10:44





    I never see your crazy face.

    Il avait fait de cet océan sombre son royaume et, de ses sabots insolents, il continuait de fouler ces terres trop saintes ou trop aimées. Rien ne semblait encore l'avoir brisé, et c'était comme exempt de toute entrave qu'il voguait. Ce soir, c'était vers ces terres mystérieuses que son âme l'avait conduit, lui montrant le chemin de cette voix insidieuse et capricieuse. Puisqu'il n'était l'enfant de personne, puisqu'aucun ne l'attendait encore, le guerrier s'était laissé prendre au jeu, et comme aveugle, il avait avancé dans l'ombre, à l'abri des regards et des jugements acerbes de ceux qui croyaient le connaître. Depuis quelques temps maintenant, c'était seul que l'ange damné traçait sa route. Aucune ombre n'épousait davantage ses mouvements, aucune caresse n'adoucissait son cœur, aucun mot ne charmait son oreille ; aucune présence n'apaisait la lancinante douleur de ses maux. Mais n'en était-il pas le seul responsable ? Il était né dans le péché et, plutôt que d'essayer de se racheter, il s'était échiné à se complaire dans cet obscur horizon qui bordait l'Enfer. Mais jamais, oh grand jamais, il ne s'était défilé. Il avait toujours eu cette justesse et, quelque part, cette noblesse, de regarder en face ses actes. De son passé, il avait tout gardé, jusqu'à la plus honteuse des pensées. Pourtant, il demeurait l'Ennemi, l'Homme à abattre. Et qu'il en avait rit ! Il s'était moqué avec une rare férocité de ceux qui s'étaient mis en tête de le poursuivre, de le rattraper et, finalement, de le ployer. Il semblait, à l'époque, intouchable. Mais sa fortune venait de lui faire défaut, une fois de plus. Le vernis s'était craquelé, et ne demeurait que la rude écorce de l'être de chair et de sang, du Mortel.

    Solitaire blessé, il avait, à l'égal des grands prédateurs, quitté la lumière du jour, se retirant dans l'ombre épaisse et dense, attendant -peut-être- la mort. Quand ses yeux s'ouvraient, ils ne voyaient que la nuit, que les étoiles qui dansaient et, plus belle encore qu'avant, la lune pâle et son sourire narquois. Mais dire qu'il ne voyait que cela aurait été mentir. Les ombres du passé  s'agitaient désormais devant lui, et pas une seconde ne passait sans qu'il ne se prenne à penser à une de ses âmes chères. Pourquoi étaient-ils partis, le laissant lui encore debout ? Pourquoi n'avait-il pas pu donner sa vie pour sauver la leur ? Oh, si seulement il avait su garder son âme ! Peut-être le Diable aurait-il été intéressé ? Mais personne ne pouvait refaire le passé, et à jamais, il garderait en lui tous ces doutes, toutes ces questions qui n'auraient jamais de réponse.  

    Les paysages défilaient devant lui sans qu'il n'y prête encore attention. Toutes ces choses, il les avait déjà vues. A quoi bon faire semblant de s'émerveiller d'un monde si mauvais ? Pourtant, dans l'ombre épaisse de la nuit, un sentiment violent ébranla son corps. Le puissant étalon s'était arrêté, son cœur se serrant dans sa poitrine. Cette vallée de cendres qui s'étendait devant lui, n'était-elle pas celle de son enfance ? Non, c'était impossible. Wild Horses était à des kilomètres de l'endroit dans lequel il était né et avait grandi. Mais alors, comment ? Ses souvenirs s'éveillaient déjà, et ils s'affranchissaient des barrières que l'étalon avait érigées. C'était sa vallée, aussi triste et grave qu'au premier jour. Mais ... mais ... où était-il ?! Était-il enfin mort ? Pouvait-il goûter au sommeil oublieux du dernier voyage ? Allait-il bientôt pouvoir nager dans le Styx ? Jamais auparavant il n'avait vu semblable endroit. Le paysage changeait, et, lui, il se rappelait ... Ces endroits n'appartenaient à personne sinon aux méandres de son esprit. Ses souvenirs étaient, en quelques sortes, projetés devant lui, projetés face à ses yeux durs et sans fonds. Le guerrier était incapable de bouger. Il se tenait immobile, fixant ce paysage trop connu. Soudain, de nulle part, apparu un poulain.

    Sa robe était noire de jais et une étoile blanche trônait sur son front. Cet être frêle, fragile et touchant, cet enfant, ce petit, c'était lui. Mais pourquoi revivait-il ces instants ? Pourquoi se voyait-il galoper seul déjà, et pourquoi ne pouvait-il pas intervenir ? Black Hole brûlait d'envie d'arrêter ce poulain, de poser ses yeux dans les siens, et de lui parler. Il lui aurait dit de suivre une autre route, d'oublier tous ces sentiments confus qui grondaient en lui. Mais s'il n'avait pas été, jamais Vif-Argent, Bliss ou Thief n'auraient vu le jour. Mais qu'avaient eu de bon ses trois enfants ? Vif était le fils oublié, le fils caché, et il avait grandi du venin d'Etoile. Thief et Bliss, eux, étaient morts désormais, sans connaître le bonheur ou les joies d'une famille unie. Peut-être qu'au fond, Hole n'aurait jamais dû survivre ? Mais il était trop tard pour revenir sur le passé. Et contraint, l'étalon l'accepta, fermant les yeux. Résigné, il retrouva soudain l'usage de ses jambes. Une foulée, et ses antérieurs retrouvaient le sol gris et poussiéreux. Hole entrait dans sa vie.    

    Il prit le trot, se jetant à la poursuite de l'ombre légère qui ne cessait de galoper. Mais où pouvait-il bien aller ? Black Hole ne s'en rappelait plus, mais l'espace d'un instant, il eut peur de l'éventualité de retrouver le visage de ses parents. Combien étaient-ils à avoir été déçus ? L'étalon noir était partagé. Il pouvait s'arrêter là, faire demi-tour et s'enfuir ou, continuer de suivre ce spectre, au risque de se rendre enfin compte de tout le mal qu'il avait pu causer. Il ne s'était jamais défilé, et cette nuit ne ferait pas exception. Il continua donc d'avancer.
    Cet étrange manège s'éternisait quand, soudain, le poulain qu'il avait été s'arrêta. Les cendres qui jonchaient le sol côtoyaient une herbe riche et grasse. Cette ligne semblait être la frontière. La frontière entre son souvenir et la réalité ? La frontière entre deux de ses souvenirs ? Hole fit un pas, son corps au même niveau que celui du poulain. Ce dernier attendait, regardant avec curiosité de l'autre côté. Apparue une pouliche à la robe baie, comme sanglante, avec une longue liste blanche. Son cœur rata un battement. Bliss était là, juste à côté, et elle regardait comme amusée le petit poulain noir. Les jambes de Hole tremblaient, alors qu'il avait du mal à trouver son air. Et comme si les deux âmes fragiles avaient été le miroir l'une de l'autre, elles se mirent à tournoyer ensemble.

    « Pourquoi ? »


    Lui qui semblait n'avoir de respect pour rien ni personne, puisqu'aucune chose de cette terre ne l'effrayait encore, connaissait-il déjà tout ? Avait-il tout eu trop tôt ? Ou rien n'avait-il d'importance encore ? L'étalon noir à l'étoile blanche portait avec lui ses secrets, ses mystères et ses rancœurs. Ses souvenirs et ses blessures aussi ... Il eut un vif mouvement de recul, et il fut tenté de fuir. Mais ils étaient si touchants à danser ainsi !

    Se pouvait-il que d'autres puissent voir cette scène ? Hole n'en savait rien, et seul comptaient encore ces lourdes secondes qui passaient. Combien de choses reverrait-il ? Etoile, apparaitrait-elle avec ses courbes de toute jeune jument, sourire aux lèvres ? Devinerait-il l'ombre fantomatique de l'Etalon Blanc au cœur de la nuit ? Elixir, poserait-elle ses yeux plein d'alarmes sur lui ? Pépite d'Or, retrouverait-elle un instant son corps de pouliche ? Renji, serait-il aussi vif qu'au jour où ils s'étaient rencontrés ? Sun Star, aussi impérial ? Et Lusitania ... Glisserait-elle devant ses yeux, nymphe de neige et de sang ? Danserait-elle à s'en rompre le corps, l'invitant dans sa ronde ? Shiki, aurait-il ce même regard curieux de tout, et des coups notamment qu'il avait échangé avec sa mère, la Dame d'Acier ?

    Son sang, dans ses veines, s'était glacé. Oh, la morsure du souvenir était si violente ! Il était là, ombre noire et féroce, tapie derrière les arbres. Maladroit, il n'avait pas encore su faire son deuil qui, de toute évidence, n'était pas terminé. Et il s'était présenté à la Dame d'Acier qui, solitaire aussi, regardait d'un œil amusé cette réunion. Qui avait fait le premier pas ? C'était lui. Lui qui s'était amusé de ses propres mots, lui qui avait suggéré, esquissé le jeu ; lui qui avait commis la première faute, le péché originel. Père ravagé de la perte de ses deux plus jeunes petits, il n'avait pas su rester maître de lui. Mais tout avait été tellement fluide ! Ils avaient, habiles et vifs, rebondi sur chaque phrase, sur chaque bribe de rêves. Et il s'était bientôt retrouvé voleur, allant, chaque soir, caresser le sculptural corps de sa Reine, sans se soucier de son vieux roi qui dormait pourtant à ses côtés. Et dans ce jeu, ils étaient allés loin. Hole se souvenait des violents frissons qui faisaient trembler son corps, alors que son avant-main s'appuyait déjà sur la croupe et les reins de la belle. Il se souvenait de l'odeur enivrante de la jument, de ses dents refermées sur son garrot, des violentes caresses qu'il dessinait sur son encolure avec sa tête puissante. Et que dire de cette respiration sifflante, de ces souffles rauques et bestiaux ? Oh oui, il l'avait désirée ! Il avait eu besoin d'elle, de sentir son corps contre le sien et il l'avait même voulu plus que seulement pressé contre lui ! Pourquoi, pourquoi avait-il éprouvé ce besoin aussi impérieux qu'urgent de communier avec la guerrière ? Parce qu'elle avait été là, représentant tout ce qu'il avait perdu, parce qu'elle avait su l'attraper à son propre jeu, parce qu'elle avait su raviver en lui ce désir incontrôlable, parce qu'elle avait éveillée en lui cette passion dévastatrice. Pourtant, Odyssée n'était responsable de rien. C'était Hole qui avait pris les initiatives, alors que rien ne semblait encore compter.

    Mais ils n'avaient pas été seuls et Shiki, le fruit béni de cette mère esseulée à ces heures, s'était trouvé sur leur route. Jamais Hole ne pourrait oublier son regard incrédule, cette oscillation entre colère et incompréhension. Sa mère qui avait toujours tout été pour lui, et celui qu'il avait voulu en Mentor, celui auquel il avait accordé son attention et sa confiance, malgré toutes les choses que l'on racontait sur lui. Shiki avait vu, cette nuit, Odyssée et Black Hole sur le point de commettre l'irréparable. Et si les deux guerriers avaient assuré qu'il ne s'agissait que d'un jeu, qui savait ce qu'il aurait pu se passer si le jeune prince ne les avait pas surpris ?  

    Et je regardai ce jeune poulain à la robe noire et à l'étoile blanche, en me disant qu'en fait, je n'avais jamais vu sa folle figure.

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Ven 27 Déc - 5:11

Il était venu au monde sous les hautes frondaisons de la Forêt des Cascades, bercé par le son mélodieux de ces milliers de gouttes d'eau qui chutent, bondissent et rebondissent sur des rochers fendus par le gel. Il était né là, sous l'oeil attendri de sa mère et celui, plus nerveux, de son père, mais il était né entouré de ses deux parents, les deux piliers d'un couple dont la solidité avait forcé l'admiration de tous, les plus volages comme les plus farouchement fidèles. De ses premiers jours, Shiki ne se remémorait que l'odeur rassurante d'Odyssée, la belle guerrière argentée, et la haute silhouette de son père Aglow Star, par lequel le sang des Thars coulait dans les veines du futur prince. Il avait grandi auprès d'eux, choyé et rassuré, éduqué et s'abreuvant aux mots de l'élève de Stelmaria, qui avait su inculquer au poulain batailleur et pataud un peu de bon sens et de sagesse, qui avait su, surtout, lui donner les clés pour faire fructifier ces dons.

Shiki n'avait pas toujours vu son père qui, comme un fantôme, errait aux frontières de son esprit de poulain et frôlait ses horizons. Aglow Star était un vagabond, un de ces chevaux dont le sang bout quand l'air qu'il hume n'est pas nouveau, un de ces buveurs de vent qu'on ne voit qu'une fois l'an et qui vont, par monts et par vaux, sans cesse en mouvement. Mais qui, toujours, revenait, fidèle avant tout, aux côtés d'Odyssée. La Flèche d'Argent, comme certains la nommaient, demeurait quant à elle auprès des siens et de la famille qu'elle avait faite sienne, auprès de Black, de Stelmaria et surtout de terres auxquelles elle s'était attachée et dont elle transmettrait l'amour à son fils. Son fils, qui la suivait encore, trop petit pour goûter aux joies et aux peines de l'autonomie. Mais son fils qui jamais, au grand jamais, n'eût le loisir de douter de l'amour que se portaient les siens. Il n'y avait qu'à voir l'encolure d'Aglow Star s'arquer et ses naseaux s'élargir, il n'y avait qu'à voir Odyssée se faire mutine et prendre une mine de pouliche, ou de séductrice expérimentée selon les moments, quand ses géniteurs se retrouvaient. Même Stelmaria ou Black, endurcis parmi les solitaires, ne pouvaient dissimuler un sourire amusé quand les tourtereaux se retrouvaient et gambadaient ainsi que deux poulains amoureux.

Il avait grandi auprès de sa mère, mais d'autres silhouettes emplissaient son monde et d'autres mots son esprit. Il avait connu Stelmaria, sa grand-mère, la Maudite que tous redoutaient et décrivaient comme la bête sanguinaire qu'elle n'était pas, excepté si la Malédiction se saisissait d'elle. Il avait rencontré Nathanaël, le fou, le cheval noir du sang qu'il avait fait couler et plus dangereux encore que Tharaman. Il avait partagé les jeux et même certaines chasses des léopards géants et, peu à peu, compris que les siens l'éduquaient pour faire de lui ce qu'il était de plus en plus appelé à devenir : le prince des terres de Glace. En les parcourant aux côtés de sa mère ou de sa grand-mère, ou de son oncle Black qui lui ouvrait parfois son coeur et ses pensées, le jeune étalon avait senti croître en lui l'appel de ces terres sauvages et glaciales, comme étant celui de ses terres, du lieu où il vivrait et du lieu auquel il appartenait.
Mais si son coeur l'appelait sur les territoires gelés, il n'en demeurait pas moins un jeune étalon belliqueux, avec tout ce que cela peut supposer d'arrogance et de volonté d'en découdre avec tout, tous et surtout son prochain. Le goût du combat lui était venu avec celui de l'air libre, au gré des rencontres d'Odyssée qui ne dédaignait jamais une passe d'arme. Et une en particulier.

Un étalon massif et noir de jais à l'exception d'une petite marque, un danseur dans la nuit, qui avait offert et partagé avec la belle quelques minutes de combat, haletant et tourbillonnant, des minutes durant lesquelles Shiki n'avait osé cligner des yeux tandis que son coeur martelait sa poitrine au rythme des sabots des belligérants. C'était Black Hole qui affrontait la Dame d'Acier et, comme marqué au fer rouge, l'esprit du jeune cheval conserva longtemps le souvenir de cette ardente bataille.
Il le retrouva à la Fête du Printemps, cette fête qui célèbre la vie, le combat, la Nature enfin, et il le défia. Il perdit, mais il y gagna un maître et un modèle, un modèle autre que ceux, tout aussi remarquables, qui avaient empli sa vie auparavant, ceux des siens qui lui avaient tenu lieu de mentor. Enfin, il s'était choisi un maître, il s'était choisi une route et il était heureux! Il ouvrait enfin ses ailes et, enivré de son propre envol, il ne se sentait plus de joie.

Il avait volé, quelques mois durant, naviguant entre entraînements et discussions avec son mentor proclamé, et rencontres avec sa mère ou ses proches. Plus le temps passait et plus le poulain devenait Prince, prenant conscience de son rôle futur et de la fragilité autant que de la force de ces terres qu'il se sentait appelé à gouverner. Il se sentait guidé, soutenu et quand il était aux côtés de Hole, il se sentait parfois bousculé, poussé dans ses retranchements, parfois mis en échec. Et il aimait cela! Tout poulain, choyé comme il l'avait été, aimait à rencontrer un obstacle, un mur ou une barrière d'apparence infranchissable, et atteler toutes ses forces à son franchissement. Il n'avait cure des murmures sur leur passage et de ce qu'on racontait de cet étalon désormais esseulé, dont la fille unique était morte - absence qui faisait saigner jusqu'au coeur de Shiki et lui laissait un amer goût d'inachevé -, il n'avait cure de ceux qui, forts du vieil adage : "Je ne veux que ton bien!" lui enjoignaient de s'éloigner de ce Mentor si imparfait pour un futur Prince. Il était son Mentor, celui qu'il avait choisi, élevé sur un piédestal et proclamé comme tel, il lui avait accordé sa confiance et ne permettrait à personne de fragiliser cette image-là.

Personne, excepté Hole lui-même...
Le trot de Shiki se fit nerveux et heurté, tandis qu'il courait le long d'une vieille sente de daims. Devant ses yeux se dessina soudain une clairière, et le jeune cheval pila net, désirant de tout son coeur fermer les yeux devant cette scène outrageante, mais incapable de le faire. C'était pourtant une belle scène...la lune éclairant de sa clarté opalescente deux chevaux, un étalon, noir et puissant, arquant l'encolure et murmurant des mots doux à une somptueuse jument grise qui ne faisait que mine de se dérober, souriant et répliquant, mutine, du tac au tac. Des avances et un jeu de séduction accepté et assumé par ces deux chevaux, ces deux adultes en pleine possession de leurs moyens et bien conscients, croyaient-ils, que ce n'était là qu'un jeu...
L'étalon noir se hissant sur le dos lustré de la jument...
Shiki aurait voulu pouvoir fermer les yeux. Ne pas voir son Mentor et sa mère sur le point de commettre cette faute irréparable, de briser ainsi le piédestal de son père et l'image de ce couple modèle. Il secoua vigoureusement la tête, refusant la vision et reprit un galop fou, désordonné, furieux et perdu.
En une nuit, perdre ainsi ses repères!
En une nuit, voir tant de trônes se briser!
En une seule nuit, comprendre dans un horrible éclair de lucidité que les héros de son enfance ne sont que des êtres vivants, sensibles et surtout, faillibles, infiniment faillibles comme il l'est lui, et voir en un seul et malheureux coup d'oeil tant de ses chimères et de ces rassurants axiomes s'effacer, disparaître dans un bruit de verre et de tempête!

Et il galopa si bien qu'il manqua se heurter à trois chevaux. Deux. Non, un seul, un seul d'entre eux et deux chevaux immatériels qui dansaient et s'effaçaient, un jeune poulain noir de jais et une jolie jument rousse en laquelle, avec un serrement de coeur, Shiki reconnut Bliss. Celle qui aurait pu être son amie, Bliss.
Il secoua la tête, recula...réalisa soudain que cet étalon à ses côtés, c'était Black Hole. Son Mentor. Celui qu'il avait soudainement découvert comme un être faillible et, somme toute, tout simplement réel comme il l'était lui, capable de commettre des erreurs comme tout un chacun. Perspective peu rassurante.
Il voulut parler.
Se tut.
Réessaya.
Echoua.
Finit par murmurer simplement :


"Black Hole..."

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ABSENCE (ou présence rare) du 19/07 au 16/08.

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Mar 31 Déc - 2:57




    Smiling, laughing, screaming my name.


    Qu'ils soient bons ou mauvais, ils étaient en fait tous les mêmes. Hole, s'il l'avait toujours su, ne s'en était persuadé que récemment. Tous devaient tomber un jour. Pourtant, il savait oh combien une idée pouvait être chère à celui qui la portait en lui, à celui qui fondait sa vie et déposait son espérance en elle. Même lui, du haut de ses longues années, pensait encore l'Etalon Blanc infaillible, et ce, malgré le nombre de guerriers qui s'étaient éteints devant ses yeux, sous ses coups ou sous les coups d'un autre. Ils étaient condamnés à avoir des modèles, et peut-être même que la vie les condamnait à les voir faillir. Mais lequel d'entre eux n'avait jamais réussi à dépasser cette amère déception ? Ils se relevaient tous, et repartaient, plus déterminés encore, puisqu'il fallait faire mieux, ne pas décevoir à son tour. Ce ne serait que plus tard, quand ils fauteraient à leur tour, qu'ils comprendraient que si leurs modèles avaient chuté, ce n'était que parce qu'ils étaient de chair et de sang. Bons ou mauvais, ne demeurait qu'une réalité : tous tombaient.    

    La vie avait toujours été cruelle, et le fait d'être un enfant aimé des siens n'y changeait rien. Malgré tout l'amour que tous pouvaient porter à Shiki, l'étalon se dresserait devant des murs trop hauts à franchir. Il s'attaquerait à des ennemis trop forts et, comme d'autres avant lui, il deviendrait un jour faillible. Mais aujourd'hui et à jamais, par rapport à l'étalon noir à l'étoile blanche, il était l'enfant. Il était celui qui portait en son âme et conscience l'espérance de tout un peuple. Et celui qui l'avait déçu, qui lui avait montré que tous étaient faillibles, c'était lui. Black Hole avait, en une interminable nuit, détruit tous les fondements des croyances du jeune prince. Il avait anéanti cette image si noble et respectable du couple à jamais uni que formaient ses parents. De quel droit ?! Seulement parce que lui aussi, malgré tout ce qu'il était, était faillible. Dire qu'il avait perdu ses enfants n'excusait en rien son comportement. Il avait juste perdu pied, préférant s'abandonner à la facilité de tout détruire plutôt que d'affronter en face la réalité, la douleur et la souffrance. Il s'était battu toute sa vie durant, mais il demeurait pourtant encore jeune. La vieillesse ne l'avait toujours pas baisé de sa bouche froide, son étoile ne s'était pas éteinte. Mais de nouveau, il éprouvait cette désoeuvrante lassitude, et assassinait -par pensées du moins- tout ce qui venait se porter à lui. Mais en se jouant de lui, de ce qu'il était avec la Dame d'Acier, il avait trahi les rêves et la confiance que le jeune prince avait posés en lui. Il avait trahi celui qui lui rappelait, par moment, le profil mâle de sa douce enfant. Il avait trahi celui dans lequel lui-même, Shikaku pourtant, avait déposé ses espoirs. Il avait trahi celui en lequel il croyait.

    A blâmer, Hole était à blâmer. Mais qu'on le raille, qu'on l'insulte et que l'on se moque ; rien ne lui importait encore, sinon le regard que les Siens pouvaient porter sur lui. Seuls leurs jugements le touchaient encore. Et s'il n'avait jamais dit les choses, s'il ne les avait jamais montrées avec insistance, il avait toujours su que Shiki faisait partie de ce cercle. Le jeune Prince, sans le vouloir sans doute, était entré dans sa vie, et avait brillé dans l'obscurité, chassant quelques uns des mauvais rêves de l'animal torturé. Le fils de la Dame d'Acier comptait aujourd'hui, et Hole savait que s'il l'avait croisé lors de la bataille qui venait de tous les ébranler, il ne se serait dressé face à lui. Démon, assassin, prédateur ... ils pouvaient le traiter de tous les noms, mais le résultat était qu'il préférait mourir plutôt que d'en venir à abattre l'un des siens. Black Hole était en fait un animal faible. Mais était-il si sûr de ne pas défendre sa vie, quand viendrait le jour où ? Ils étaient beaux, avec leurs grands discours, mais ils se mentaient. La vérité était sans doute que Hole ne valait pas mieux que les autres, qu'il était peut-être même pire.

    Mais ses juges, ce soir, étaient autres, et ils ne le condamnaient sur ces chefs d'accusation. Le procès aurait une autre envergure, et il serait bien plus profond. Les yeux braqués sur les deux jeunes chevaux, il n'avait ni vu ni entendu que l'on s'approchait, et n'avait par conséquent tourné la tête. Un murmure lointain, comme s'il s'agissait d'un rêve, vint à lui. Black Hole. C'était son nom. L'appelait-on, ou rêvait-il encore ? Doucement, comme si la terre sous lui était friable, il se tourna, son col d'entier se pliant, et bientôt, il fit face au jeune étalon. Les poulains, barrière immatérielle qui les séparaient, s'effacèrent bientôt, tout redevenant noir et sombre. N'existaient en cette étrange terre plus que l'élève et le mentor, plus que le juge et le suspect, qui se reconnaissait pourtant déjà coupable. L'étalon noir aurait pu se lancer dans un discours enflammé, pour tenter à corps perdu de sauver les meubles. Mais à quoi bon fuir, à quoi bon se détourner ? L'idée de trahir sciemment le jeune Prince lui était insupportable, aussi, il observa dans un premier temps un long silence, posant seulement ses yeux sans fond sur le fils de la muse guerrière.

    Les secondes s'écoulèrent, lentes et meurtrières. Il avait pour devoir de bouger, de réagir. Maintenant qu'il avait déchiré la belle toile de ses croyances, il n'avait le droit de se murer dans un silence débile. Hole, en acceptant de devenir le mentor du jeune cheval, s'était comme mis quelque part sous ses ordres et, respectueux, il inclina son puissant col, présentant au poulain sa nuque, s'offrant, l'espace de cette salutation, aux dents et aux sabots de celui qui devait lui en vouloir. Une bise fraîche souffla, et Hole, dans des gestes encore lents et assurés, se redressa, ses yeux se posant une fois de plus dans ceux de Shiki.
    Que pouvait-il lui dire ? Lui demander pardon ? Un simple pardon semblait si dérisoire face à cette situation ! Je t'ai montré le vrai visage de ce monde, je t'ai montré que ceux que tu pensais plus que tout droits ne valent en fait pas mieux que tes pires ennemis ; mais pardon. Non, il ne pouvait lancer un pardon esseulé. Et même. Pour Hole, le statut d'Odyssée n'avait pas à changer auprès de son fils. Elle valait et vaudrait toujours mieux que les ennemis du jeune prince. La Dame d'Acier s'était seulement laissée prendre au jeu, mais l'instigateur n'était autre que lui. Lui seul était le véritable coupable, et si tout était à perdre, il ne voulait qu'une chose : que l'honneur de la mère reste sauf auprès du fils.

    « Shiki. Je ne pensais pas te croiser, pas ici ... »


    Lui qui s'était pendant si longtemps joué des mots, n'était-il pas capable de faire mieux ? Et qu'il était risible, ainsi immobile et pauvre de tout, le visage découvert et ses souvenirs galopant autour de lui. Hole savait -ou avait toujours su- qu'il était un des plus faillibles, lui qui s'était targué de ne rien ressentir. Il n'avait jamais eu pour lui les ambitions qu'il avait en ceux qui faisaient partie de son cercle. Autrefois, il avait pensé normal que d'autres ne soient appelés que dans l'ombre, quand certains devaient briller dans le feu du soleil.

     
    « Comment ... J'espérais te trouver. Il faut, je crois, que nous parlions. Je pourrais te dire bien des choses, essayer de me défendre et me lancer dans d'improbables démonstrations ; mais je sais. Je sais la vérité, et je ne me défilerai pas, ni ne mentirai. Juste commencer par te dire peut-être qu'il n'y a qu'un seul coupable, et que ce n'est pas ta mère. »


    Les mots moururent sur ses lèvres, et interdit, il fixait encore le jeune cheval, une étrange lueur se mettant à briller dans ses grands yeux noirs de jais, qui étaient les mêmes que ceux de Bliss.

    Et je regardai ce jeune poulain à la robe noire et à l'étoile blanche, en me disant qu'en fait, je n'avais jamais vu sa folle figure.



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Jeu 16 Jan - 14:44

Qui était sous les ordres de qui, quand Black Hole inclina son encolure pour saluer le jeune étalon, qui lui rendit immédiatement son salut? Shiki, formé au combat par Black et Stelmaria, avait choisi de se détacher d'eux et avait choisi, parmi les limbes de ses souvenirs d'enfance, cette haute silhouette pour la reconnaître comme son guide, son phare et sa lumière dans les ténèbres, tout noir qu'il fût. Il avait choisi et élu cet étalon pour qu'il soit son mentor, pour qu'il soit cette personne qui, hors de son cercle familial, faisait néanmoins partie des siens d'une façon que nul autre ne saurait jamais imiter. Lui, le jeune prince, il avait courbé l'échine et il avait demandé à cet étalon que d'aucuns avaient pensé renégat de lui faire cet honneur : être son maître. C'était une étrange relation, loin d'un sens unique, où Black Hole apportait à Shiki la force de l'expérience en sus de la science du combat, lui montrait chaque jour qu'on peut souffrir et continuer, qu'on peut s'accrocher à la vie et aller de l'avant, encore et encore.
Il n'était qu'une créature vivante.
Il était faillible.

Mais c'était son maître, c'était celui dont il avait observé la danse de ses yeux de poulain, émerveillés, écarquillés tandis que, ébahi, il regardait sa mère bondir et esquiver les coups de cet être imposant, avec plaisir et respect. Il avait vu leur combat et cela l'avait marqué au fer rouge, éveillant pour la première fois dans son sang cet étrange frisson, cette envie d'en découdre et de se lancer, lui aussi, dans cette complexe symphonie dont il voulait apprendre les partitions. C'était le frisson de l'art qu'il avait senti passer sur son corps frêle, ce soir-là. C'étaient les prémices de cette rage du combat qui faisait et ferait bouillir son sang sitôt que l'odeur et les cris des champs de bataille viendraient à ses sens, cette hargne qu'il était seul à connaître, lui et, dans une mesure infiniment supérieure, ceux de sa lignée, les Maudits.
Il l'avait choisi pour cela.
Le frisson.

C'était celui qu'il avait désigné comme son mentor aux yeux du monde, indifférent aux regards parfois incrédules ou désapprobateurs, car sachant bien au fond de lui que son choix était juste, sentant la confiance l'envahir et son instinct le rassurer quand ses yeux croisaient ceux de l'étalon noir. Il était passé outre les remarques dubitatives et les regards méfiants que certains dédiaient, aujourd'hui encore, au Shikaku, pour le choisir comme son maître et le désigner comme tel avec fierté. Il était né de deux grands combattants, héritier d'une lignée et d'une tradition de danseurs, et pourtant, il n'en tirait nulle fierté...mais cet étalon qui, muet, perdu, le fixait aujourd'hui, c'était celui qu'il avait choisi. C'était celui dont il avait décidé de se réclamer, mû par une impulsion, par des souvenirs d'enfance, peut-être, mais c'était néanmoins sa décision. 
C'était celui qui lui avait permis d'ouvrir ses ailes pour de bon, alors que le monde s'élargissait soudain et que les horizons chutaient autour de ce jeune prince. Alors que son coeur s'émouvait des charmes de la belle Moondance, que pour la première fois le jeune étalon encore immature apprenait à différencier l'amour du désir, alors que les terres de Glace le rappelaient à lui après un long voyage et qu'il comprenait réellement ce que signifiait le rôle de Thar, Black Hole avait été le premier être du cercle proche de Shiki que le jeune étalon ait choisi de lui-même, et qui l'ait aidé à ouvrir ses ailes et à se détacher de sa famille. Pour un être si jeune encore, c'était plus qu'un symbole.
Plus cher qu'un ami, plus respecté qu'un père.

Shiki le dévisagea. Se plongea dans ses yeux et reçut un coup au coeur tandis que la brume qui les entourait, montant de la terre froide, se brouillait soudain et que des traits connus, reconnus, s'élevaient soudain. Elles dansaient, les volutes, à la limite du champ de vision du jeune étalon comme une autre lui avait promis, du ton dont on prononce les serments irrévocables, qu'elle danserait à la lisière de sa conscience. Shiki failli secouer la tête, mais se reprit juste à temps tandis que la silhouette de Bliss se dressait face à lui, légèrement en retrait de son père et légèrement sur sa droite.
Une vague de chagrin mâtinée de regret emplit le coeur du jeune mâle.
Nous aurions pu être des amis, et bien plus que de simples connaissances, Bliss...tellement plus que cela.
S'entendit-il répondre? Ce n'était pas sa raison et sa logique, dont il aimait à se prévaloir, qui parlèrent à cet instant précis, tandis qu'il se forçait à détacher son regard de la belle silhouette opalescente pour revenir à celui qui paraissait son jumeau en mâle et en adulte, son père. Non, sa réponse ne provenait ni de son coeur ni de son cerveau, mais d'autre chose, de son instinct peut-être, ou plutôt d'une certitude plus profonde et plus intense que tout au monde, l'une des fondations de son être au même titre que son lien indéfectible avec les terres dont il était le sujet.

"Y a-t-il réellement un coupable? Après tout, nous ne sommes que des êtres de chairs, de sang et de pulsions...je puis bien comprendre comment les actes peuvent dépasser les idées à notre insu."

Une autre image se profila, doucement, un peu sur leur côté à tous les deux, deux chevaux, un combat. Deux chevaux plus jeunes, mais pas tant que cela, un étalon gris affrontant une petite jument noire, la renversant, se dressant au-dessus d'elle comme pour l'achever, voulant l'achever...Shiki et Siana. L'étalon gris avait reconnu son amie au tout dernier moment, aveuglé qu'il était par la rage et par les résidus de la Malédiction qui, comme un poison, coulait avec son sang.
Black Hole et Odyssée avaient failli trahir un serment tandis que la sensualité et la chaleur d'un soir paisible échauffaient leurs sens et enivraient leurs corps. Shiki avait failli abattre une amie, quand cette colère surnaturelle qui le prenait au combat avait brouillé sa vision et son esprit.
Dès lors, comment reprocher à Black Hole son faux pas, et les réactions de son corps?
Lui qui était Maudit, que pouvait-il dire à celui qui n'était que faillible?

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Ven 7 Fév - 11:57

(omg, s'en est passé des choses :O je crois qu'il va me falloir plus d'un post pour cloturer ma vie sur le fow avec vos bêtises ^^)

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Jeu 20 Fév - 11:26

(si tu veux une mise à jour par MP, n'hésite pas à demander^^ Je tiens à dire que Ody a FAILLI tromper Aglow mais ne l'a pas fait!)

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Ven 21 Fév - 5:39




    Suddenly your eyes disappear in the night.


    Il avait changé. Mais à force de côtoyer les autres, était-il devenu meilleur, ou avait-il seulement appris à mieux dissimuler ses tares ? Nombre de fois ses grands yeux noirs s'étaient posés sur une silhouette plus frêle et plus fragile, sur une âme moins dure qui ne demandait qu'à être protégée des autres et, nombre de fois, il avait ressenti en lui l'impérieux besoin d'être ce rempart, cette protection, qui savait encaisser les coups et les rendre. Black Hole n'avait jamais craint de s'abîmer, de se froisser ou de disloquer contre des murs trop hauts, dans des abîmes trop profondes, sur des pics trop tranchants. Il n'avait jamais eu peur pour lui, parce que sa vie lui apparaissait comme un fardeau, et parce qu'il savait qu'elle valait moins que celles dont il s'éprenait malgré lui. Il aurait été inutile de mettre sur les plateaux de la balance d'Anubis l'âme de ceux qui faisaient partie de son cercle et la sienne. Cherchait-il, égoïste, un moyen de se racheter ? Sa cause était perdue, et il avait même réussi, à force de temps, à en tirer une forme amère de fierté, de joie. Mais rapidement, un nouveau problème s'était posé à lui : il lui était apparu que chaque être dont il s'approchait se penchait vers l'ombre, renonçant peu à peu à être celui qu'il avait jusque là été, et s'enfonçant sans possible retour dans ce monde chaotique qu'il avait su faire sien. En voulant protéger, il entraînait, il lestait et coulait ceux auxquels il avait simplement voulu porter secours. Renji en était, à son grand désespoir, l'exemple le plus abouti. L'étalon noir s'écartait d'eux, fuyant toujours plus les rayons du jour, et s'enfermant seul dans une spirale de déperdition. Les efforts qu'ils déployaient semblaient vains, et impuissant encore, il voyait son Frère de Cœur sombrer peu à peu, Galion Royal devenu Bateau Fantôme, à son instar. Black Hole était un de ces diables, une de ces bêtes sous les pieds de laquelle l'herbe devenait jaune, les fleurs se fanaient. Malgré toutes les précautions qu'il prenait, toutes les mises en garde qu'il faisait, il brisait chacune des choses qu'il touchait.

    Danseur indépendant, âme exonérée de tout poids ou de toute contrainte de fidélité, il était arrivé sur les terres de Wild Horses avec pour dessein de détruire ces choses belles et douces, ces choses qui rendaient le monde meilleur. Chient errant ou loup galeux, il avait laissé ses sabots tranchants le mener là où bon leur semblait, et de nombreuses fois, il s'était perdu devant des territoires immenses qui, pourtant, l'invitaient, lui le marginal, lui le fou, l'assassin ou le monstre. Sans qu'il ne les invoque, ses souvenirs se manifestaient à lui, jouant avec son corps et ses sens. Une brise fraîche courait sur son corps, apportant les odeurs boisées et humides des terres du Crépuscule. Les Pierres Levées. Il les avait vues, cette nuit là, comme autant de coutelas qui se dressaient pour déchirer le ciel et crever la lune pleine, moqueuse toujours. Oh, qu'il s'était senti vivant ! La nuit, ce soir, avait été sombre et froide comme dans sa vieille contrée. Il avait vu courir des bancs de brumes, et avec plaisir, il s'était souvenu de ce pays où il lui avait été impossible de voir sur quoi il marchait. Malgré la douceur de ces souvenirs, son cœur se mit à battre plus vite. Bientôt, de nulle part, sortirait la silhouette encore ronde et pataude de celui qu'il appellerait ensuite le Petit Prince. Shiki.
    Quelque chose, cette nuit, s'était éveillée en lui. Shiki n'était pas comme les autres. Curieux, il avait révélé au démon une grande acuité mentale, et il ne s'était pas démonté devant lui, lui rappelant peut-être ce poulain qui n'avait appris la notion du danger. Puis sa mère, flèche aciérée, était apparue. Dansante, légère et envoûtante, elle s'était dressée entre son fils et lui, menace sourde et pernicieuse. Guerrière hors-pair, elle l'avait remis en question, l'obligeant à donner de lui ce qu'il avait de mieux. Les membres se croisaient, se heurtaient dans d'interminables voltes et courses. Les crins se mêlaient, les poils se confondaient, les cris, eux, se répondaient. Et étrangement, Hole n'avait pas eu l'impression de croiser une ennemie. Il avait, pour la première fois depuis longtemps, eu le sentiment de trouver une partenaire. Une âme farouche, brûlante et oh combien vivante qui se battait avec en elle tous les feux du monde. Les coups qu'elle avait imprimés sur sa peau ne l'avait pas poussé à la folie, ils l'avaient fait sourire, sourire de plaisir, de respect et d'une béatitude qui l'avait transcendé. Les mots, pour évoquer cette nuit, lui manquaient encore aujourd'hui.
    Ce qu'il en avait gardé, c'était une promesse, et deux noms que jamais plus il n'ignorerait. Le Petit Prince et la Dame d'Acier, malgré eux, étaient entrés dans sa vie. Dès lors, il s'était juré de ne jamais porter atteinte à la vie du smoky, ni à celle de sa mère. Mais il s'était aussi promis de chercher les autres danses, et de se donner toujours au maximum, que l'enchantement ne cesse plus, maintenant qu'il retrouvait un peu de ce qu'il avait laissé.

    Les lunes, ensuite, étaient passées, amenant avec elle lots de joies et de déceptions amères et brutales. Hole était passé par tous les états : il avait rencontré une forme qu'il n'avait jamais eu, avant de sombrer dans un état second où tout lui semblait noir et sans saveur. Il avait même, au pire de ces ténébreux orages, souhaité partir et oublier. Il avait voulu s'effacer, espérant que son nom puisse s'évanouir et disparaître, pensant qu'aucune âme jamais n'aurait le pouvoir de le rappeler, de l'enchaîner à cette vie qui décidément ne lui correspondait pas. Il avait senti dans sa bouche, sur sa langue, ce terrible goût amer, cet acide corrosif de l'échec, qui lui rappelait chaque seconde qu'il n'était pas à la hauteur et que, déjà, il avait failli, trahissant ceux qu'il aimait.
    Animal de peu de foi, il avait ensuite sombré dans la déchéance, essuyant échec sur échec. Celui qui lui restait le plus douloureux, et a fortiori depuis qu'ils n'étaient plus, était l'enfance misérable qu'il avait "offert" à ses enfants. Ils avaient grandi déchirés entre la Reine des Etoiles et lui, Ambassadeur du Diable. Comment prétendre pouvoir être un rempart entre les siens et les menaces qui les guettaient quand il se trouvait même incapable de veiller sur la chair de sa chair, sur le sang de son sang ?

    Mais un de ces noms qu'il s'était promis de ne jamais oublier s'était alors penché sur lui, endossant le costume des esprits bons et saints qui avaient oublié d'embrasser le nouveau-né sur son berceau. Au plus noir de ses jours, au plus profond de ses tourments, le Petit Prince était venu le chercher, lui le loup duquel tous se détournaient. Il avait tendu vers lui un cœur innocent encore, un cœur vif et généreux, un cœur fier et valeureux. Et sans demander à quiconque d'avis ou de jugement, il avait, avec sa seule force, tracté cette épave aux ailes déchirées vers la surface, lui offrant le plus précieux des statuts, lui demandant de devenir, en quelque sorte, un modèle, lui reconnaissant en fait qu'il avait vécu autre part que dans l'ombre, lui pardonnant de quelques façons ce qu'il avait été, sans savoir peut-être -et lui même l'ignorait- qu'il ne cesserait, malgré sa volonté, d'être cette âme aux masques multiples, franche seulement quand il était trop tard.
    Le Petit Prince avait embrassé sa vie, et il avait comme répondu à la requête de ce Renard perdu, qui, avec la plus grande humilité, avait posé un "Apprivoise-moi" muet.

    Bliss. Son cœur éclata en morceaux. Sa fille était là, près de son flanc, regardant Shiki de cet air fier et mâle qui lui allait si bien. Pourtant, elle ne semblait pas renfrognée et pleine de colère, comme à son habitude. Elle semblait se jouer d'elle et de lui, comme si elle provoquait le jeune étalon, se moquant de lui comme s'ils avaient été les meilleurs et les plus proches amis. Tu vois, Petit Prince, je suis là, à l'orée de ton monde, et je danserai, tant que tu continueras de me penser. C'est à vous de me faire exister encore, de me faire perdurer dans ce monde ; c'est à toi de me faire danser sur tes frontières, de me faire hanter tes rêves les plus doux. Puis elle disparut, s'évanouissant encore, sans qu'il n'y puisse rien. Un sentiment d'impuissance le fit frémir, son sang s'éveillant, une fois de plus. A la sourde tristesse devrait se succéder la rage. Elle serait sans doute, pour lui déjà mauvais, incendiaire et totale. Mais ces étapes devaient être franchies, s'il voulait les dépasser, et pouvoir penser à son enfant avec juste de l'amour. Pour la première fois depuis sa mort, il se sentit osciller sur le fil : tristesse sans nom regardait avec crainte rage amère.

    Vint ensuite un autre souvenir, plus proche encore, aussi riche sans doute. Un jeune étalon, plein de colère, de frustrations et de passions s'était dressé, et menaçant un animal au sol. Shiki, guerrier plein d'envie et ... Siana. L'étalon noir se souvint de la jeune solitaire qu'il avait croisée. Elle n'avait fait naître en lui aucun sentiment excessif, comme ceux qui étaient nés à la suite des rencontres qu'il avait jusque là faites et qui s'étaient soldées par l'accueil d'un nouveau membre à son cercle. Il était resté, par rapport à elle, comme indifférent, alors que d'autres soucis le préoccupaient alors. Pourtant, il sentait dans l'atmosphère qu'elle était, pour Shiki, plus qu'une simple rencontre. Siana était son amie, et il l'avait presque tuée. Mais il ne l'avait pas fait, et c'était cela et cela seulement qui devait compter pour lui. Aux mots du jeune étalon, Hole devina toutes les choses qui avaient dû se passer ensuite en lui. Il aurait tant aimé, il aurait tant voulu avoir encore assez de légitimité pour s'avancer vers lui, pour effleurer son col de roi de ses naseaux brûlants et pour lui dire : "Mais tu n'as pas failli, Shiki, tu n'as pas failli puisqu'à temps, tu as su retenir ce coup qui aurait été gagnant, assurément. Tu n'as pas failli, Petit Prince, puisque tu as su te vaincre, contrariant ce pourquoi tu t'étais battu. Tu es encore debout, et tu n'as pas sali ni ton honneur ni ton nom ; Petit Prince, tu n'as pas failli."

    C'était exactement ce qu'il aurait dû dire ou faire, en tant que mentor. Mais il ne pouvait pas, il ne pouvait plus, parce qu'il avait, malgré lui, trompé cet enfant vers lequel, en plus de l'amour qu'il lui portait déjà, se détournait celui qu'il avait offert à d'autres. Il était ce Petit Prince qui porterait haut les couleurs de ses enfants disparus, la tête haute et le cœur vaillant.

    « Tu peux le comprendre, oui. Tu peux l'imaginer, ou même seulement te le remémorer, si tu l'as connu. Mais tu n'es pas obligé de l'admettre, de l'encaisser et de le pardonner. Tu es intelligent, vif et rationnel Shiki, mais comme beaucoup et sans doute même plus, tu es passionné. Ce n'est pas qu'une question de jeunesse et d'inexpérience de la vie encore. Tu portes cela en toi, ton sang le distille dans tous tes organes : tu es un animal de passions, et tes sentiments peuvent et doivent te guider. Le cœur ne suit pas toujours la volonté. »


    Grave, l'étalon avait parlé lentement, retrouvant seulement en écho sa voix suave et envoûtante. Il avait besoin de lui parler, de crever l'abcès. Il ne voulait pas se détourner de lui, sans avoir réglé le problème. Il ne voulait pas sauter sur cette trop belle occasion de clore là leur débat, et s'en aller, le cœur léger et l'esprit libéré.

    « Longtemps, je me suis rebellé contre le bonheur et la joie. Pourtant, je pense pouvoir dire et ce, sans me tromper, que j'ai été un des plus heureux de ces terres quand tu es venu, toi et toi seul, vers moi. Jamais mes mots ne pourront te signifier à quel point j'ai été et à quel point je suis honoré que tu m'aies choisi comme mentor. Mais je crois sincèrement qu'un mentor a un besoin de transparence avec son élève, qui devient bien plus. Je ne veux pas et je ne saurai pas t'apprendre seulement à cogner. Ton mentor doit toujours être là, comme un second père. Tu dois pouvoir tout lui dire, lui parler de chaque chose qui te dérange, qui te porte en faux. Il ne doit pas y avoir de gêne, de méfiance ou de rancœur. Shiki, je ne veux pas que tu sacrifies cette expérience juste pour honorer tes mots. Si tu ne peux plus te fier à moi, si tu n'y arrives plus, je pense qu'il serait mieux pour toi de me laisser me détourner. »


    Ces mots lui coûtèrent cher, si cher que sa voix s'enrouait, résonnant comme des phrases machinales épelées par un robot sans vie. Bien sûr qu'il ne désirait pas le voir partir, bien sûr qu'il voulait rester à ses côtés, redevenir son plus fidèle allié et soutien. Mais il ne voulait pas que son Petit Prince grandisse contraint, avec une part de lui qu'il ne voudrait plus, mais qu'il n'oserait chasser. Et il devait le lui signifier, donner de l'espoir, lui montrer qu'il n'avait pas déposé les armes, mais que fidèle, il s'en remettait à son choix, parce qu'entre mentor et élève, il n'y avait pas de véritable maître. Les rôles, au gré du temps, changeaient.

    « Mais Petit Prince, quelque soit ton choix, sois sûr que je serai là, toujours, à tes côtés et à ceux des tiens. Sois sûr que je me battrai pour eux comme je le ferai pour toi ou pour les miens. Quelque soit ta décision, j'obéirai, en restant toujours cet allié fidèle que je veux être pour ton nom. Petit Prince ... »


    Mais ce qu'il avait à ajouter n'appartenait qu'à eux, et même les brumes ne méritaient de le savoir. Son regard sans fond brillait d'une étrange lueur, et déjà, Shiki pouvait être sûr que, quoi qu'il dise ou quoi qu'il fasse, il s'en remettrait à ses seuls mots.



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Mar 4 Mar - 7:29





    We are such stuff as dreams are made on, and our little life is rounded with a sleep.


    Le paysage était mouvant tout autour d’eux, trouble comme seules savaient l’être ces terres où la magie régnait en maître, à l’instar de celles où Shiki était né. Le jeune étalon se prit à songer à ses premiers souvenirs et autour d’eux se dessinèrent les hautes frondaisons, les troncs lisses et doux, droits comme des piquets, droits comme les chefs qui avaient dirigé les tribus du Nord, des pins de la Forêt des Cascade. Ce bel endroit où les torrents ruisselaient à défaut de rugir et où les plus hautes pinèdes du territoire étendaient leurs bras protecteurs sur toutes les créatures qui ne consommaient pas de viande.

    C’était un lieu magnifique, ombragé par mille petites aiguilles dont la danse créait sur le sol souple et plastique des ombres mouvantes aux chaudes couleurs d’été, dont l’humus accumulé depuis des siècles réchauffait les pieds et les corps, dont l’eau fraîche savait, mieux que toute autre, guérir les plaies les plus profondes. La magie courait dans chaque arbre, et elle courrait aussi dans les veines de ce petit être qui se tenait debout, tremblant et blotti contre sa mère. Shiki était d’une ancienne lignée dont le sang charriait la magie comme il aurait pu porter l’oxygène, et tous deux lui étaient vitaux.  

    Il est des rencontres qui colorent une existence. Ainsi avait été la première qu’avait vécu Shiki, ce contact avec un corps chaud et une odeur suave, mêlée aux senteurs âcres de divers fluides tandis qu’une langue réconfortante courait sur ses os frêles et ses épaules qui n’avaient pas encore leur puissance actuelle. Ainsi, il avait, comme tous les êtres chanceux de cette terre, connu la chaleur et la douceur d’Odyssée avant de découvrir, sous le vernis de la mère, la guerrière ardente et farouche. Comment oublierait-il cette nuit au cours de laquelle la jument s’était dressée contre un étalon qu’il voyait immense et flamboyant bien qu’il fût noir de jais, non pour l’honneur, non pour l’offense mais simplement pour le plaisir de combattre ? Le plaisir de donner et de recevoir, qu’il s’agisse de coups ou de caresses, la plus universelle des inclinations.
    La sensualité n’est jamais bien loin du combat. 

    Et lui, yeux brillants, cœur battant, avait senti dans le frémissement de ses muscles les prémices de cette rage qui le saisirait à chaque combat et qui, il le comprenait désormais, était autant sa couronne que son fardeau. Il avait compris qu’il ne ferait pas un pas sans que cette certitude lui revienne à l’esprit : il était Prince, il était Maudit bien qu’il ne porte pas la robe rouge de sa grand-mère ou de son aïeul Nathanaël. Il était et demeurait porteur et porté par la Malédiction de ses ancêtres.Il n’avait jamais oublié le guerrier noir.
    Il l’avait retrouvé.
    Pris pour lui. 

    Qui était l’égoïste, de ces deux étalons ? Qui donc avait sauvé l’autre, qui donc portait son compagnon à bout de bras et de forces ? Black Hole avait toujours été le loup dans la bergerie, le mouton noir aux yeux de beaucoup et parfois même de ses amis, et à ce titre la reconnaissance publique de Shiki avait pu constituer les prémices d’un sauvetage. Mais lui ? Le Prince avait besoin d’une présence, d’un maître, d’un guide et de cette relation si étrange qui n’est ni amitié ni amour, mais une forme d’interdépendance, celle du maître et de l’élève. Il avait besoin d’un mentor pour se construire, non pas pour apprendre à frapper – cela, Stelmaria aurait su le lui apprendre -, mais pour apprendre la vie dans les yeux d’un autre, pour apprendre les combats qui ne sont pas matériels et qu’on ne règle pas d’un coup de pied, apprendre la confiance et apprendre que la vie ne fait pas que des cadeaux, mais pas que des morts non plus. Une expérience, un être choisi par lui pour le guider, non pas dans ses traces mais bien sur son propre chemin, un soutien pour l’aider à construire, pavé par pavé, cette route que le futur chef arpenterait.
    Interdépendance.

     Et ses mots, ces mots qui avaient charmé la guerrière argentée et avaient failli la mener à faillir à son tour, ces mots tantôt suaves, tantôt amers et noirs, toujours pleins d’une expérience que Shiki ne pouvait parfois qu’imaginer, ses mots demeuraient importants. Leur résonnance, en bien ou en mal, était semblable à nulle autre et leur force les imprimait au fer rouge sur l’esprit du jeune étalon, indépendamment de leur vérité ou de celle qu’il leur trouverait après quelques années d’existence et d’errances. Quand le Maître parlait, l’Elève écoutait.

    Un être de passions…sans savoir précisément définir cette expression, Shiki en percevait la véracité et la puissance jusqu’au fond de lui. Il vivait par les émois, les transports et les combats, il vivait par le plaisir ou la douleur mais il avait besoin de cette agitation, de ce « tout-ou-rien » de ceux qui ne savent rien, sinon ce qu’ils valent et ce qu’ils veulent, au moins inconsciemment. Autant que de l’air, il avait besoin de passion.

    Et il ne pouvait aller contre elles qu’au prix de nombreuses difficultés, parfois insurmontables. Comme lorsqu’il s’agissait d’accorder sa confiance à celle et celui qui avaient failli trahir leur serment, et qui sait ? le trahir lui ! Car, si Odyssée était libre en ce qui concernait ses relations avec Aglow Star, Black Hole était le maître de Shiki et à ce titre, n’aurait probablement pas dû conter fleurette à la belle femelle. Que leurs sensualités respectives et réciproques leur aient fait perdre la tête et battre le cœur, voilà qui se comprenait aisément, mais pourquoi ces mots, pourquoi ce jeu à demi-mots avec celle qui était encore et toujours sacrée pour son fils ? 
    Les mots de Shiki étaient graves et s’égrenaient lentement, comme une sentence ou une prière, tandis qu’il répondait d’une voix basse : 

    « J’y ai pensé, j’y ai réfléchi. J’ai mille et une raisons de t’en vouloir, de te tenir rigueur de ce qui s’est passé, et j’ai mille et une raisons objectives, logiques, de ne plus vouloir t’accorder ni confiance ni affection.
    Mais, comme tu l’as dit, l’esprit ne suit pas le cœur…et le mien ne connaît pas ces raisons. Je ne sais pas si cela me contrarie ou non. Je pense que non…mais je manque encore de recul et seul l’avenir pourra me le dire, en tous cas, quoi qu’il en soit, c’est ainsi : j’aurais peut-être toutes les raisons de t’en vouloir et de ne plus te vouloir comme maître que j’irais contre. Parce que ce qui me pousse à te pardonner est plus fort que toutes les logiques du monde.
    Tu vaux davantage à mes yeux que ce tu as fait. » 


    Qui était l’élève et qui le maître ? Il était difficile pour un observateur extérieur de le deviner, en observant ces deux êtres face à face…Shiki avait bien grandi, sa robe gris fumée et pommelée couvrait des épaules puissantes ou les cicatrices de ses premières joutes séchaient déjà. Il avait dans le port de tête la fierté des jeunes arrogants qui croient que le monde leur est dû, et pourtant la prudence qui ne s’acquiert qu’au gré des déconvenues. Dans ses yeux gris, dans son attitude sûre et calme, une certitude plus profonde et qui le différenciait des poulains ou des jeunes mâles tapageurs. C’était une sérénité naissant dans bien des domaines, dans la conscience de sa force et de son origine, dans le regard des siens, dans les mots qu’il entendait et ceux qu’il rendait, dans les souvenirs qui commençaient à peupler son chemin de vie et dans la certitude qu’il y avait un être qui l’aimait, un, deux ou mille. De tous ceux là, il se sentait fort.

    Et si parfois il fallait que ce soit lui qui tende la main à Black Hole, si parfois il devenait le maître et si parfois la leçon de vie venait de lui, qu’il en soit ainsi ! Shiki s’en sentait la force et la volonté, quels que soient les obstacles.Nul désir de réciprocité, nulle envie de faire ses preuves dans cette simple constatation. Le jeune étalon croyait en son mentor, et il croyait en lui malgré les faits, malgré les actes, malgré tout. Il ne voulait pas l’aider, non, c’était autre chose : il l’aiderait. Une certitude plus qu’une volonté, celle que sa place était ici et avec lui, qu’ils avaient encore de la route à faire ensembles et que ce chemin, Shiki souhaitait le parcourir.
    Comme un an auparavant, à la Fête du printemps, si meurtrière, Shiki regarda son mentor dans les yeux, gravement.
    Comme un an plus tôt, il s’inclina avec le respect qu’on montre à un égal, un combattant reconnu comme valeureux et comme à l’an passé, son cœur battit plus fort quand il lui reposa la vieille question : 

    « Resteras-tu mon mentor, Black Hole ? »



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Dim 16 Mar - 13:13




    [justify]
    I run as fast as I can.


    Les mots qui s’en allaient de lui ne chantaient pas comme les Glaces frémissantes sous le sabot de leur roi, ils ne chantaient pas comme le vent plein d’odeurs dans les feuilles des arbres, ils ne chantaient pas comme l’oiseau annonce la venue du soleil. Les mots qui s’en allaient de lui chantaient comme aurait chanté la Céleste Trompette, comme auraient appelé les Tambours de Guerre. Ils ne dessinaient pas de longues étendues planes et douces où il aurait fait bon vivre, ils ne dessinaient pas de monts abrupts et tranchants, hors du temps et plein de rêves. Ils érigeaient un empire à feu et à sang, ils en dessinaient les frontières brouillonnes, en peignaient le sang et la mort, la brûlure des incendies assassins. Et comme s’ils ne voulaient jamais mourir, jamais s’arrêter, ses mots, continuellement, chantaient de cette façon guerrière, urgente, oppressante et suffocante presque. Ils chantaient la sempiternelle fuite dans laquelle il s’était lancé.

    Si le guerrier noir avait l’étoffe d’un grand combattant, il n’en demeurait pas moins un loup solitaire et cruel. Implacable dans sa réflexion, il avait été conçu comme une machine de guerre : on l’avait créé pour tuer. Il n’était pas – ou plus – le fruit béni de l’amour de deux êtres, ils lui avaient arraché, en quelques sortes, ce droit à l’existence. Ils avaient fait de lui un prédateur, intolérant aux sentiments, incorruptible dans son devoir. Mais la Création s’était échappée, allant jusqu’à se retourner contre celui qui lui avait donné le jour. Et tel un enfant, la machine était allée, seule, découvrir toutes ces choses dont elle avait été privée, maladroitement d’abord. Boiteux et malade, le loup s’était découvert, sortant de l’ombre de son monde, cherchant la lumière.

    Mais il avait échoué. Black Hole venait d’en prendre conscience, ses yeux brillants posés sur le jeune étalon. Jamais il ne pourrait changer, il était trop tard désormais. Maintes fois il avait essayé de tourner le dos à son passé, d’embrasser le présent et ceux qui faisaient partie de son cercle. Désespéré, il avait tenté de s’accrocher à eux, de fermer les yeux, de leur faire confiance, de s’abandonner à leur bon vouloir, mais l’on ne peut désapprendre à être un loup. Et malgré tout, malgré tous ses sacrifices, tous ses efforts et toutes ses tentatives, il en était arrivé là.
    Mais quel était son crime ? D’avoir posé ses yeux de loup sur le corps ondulant de la nymphe, de la muse d’acier ? Son crime était-il d’avoir failli dans son cœur et son corps ? Odyssée, cette nuit, l’avait ensorcelé. Elle avait été pour lui la lumière au-dessus de l’eau, celle qui indique au noyé vers où il doit aller, celle qui lui redonne espoir, qui lui rend l’envie de se battre. Habiles et mutins, ils s’étaient joués l’un de l’autre, dessinant un nouveau monde, écrivant une histoire qui ne devait appartenir qu’à eux. Cette soirée avait été chaude, et la moiteur avait trompé les sens. Son cœur s’était mis à battre plus fort dans son poitrail et son sang, trop pur encore, avait éveillé en lui son côté le plus animal, le plus prédateur. Il avait aimé presser ses tendres naseaux sur le corps frissonnant de la dame, il avait adoré sentir son dos se cambrer quand de sa masse il l’avait pressée. Un amour farouche, où les caresses frôlaient la violence, un jeu cruel et insidieux où, tour à tour, elle l’appelait et le faisait fuir. Un de ces jeux si forts qu’il avait allumé en lui un incendie.

    Il avait, en laissant reparaître ce côté prédateur, failli. En acceptant d’être lui, en arrêtant de se contenir et de se sermonner à marcher dans les rails, il avait blessé celui qu’il aimait comme il aurait pu aimer son fils de sang. Il regrettait d’avoir presque trahi le jeune Thar, mais il ne reniait les langoureuses caresses qui avaient ranimé son cœur, bien qu’elles ne fussent dues qu’à une chaleur assommante. Mais Shiki, pouvait-il comprendre cette dualité qui, encore, se manifestait en lui ? Hole, même s’il le voulait, ne pouvait renoncer à cette part de lui, à cette folie destructrice qui s’emparait de son corps dès que son cœur, agité, distillait en lui le sang que charriaient ses veines.

    « Je vaux mieux que ça, penses-tu ? Mais je suis ce que je fais, Shiki. Moi, je ne suis pas une de ces belles âmes qui tiennent de grands discours. C’est à travers mon corps que je vis, à travers mes luttes et mes danses. Je ne sais pas ce que je vaux, mais je ne parierai pas sur moi. Et je ne veux pas, Shiki, te dégoûter. Je ne veux pas que mes erreurs altèrent tes sentiments, qu’elles modifient ta façon de juger et de percevoir les autres. Le monde est déjà bien assez noir. »


    Mais de quel droit lui répondait-il ainsi ? Black Hole n’était rien, il n’avait aucun grade, il vivait en marge des clans, dans l’ombre la plus dense et la plus profonde. Comment osait-il, alors, lui répondre ainsi ? S’il ne faisait partie d’aucun clan, Hole était différent. Trop nombreuses étaient les fois où il n’avait parlé, où il n’avait exprimé clairement ce qu’il entrevoyait. Shiki était encore jeune, plein de vie et d’espoir : il n’avait besoin d’une sourde menace comme lui. Pourtant, l’étalon noir était partagé. S’il avait été un animal lâche, sans ambition et sans honneur, il se serait enfui, courant aussi vite qu’il lui aurait été permis de le faire pour oublier ces minutes sourdes pendant lesquelles sa raison se faisait violence. Devait-il s’effacer, et perdre la silhouette de celui qu’il avait décidé d’appeler le Petit Prince ?

    Apprivoise-moi.

    Apprivoise-moi, dis-moi que tout n’est pas perdu, pas encore. Dis-moi que, même quand il nous semble ne plus rien y avoir, un embryon d’espoir subsiste. Dis-moi que ma vie n’est pas vaine, que je n’aie pas tout raté, que j’ai vécu moi aussi. Dis-moi qu’un matin, le soleil ne s’est levé que pour moi, le temps qu’en un jour, je devienne grand. Dis-moi que le grand amour, c’est celui que j’ai connu dans mes jeunes années. Dis-moi que je ne suis pas qu’un monstre, qu’un loup assoiffé de sang. Dis-moi que je me trompe, que ce n’est pas moi que je vois quand je me penche au-dessus de l’eau. Dis-moi que je ne suis pas que ce prédateur en soiffe de sensations, ce prédateur insatiable. Dis-moi que ce n’est pas moi, que je suis autre et que je suis différent.

    Le visage de l’étalon noir se ferma soudain. Il n’avait pas le droit d’imposer une telle contrainte à un être si jeune, à un être qui, quand il était venu vers lui, avait cherché l’appui sûr d’un mentor. Et de nouveau, l’héritier des Thars se courba devant lui, prononçant et reproduisant mots pour mots, gestes par gestes, sa requête vibrante d’émotions. Le cœur de l’étalon se serra plus fort dans sa poitrine. Mais je saurai être, pour toi, fort.

    « Si malgré ce que je viens de te dire, tu me veux encore, tu me veux toujours, alors … »


    Cette fois, il se courba jusqu’au sol, son antérieur se déroulant devant lui, son col se refermant sur son avant-bras.

    « Je serai honoré, Prince des Glaces, d’être votre Mentor. »


    Apprivoise-moi, sans me dire toutes ces histoires, sans rompre à mes allures mutines, sans céder à mon ton enjôleur. Toutes ces belles paroles que j’aurais aimé pouvoir entendre ne sont en fait pour moi, et je me préfère loup que chien. Je me préfère danseur à moitié fou et à moitié fantôme, je me préfère guerrier flamboyant mais suicidaire ; je me préfère ombre que pantin.

    Apprivoise le démon, qu’il sache veiller sur celui qui aurait été le souverain de sa fille.[justify]



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Lun 14 Avr - 10:28





    Nous sommes ce que nous sommes, frère. - Fitz.


    Shiki sourit sans répondre, quand Black Hole se mit à lui parler de lui, à lui montrer, à lui démontrer ce que le jeune étalon savait déjà. Tout noble coeur qu'il fût, Black Hole restait un Shikaku, un de ces animaux qui savent et aiment se battre, qui peuvent tuer et charmer avec la même ardeur, la même constance. Tout en butte à cette part de lui-même qu'il pût être parfois, l'étalon noir restait ainsi. C'était, quelque part, sa nature et sa façon d'être, sa propre normalité qui allait de pair avec son incroyable talent au combat et la richesse inouïe de ses enseignements.
    Shiki n'avait pas besoin d'un héros.

    Il avait passé cet âge tendre auquel tous les poulains cherchent en leurs aînés masculins une projection d'eux-mêmes, forts et puissants, loyaux et nobles, beaux comme ils se rêvent beaux, nobles, loyaux, puissants et forts. Il avait dépassé cette période de la jeunesse où, tout persuadé qu'on est que le monde nous appartient, on juge tous les actes et les êtres avec l'oeil neuf et tranchant de son âge et où n'existent que les mauvais et les bons, sans aucune nuance dans cette dichotomie du jugement qui se découvre. Shiki ne cherchait plus un héros, ni un modèle à imiter. Il était ce qu'il était, lui aussi et lui aussi, il irait son chemin. Ce ne serait certainement pas le même que celui de Black Hole et sans doutes ne serait-il pas semé des mêmes embûches, mais ce serait un chemin comme un autre, avec ses moments de paix et ses passages accidentés. Et il le suivrait seul, qu'une ombre féminine partage ou non sa route.
    Il irait sa route tout seul, comme un adulte mature.

    Black Hole lui racontait un mythe et une histoire. Celui de cet être qui navigue entre lutte et complaisance, entre acceptation et déni, celui de l'être qui se bat contre lui-même, sans cesse et toujours, pour céder par éclairs à ce qu'il considère comme ses plus mauvais instincts. Shiki l'écoutait, le regardait, le suivait, et il apprenait. Apprenait que le monde n'est pas rose, et que les chevaux ne sont pas infaillibles, que les coeurs les plus beaux fléchissent et que le regard le plus vif recèle sa part de noirceur. Qu'y avait-il de mal à cela ? Shiki découvrait simplement qu'aimer les êtres n'est pas aimer leur image mais aimer et accepter ce qu'ils sont, jusqu'à leurs pires défauts, et apprivoisait la dichotomie, la dualité qui peut exister au sein d'une même créature. Loin des figures idéales de ses parents ou du spectre des Maudits, Black Hole lui montrait le monde et son essence, bien loin des contes et des expériences amicales.
    Tout blanc, tout noir, tout gris.

    L'étalon se permit un petit sourire :

    "Tes erreurs n'altèreront pas mes sentiments. Tout au plus les conforteront-elles. Je t'ai choisi, Black Hole, et la première fois que je t'ai choisi c'était parce que je me souvenais de toi à travers mes yeux d'enfant, quand tu avais affronté Mère au combat. Pour un peu, je t'aurais cru parfait, et puis j'ai découvert que tu es aussi faillible que n'importe qui, et moi y compris...je ne sais pas ce que tu vaux en soi. Je ne m'amuse pas à calculer la valeur des êtres, la seule chose que je sais, c'est que tu vaux à mes yeux. Tel que tu es. Certainement pas parfait, mais après-tout, qu'ai à en dire, moi qui suis des Maudits ?
    Je te choisis à nouveau comme mentor, et je sais que tu n'es pas parfait, que tu n'es pas le héros tout de blanc vêtu des légendes. Je ne te demanderai jamais de l'être, je n'attends pas cela de toi. Si c'est possible, je te choisis encore plus en connaissance de cause que la première fois.
    Je ne parie pas sur toi, je parie sur nous!"


    Il s'avança, à pas lents, un peu timide et allongea un coup de museau amical à son mentor, comme on donne l'accolade à un chevalier fraîchement adoubé :

    "Alors debout, Maître!"





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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Sam 19 Avr - 14:11




    Apprivoise-moi.


    J'aimerai me réveiller. Que cette inexorable chute s'arrête avant que je ne me brise sur les roches, et que je puisse ouvrir les yeux sur une lune rousse, que de nouveau, j'entende les loups hurler autour de moi, que ma robe se mêle à celle de cette divine chasseresse aux yeux trop pâles, que ses crocs se referment sur mon corps, qu'ils impriment de nouvelles marques. J'aimerai pouvoir me souvenir de ces heures comme si elles n'avaient été qu'un mauvais rêve. J'aimerai ... J'aimerai pouvoir me dire que je peux encore prétendre à aimer. Mais que puis-je adorer de plus ? Une fois de plus, j'ai fait table rase de mon passé, et tout ce que nous avions construit s'est écroulé en grand fracas. Je n'ai plus rien, rien sinon toi, Petit Prince, et l'ombre fugace d'un fils encore, accompagnée peut-être de celle d'une dame qui ne saurait pourtant me suivre dans mes royaumes. Mes espoirs, sont-ils tous vains désormais ? Ou allez-vous vous lever pour conquérir ces rêves passés ?

    Cette étrange journée était pour lui comme un de ces jours où tout semble trop lourd à porter, un de ces jours où les fardeaux du passé nous écrasent, nous étouffent. Pourtant, il s'en relèverait et, de nouveau, il voguerait sur ces mers qui n'apparaissaient qu'à lui, l'invitant et l'appelant à chaque instant, lui qui n'avait plus rien, sinon ce prince de sang. Humble dans ses attitudes, le puissant étalon était resté au sol, comme blessé, se soumettant encore et sans relâche à cette autorité en laquelle sa tendre fille avait bien voulu croire. Si leurs échanges avaient été rares, ils avaient toujours eu cette qualité, cette hauteur qui semblaient parfois n'appartenir qu'à eux, eux qui savaient et voyaient le monde changer, toujours en mouvement. Les mots de Bliss avaient été forts et doux, évoquant ce jeune étalon au cœur valeureux, racontant ces vastes rêves de frontières et de danses. Et de nouveau, la jeune jument au profil mâle et prédateur se dessinait à ses côtés, droite sur ses aplombs et altière dans son port de tête. Ses grands yeux noirs brillaient de cette étrange lumière qui avait en fait était une urgence, celle de vivre sans plus de souffrance encore. Et qu'il avait été mauvais, lui qui n'avait jamais su aimer sinon par la violence et le goût amer des regrets. Même pour sa propre fille, il n'avait su trouver les mots justes, il n'avait su être là pour l'épauler dans ses choix, pour lui dire déjà que le monde n'était qu'un vaste théâtre et c'était seule qu'elle l'avait découvert et pantin qu'elle l'avait éprouvé. Oh, que sa tendre Bliss restait belle, ainsi immortelle dans ces souvenirs heureux. Elle semblait si légère, si sereine et paisible, encline peut-être à sourire, alors qu'elle les regardait, ses lèvres noires tremblant légèrement. Voulait-elle parler, leur dire ce qu'elle n'avait eu le temps d'exprimer ?

    Et parle, fille, je t'en conjure. Parle même pour me maudire et me redire encore mes erreurs, mais ne pars plus. Reste encore à mes côtés, et montre moi le monde comme tu le vois de tes yeux d'enfant. Je donnerai tant pour te retrouver toute jeune pouliche encore, et pour t'élever chaque heure et chaque jour. Je donnerai tant pour réparer mes funestes erreurs ...

    Mais les jouets, désormais, étaient cassés, et seulement par plaisir, les dieux l'avaient tuée. De nouveau, Hole en voulait à la terre entière, et il semblait prêt à en découdre, encore. Que le monde brûle et gémisse d'horribles souffrances : cette fois, il saurait s'en moquer et s'en distraire. La lumière n'était pas et n'avait jamais été pour lui. L'ombre seule était sa maison, son refuge, son terrier quand, loup blessé et trahi, il se retrouvait agonisant, à demi-mort déjà.

    Son œil, farouche, s'ouvrit sur ce jeune étalon à la robe grise et noire. Et que les mots de son Prince lui furent bons et chers, qu'ils le guérirent de ses plaies ! A son touché, il frissonna, accordant au jeune animal la valeur qu'il représentait en son cœur, alors que doucement, il se redressait enfin.

    « Et votre pari, mon Prince, sera le mien, soyez en sûr. »


    Le col roué et ses crins noirs l'enveloppant, Hole semblait plein de panache ce soir, comme si toute cette douleur et cette tristesse qui avaient transparu dans ses mots venaient de s'éclipser. Il s'éleva alors, se cabrant avec audace et fureur, poussant un de ces cris déchirant, un de ces appels si vibrant qu'ils ne s'adressaient plus qu'aux forces invisibles.

    Défi, menace, remerciement ou avènement ? Il aurait été difficile de s'avancer sur ce qu'il venait de confier aux cieux, mais quand son regard se posa sur Shiki, il ne faisait nul doute que cette prière qui ne lui serait à jamais exclusive était pour lui, pour ce prince.

    Petit Prince, c'est ici que nos chemins se retrouvent, qu'ils se croisent et s'embrassent à nouveau. Petit Prince, apprivoise-moi pour que tu ne sois plus qu'un prince parmi tant d'autres pour moi, mais pour que tu restes ce Petit Prince qu'un jour j'aurai croisé.



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Ven 25 Avr - 8:28






    S'éveiller n'est jamais qu'ouvrir les yeux sur un autre rêve.


    Réveillons-nous!
    Shiki demeurait immobile face à l'étalon qui courbait l'échine devant lui, les naseaux frôlant le sol dont nulle poussière ne s'élevait. Le silence de la nuit, tombée sur eux dans le secret de ces terres magiques, drapait d'un voile opaque leur conversation et la scène s'étirait dans un temps qui leur était propre, iréelle. Ils étaient là, face à face, sans que nul ne réagisse ni ne s'agite, statufiés, avec à leurs côtés comme une ombre, une ondulation lumineuse, une silhouette silencieuse et survivante du passé. C'étaient les traits de Bliss, le sourire de Bliss et son regard carnassier, prêt à dévorer la vie, qui avaient conquis Shiki lors de son long mais trop bref échange avec la jeune Shikaku, princesse parmi les princesses. Je serai toujours là, lui avait-elle dit et répété, promis en des termes non équivoques. Elle était là.

    Elle était partout. Son ombre s'étendait sur lui où qu'il aille, toujours là, toujours présente, elle était dans les gestes fluides et entraînés de Black Hole, elle était dans le regard hanté de l'étalon noir, elle était dans l'esprit de Shiki et revivait à chacune de ses visites sur la plage où ils avaient conversé. Elle appartenait au paysage et se matérialisait ici, sur cette terre où revivaient les disparus, immatérielle et plus belle que jamais, à l'instar de ces lumières du Grand Nord que Shiki avait appris à aimer. Comme une aurore boréale, Bliss était sublime, magique, immatérielle et inaccessible, mais son ombre et ses clartés s'étendraient toujours sur le paysage de Shiki tout comme ses mots perdureraient au fil de son règne. Son ombre était là, entre le Maître et l'Elève, le Prince et le Danseur.

    Shiki sentit que ses mots avaient mis du baume au coeur de Black Hole, s'ils n'étaient pas ceux dont avait pu rêver l'étalon noir, tout entier à sa perte et à l'absence de sa fille. Le jeune étalon gris n'en demandait pas plus, pas plus que d'être là et de pouvoir, à son niveau, aider celui qui l'aidait à ouvrir ses ailes et à prendre son envol. Un vol d'aigle, pour un ciel immense qui s'ouvrait à lui...il prenait le pari, il gageait que Hole serait son Maître et, comme Pascal, il savait qu'il serait toujours gagnant.

    Un frottement de soie fit sursauter le jeune mâle, qui baissa les yeux sur une silhouette ondulante et rouge dans le calme de la nuit, qui se mouvait en silence et frôlait la jambe gantée de noir du Prince. Shiki, étonné par l'irruption de cette belle inconnue, pointa les oreilles en avant alors qu'elle, féline et sublime, se retournait d'un mouvement souple et calculé. Des prunelles dorées croisèrent et se rivèrent dans d'autres, plus sombres et moins colorées, avant que la tigresse ne recule pour aller se frotter à la jambe de Black Hole qu'elle connaissait de nom ainsi que de vue. Un ronronnement sourd s'éleva dans l'air tandis que la jeune créature, qui mêlait à la grâce des chasseresses les allures pataudes de l'enfance, s'étirait lascivement et, campée du haut de ses six mois, s'adressait à la cantonade.

    "Je chassais non loin et votre odeur m'a alertée. Nous nous connaissons, je crois, sinon de près du moins de vue. Black Hole, Shiki...
    - un clignement d'yeux paresseux accompagna un sourire sibyllin - je suis Vipérine, fille de Snow et de Tueuse Amor.
    Suis-je malvenue ? "

    Griffes d'acier dans un gant de velours.

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Dim 27 Avr - 9:37




    & quand le monde se débat, c'est avec bonheur que je vois que certaines choses ne changeront pas.

    Combien de temps encore la ténébreuse enfant hanterait-elle les esprits de son père ? Qu'importait l'endroit où il posait les yeux : il ne voyait qu'elle, partout et toujours, elle et son sourire cruel, elle et ses yeux qui vous jugeaient avec colère. Et partout où il allait désormais, elle l'accompagnait, alerte et dansante sur ses membres qui n'avaient jamais été si légers et délicats. Et que de mal dans son cœur de père bafoué quand il la voyait fuir alors qu'il s'approchait doucement, avec toutes les passions du monde dans le fond de son regard. Qu'elle lui manquait, cette enfant terrible à la démarche si sûre et mâle ! Jamais plus le soleil ne se lèverait sur eux, et jamais il n'aurait l'occasion de lui montrer la Zone en la désignant d'un geste vague tout en lui disant que ce territoire était le leur, qu'il était cette fameuse terre que leur sang trop pur avait un jour réclamait.

    Mais comme folle encore son enfant dansait dans les voiles sombres de la nuit, il sentit sur sa jambe la caresse indubitablement féline d'une de ces fourrures qui ne demandait qu'à se densifier pour n'en devenir que plus somptueuse et jalousée. D'un seul mouvement, il détourna ses yeux du Prince pour les poser sur elle, cette jeune tigresse à la voix ronronnante presque. Oh, comme elle cachait bien son jeu ! Vipérine semblait douce et naïve encore, mais elle n'en demeurait pas moins un fauve qui apprenait à chasser des êtres comme eux. Pourtant, le sourire qui s'était glissé sur le visage de l'étalon n'en était pas moins chaleureux et bienveillant. Vipérine, la fille de Snow et de la tigresse aux yeux pâles ... C'était presque rêveur qu'il pensait à sa partenaire de luttes et de courses. Que devenait-elle ? Comment se débrouillait-elle de ses deux petits diables ?

    « Vipérine ! Bien sûr que non, tu n'es pas malvenue. Nous t'attendions presque ... »

    Les derniers mots de l'étalon avaient été caverneux, comme si son esprit cavalait en solitaire dans des eaux qui étaient pour ses cadets inaccessibles. Rapidement pourtant, le guerrier noir jeta un regard entendu à Shiki, comme pour lui dire que leur conversation prenait ici fin, alors que la nuit prenait un nouveau sens, s'ouvrant sur cette jeune âme en soiffe de tout encore.

    Mais je ne fuis pas, Petit Prince. J'ai entendu et compris toutes ces choses que nous nous sommes dites, et je saurai honorer mes promesses, qu'il m'en coûte tout ce qu'il me reste.

    Mais déjà, son attention se reportait sur elle, petite princesse à la robe de flamme et aux yeux dorés. Que faisait-elle seule ici ? Il était tard, et frêle encore, Vipérine n'était rien d'autre qu'une proie facile et vulnérable. Ses parents, étaient-ils tapis dans l'ombre, à guetter l'invisible ? Son instinct ne l'avait jamais trompé jusque là, et il aurait juré que la puissante tigresse qui s'était liée à lui n'était pas de la partie. Snow ? Le vent ne lui portait aucune odeur, ses alarmes demeuraient éteintes ... L'avaient-ils laissée s'échapper, certains qu'elle viendrait vers eux et qu'ils sauraient donc la protéger ? S'était-elle simplement soustraire à leur vigilance ?

    « Mach ne te suit pas dans tes escapades nocturnes ? »

    Il eut un sourire presque paternel, alors que tendrement, il la poussait délicatement de son nez chaud. Elle deviendrait, à n'en pas douter, aussi majestueuse que ses parents, et sa robe de feu ne passerait pas inaperçue au sein de cette pâle communauté qu'était la sienne.



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Jeu 5 Juin - 6:04






    Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années.


    Vipérine ferma les yeux avec un ronronnement tandis que le nez de l'étalon, pour l'heure plus puissant qu'elle, la renversait à demi. De par sa mère et son lien avec le Shikaku, la jeune tigresse connaissait bien Black Hole et n'éprouvait nulle crainte face à cette créature encore immense à ses yeux de petit animal. Immense, plus pour longtemps ! Vipérine était à cet âge où les jeunes animaux se dégourdissent, prennent du muscle et de l'assurance, sautent de roche en roche et au fil des chutes cessent d'en tomber. Elle grandissait, héritière du squelette solide de son père et de la grâce de sa mère, sa fourrure pâle s'assombrissait vers des teintes de soleil couchant et le mystère que renfermaient ses yeux clairs se faisait plus profond et plus félin chaque jour. Elle poussait comme une jeune plante et bientôt, très bientôt viendrait le jour où les proies qu'elle chasserait ne seraient plus apportées affaiblies par ses parents. Bientôt, elle serait prédatrice et non plus proie.

    Maligne et mutine, la petite tigresse se dressa sur ses pattes de derrière pour, taquine comme tous ceux de sa race et de son âge, décocher une petite tape sur le délicat museau noir, la portion la plus douce du rude étalon :

    "Parfois, il me suit, et parfois, il me perd...c'est qu'une robe comme la sienne se repère ! Mère est partie chasser et Père veille sur nous, mais de loin ; il est d'avis que sur des terres sans prédateurs comme celle-ci, nous pouvons faire nos propres expériences. Je crois que Mach est avec lui, ils ne doivent pas être très loin."

    D'un bout de patte, Vipérine fronça pensivement une moustache avant de reprendre, son regard doré plus sombre et sérieux :

    "Quand cesserons-nous d'être des proies pour devenir des prédateurs ? Nous ne
    sommes pas nés pour cela, nous sommes nés pour nous battre, et surtout pour gagner. Même un cerf peut me défaire, c'est rageant...quand serons-nous des chasseurs? Toi-même, Grand Frère Noir, as-tu déjà été une proie ?"

    Shiki tourna ses yeux gris vers la petite tigresse et, prudent, tendit le cou pour flairer la fourrure ébouriffée et déjà plus sage que celle des nouveaux-nés. D'un hennissement vibrant et bas de gorge, il salua Vipérine qui se retourna vers lui et, joueuse, lui décocha à lui aussi une petite baffe sur le nez. Surpris, l'étalon recula d'un seul bond et des quatre fers, renâclant, perturbé par la vivacité de ce petit félin tel qu'il n'en avait jamais rencontré, lui qui connaissait Tharaman, Snow et les jeunes léopards des neiges.
    Puis, étonné, il lança :

    "J'ignorais que Snow eût une fille !
    - puis, s'adressant à Hole - Tueuse Amor et lui forment donc un couple ? "

    Quoi de plus acéré qu'un petit chat ?

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Jeu 26 Juin - 5:29




    Ce matin, c'est le tien.

    Quand Hole posait sur elle et sa fourrure claire encore ses yeux, il n'avait plus rien d'un guerrier ou d'un Shikaku. Il redevenait cet animal étonné et heureux, béat peut-être de cette vie si innocente encore mais qui n'aspirait déjà qu'aux joies des longues traques. Vipérine serait, à n'en pas douter, une des plus grandes chasseuses de son espèce. C'était comme écrit en elle, au plus profond de son essence ou de son ADN. Mutine et joueuse, rebelle et franche aussi, elle frappa de sa patte délicate et douce son nez. Le grand noir ronfla des naseaux, laissant cet air chaud ébouriffer son poil alors qu'il s'ébrouait, amusé. Vipérine était presque exubérante, et elle n'hésitait pas à montrer ses humeurs. Mach, lui, était plus réservé, plus sombre peut-être. Mais comme sa sœur, il savait se montrer jovial et impatient, un véritable fauve qui attendait de pouvoir révéler sa force au grand jour. Mais Snow et Amor pouvaient être fiers : leurs petits étaient tout simplement magnifiques.

    « Ne t'impatiente pas, Vipérine. Cette heure arrivera bien plus tôt que tu ne peux l'imaginer ! Si j'ai déjà été proie, je crains de le redevenir rapidement : as-tu déjà trouvé ta prochaine victime ? Tu vas devoir t'entraîner, et quoi de mieux qu'un vieux cheval comme moi ? »

    Le sourire du puissant mâle était des plus sincères. Pour lui, il était normal de se proposer, de jouer à la proie : après tout, Vipérine et Mach étaient les enfants de sa daemon, et pour eux, il aurait tenté le diable. Des jumeaux, des faux-jumeaux, à l'instar peut-être de Thief et de Bliss. Son cœur se serra dans son poitrail. Il était persuadé que sa fille aurait adoré le caractère de la jeune femelle. Thief se serait sans doute senti plus proche de Mach. Mais tous les quatre, s'ils avaient été encore debout, auraient formé une véritable famille.

    « Ta maman ne t'a jamais raconté que si nous nous étions rencontrés, c'était parce qu'elle me chassait ? »

    Hole n'était plus jeune. Il avait désormais des histoires à raconter, des jeunes à surveiller. Ainsi, le portail se refermait sans un bruit, en un éclair, vraiment ? L'on le lui avait dit, mais têtu et vigoureux, il avait prôné que lui saurait, fort de cette connaissance. Mais tu n'as rien vu, Hole, et te voilà à l'automne de tes années. Le bon de surprise de Shiki le fit pourtant revenir à lui et c'est amusé qu'il le considéra. Shiki régnait déjà plus qu'en héritier : c'était lui qui avait mené les siens lors de la dernière bataille. Prenait-il déjà son matin ? Et humble et noble -peut-être- Hole se retirerait. Il le ferait, oui, mais seulement quand il serait sûr des siens, sûr qu'ils se débrouilleraient, et sûr aussi des Shikaku, de leur armée.

    « Ils restent des tigres, des tigres blancs : solitaires et cruels. Mais Snow est resté très proche de sa famille, il veille sur ses petits. Je crois qu'ils s'entendent plutôt bien et que ces perpétuels jeux de séduction leur vont. Mais de là à dire qu'ils forment un couple ... tu sais comme ils peuvent être fiers et défiants ! »

    L'étalon souriait encore, émerveillé par cette petite chasseuse en soiffe d'aventures. Sous bien des égards, il semblait agir comme un grand-père presque : les enfants de Snow et d'Amor auraient sur lui les pleins pouvoirs !



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Sam 5 Juil - 11:22







    Au matin de la vie, le monde est rayonnant.


    Rieuse, Vipérine se coula contre Black Hole et, se dressant sur ses pattes de derrière, enserra l'antérieur gauche du grand étalon dans ses membres antérieurs puissants, aux griffes rentrées. Pour jouer, elle serra et fit mine de mordiller le sommet de la jambe du Shikaku puis, comme changeant d'avis, le lécha lentement avec cet air gourmand qui appartient aux félins. Ainsi debout, la petite bête arrivait déjà presque à la hauteur du coude de l'étalon noir quand, adulte, elle saurait frapper une épaule ou un garrot en se dressant sur ses postérieurs.
    Mais ici, Vipérine ne chassait pas, Vipérine jouait à chasser et testait son pouvoir tout neuf sur le pelage luisant de cet étalon si fou d'elle qu'il en deviendrait presque gâteux. Rieuse, elle pinça un tout petit peu, oh! presque rien, du bout des crocs, la peau offerte et bondit de côté, arquant le dos et redressant la queue, sautant en crabe et hérissant la crête de son dos comme un petit chat effrayé.
    Puis, revenant, après un zigzag entre les longues jambes qui en avaient parcouru, du chemin, Vipérine se coula sensuellement entre les genoux de Black Hole et ronronna à l'attention de l'étalon :

    "Non, tu ne m'as pas raconté ! Elle te chassait, et ? Elle t'a attrapée ? Vous vous êtes battus et vous êtes devenus amis comme ça ? Snow m'a raconté que son ami le cheval, Black, est devenu ainsi ami avec une autre jument, une jument tout de rouge vêtue. Comme moi, un peu !
    Je ferais peut-être mieux de croquer le petit jeune, avant de tenter le vieux singe...l'un est inexpérimenté, l'autre ne l'est pas tant. Et puis, je ne suis pas sûre que tu aies très bon goût. Tu dois être coriace, tout dur, tout sec comme le sont les animaux qui courent. Je préfèrerais une biche, ou mieux, un jeune faon ! Bien gras et tendre...
    Ou bien, papa nous a ramené une autre viande il y a quelques jours, et il nous a dit de deviner ce que c'était. C'était épais, très rouge mais en même temps entrelardé de graisse et entouré en plus de cela d'une gaine d'un gras épais, goûteux et dense. L'odeur ne ressemblait à rien de connu !
    Nous avons insisté, mais il n'a pas voulu nous dire ce que c'était et ça l'amusait beaucoup de nous voir chercher...il a promis qu'un jour il me montrerait comment chasser pareil animale, et a ajouté que c'était une bête qu'on ne pouvait tuer seul. J'espère que ce n'était pas du cheval ?"


    Shiki ne put y tenir :

    "A mon avis, c'était de l'orque. Snow est ami avec les léopards géants d'Hymlya et ces derniers ont coutume de chasser les orques pour se nourrir...je les ai accompagnés, une fois. C'est une tradition pour les futurs Thars."


    A ce souvenir, le jeune étalon fronça le nez, comme si l'odeur du sang et de la viande chaude était encore dans ses naseaux, agressant ses cornets nasaux si sensibles. Et le goût du sang...les léopards géants avaient insisté pour qu'il avale un infime morceau, moins qu'un grain de poussière, de leur pitance et le goût en avait fait frémir Shiki, herbivore qu'il était. Néanmoins, c'était là un rite et une coutume fondatrice de l'alliance entre Thars et Léopards et, en tant que futur chef, il savait devoir y sacrifier.
    Vipérine écarquilla de grands yeux :

    "Comment tu sais ça, toi ? Holy
    - elle aimait à surnommer les siens et c'était ainsi qu'elle avait baptisé Hole -, comment ça se fait que ce petit bout de cheval sache un truc pareil et connaisse papa ?"

    Shiki, vexé de s'entendre désigner comme le "petit bout de cheval", coucha les oreilles un instant avant de se souvenir que les félins ont en commun avec les poulains leur irrévérencieuse insouciance et leur manque complet de tact, ainsi qu'un grand fond d'arrogance. Arrogance peut-être naturelle d'ailleurs, de la part d'un jeune animal auquel le monde appartient - du moins le croit-il - et qui, en sus, est appelé à chasser et vivre de la chair d'autres animaux.
    Il y a de quoi se sentir tout-puissant.
    C'est pourquoi le jeune étalon, revenu de son moment d'agacement, préféra souhaiter en son for intérieur à Vipérine de ne jamais perdre cette insouciance. Car pour ceux qui croient que le monde est à eux, la chute est rude et ô combien douloureuse...

    On passe sa vie à bâtir le piédestal duquel on veut chuter.

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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Ven 26 Sep - 3:28




    Ils étaient tous les fils déshérités d'Icare.

    Le puissant mâle s’amusait de voir Vipérine s’en prendre à son antérieur et si pour lui donner le ton il avait couché ses oreilles sur son crâne, ses yeux la couvaient d’amour et d’attention. Malgré son tout jeune âge, la petite femelle dont la démarche était déjà souple et féline ne manquait pas d’assurance. Lascive quand elle passait entre ses membres, sa fourrure de feu glissait contre sa peau, lui rappelant la tigresse blanche, ses jeux qui se situaient toujours entre combat et danse. Hole avait l’impression qu’ils avaient à peine vieilli, que leur rencontre ne datait que d’hier et qu’ils avaient encore toute la vie devant eux. Il avait aimé se dire que les jeux de séduction ne finirait pas, que les combats resteraient toujours aussi virulents, que longtemps encore ils courraient côte à côte, la fourrure d’argent se mêlant aux poils noirs. Pourtant, il était obligé de constater que la relève était déjà là, débordante d’énergie et prête à croquer la vie. Il en souriait, regardant la fille de sa plus fidèle amie. Bientôt, Vipérine rencontrerait à son tour un équidé avec lequel elle se lierait, peut-être. Et ensemble, ils joueraient aux jeux qui avaient uni Hole et sa tigresse. Nulle crainte, nul doute ni rien de négatif en lui : c’était là ce qu’ils appelaient le cycle de la vie. De plus, avec des parents comme les siens, il ne faisait nul doute que Vipérine et Mach seraient armés pour les plus rudes épreuves. A jamais, ils porteraient en eux le sang de leurs pères, assurant aux tigres une descendance, une présence en ces terres qui le rendaient parfois humble, lui ce vieux randonneur.

    Lui raconter leur rencontre ? Dans sa jeunesse, les seuls liens qu’il avait su tisser étaient nés de coups, de morsures, de cris, de sang, de cicatrices … C’était dans le chaos qu’il apprenait ses alliés, c’était ceux qui ne s’écroulaient pas qu’il choisissait. Pourtant, on l’avait considéré comme un éternel solitaire. Il courait le monde comme il avait couru les brumes, ne se retournant jamais. Du moins, c’est ce qu’il avait fait au cours de son orageuse jeunesse. Il avait appris, malgré son caractère extrême et malgré sa voracité de jeune étalon fringuant, que ponctuellement, une rencontre, un être, pouvait contribuer à le rendre meilleur. Tueuse Amor avait été une de ces rencontres, un de ces êtres. S’il avait d’abord voulu prendre sur elle le dessus, il avait été contraint de reconnaître que ses griffes et ses crocs représentaient une réelle menace pour lui. La peau déchirée, il avait changé de stratégie et à force de regards, de silences et de magie, ils s’étaient apprivoisés, reconnaissant en l’autre un allié, un égal, un alter ego. La tigresse, l’avait-elle rendu meilleur ? Aujourd’hui, il en était persuadé.

    « Oui, c’est comme cela que ta mère et moi, nous sommes devenus amis. D’ailleurs, je lui dois bon nombre des petites cicatrices qui courent sur mon corps aujourd’hui. La jument rouge dont t’a parlée ton père n’est autre que la grand-mère de Shiki. Qui sait, peut-être que tu seras une aussi bonne combattante qu’elle, puisque tu portes ses couleurs ?
    C’est une bonne idée : il sera plus tendre que moi ! Quand vous serez plus vieux, toi et ton frère, je vous emmènerai chasser. Je vous montrerai les endroits qu’il faut connaître et je vous apprendrai la terre des Shikakus. Ainsi, vous ferez partie des rares à pouvoir se targuer d’en connaître les secrets. »

    Vieux singe qu’il était, il laissa son cadet reprendre le relai. Si le fils de la Dame d’Acier était encore jeune, il parlait déjà comme un chef réfléchi. Les mots chantaient dans sa bouche et selon les souvenirs qui s’éveillaient en lui, tout un chacun pouvait entendre l’intensité des expériences qu’il avait vécues, jeune Thar qu’il était. Quel était cet étrange monde dans lequel les tigres couraient avec les léopards, traquant d’immenses baleines qui savaient être féroces ? Quel était cet étrange monde dans lequel les proies apprenaient aux prédateurs à chasser ? Ce monde, c’était le leur, c’était le sien. Depuis qu’il était arrivé, il n’avait cessé de se faire surprendre par les singularités de ces terres. Il avait ouvert son cœur à une beauté toute relative, il avait appris à aimer une terre qui pourtant n’était pas la sienne mais plus que tout, il avait appris l’apaisante magie qui semblait courir ici. Toute douleur semblait pouvoir s’estomper, à force de temps. Pourtant, les rancœurs du passé étaient tenaces et même si parfois elles se faisaient moribondes, elles existaient. Un monde de contradiction mais tellement attachant que ses bizarreries en devenaient pardonnables, appréciables.

    « Plus tard, tu apprendras à te prosterner devant lui, Vipérine. Ces terres, avant d’être ton terrain de jeux, sont celles de nos ancêtres. Parfois, il arrive que dans l’Histoire un nom soit appelé à régner et, s’il est aussi juste que puissant, aussi craint que respecté, ses descendants deviennent des héritiers et les autres attendent d’eux un pareil pouvoir, un pareil règne. Shiki est l’enfant d’une de ces légendes : il est né pour régner et son territoire s’étend du Col du Fou au Désert Blanc. Ce ‘petit bout de cheval‘ est bien plus qu’un chef. Il est un Prince qui n’aspire qu’à devenir Roi, Vipérine. Et comme tout empereur qui se respecte, il se doit d’apprendre les peuples qui vivent en ces terres. Les léopards sont de ceux-là. Les orques, eux, en sont les proies. »

    Mais ils avaient tous pensé, un jour, que le monde était leur. La chute était inévitable mais elle avait ce rôle sélectif de désigner ceux qui vivraient, ceux qui mourraient. Celui qui s’en remettait pourrait repartir, l’autre devenait fou et finalement, il succombait de ses lubies et de ses rêves contrariés. Hole avait pensé le monde sien. Ou plutôt, il l’avait pensé appartenant à son mentor. Avait-il feinté le sort ?



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MessageSujet: Re: ☢ I see Ghost Gunfighters. | PV.   Jeu 16 Oct - 7:02




Jeunesse. On lui promet les ailes de la liberté tout en se faisant violence pour refermer la cage.


Si jamais bête put comprendre l'incroyable ardeur de la rencontre entre Black Hole et Tueuse Amor, le charme qu'il y avait à combattre pour se connaître, s'apprécier et soudain ressentir la curiosité qui font les grands amours et les belles histoires, si jamais bête fut capable d'embrasser en un tour d'esprit toute la complexité de ces relations bâties sur le feu, cette bête fut un tigre. Vipérine, à peine sortie du cocon familial, ressentait déjà avec force cette certitude immense de sa race : elle irait son chemin seule dans un monde inhospitalier, ne comptant que sur elle, et le monde, tout hostile qu'il fut, serait sien tout entier. La route avait beau être longue, elle n'en demeurait pas moins combat et si les siens naissaient équipés de griffes, ce n'était pas un hasard. Les tigres et tous les félins se présentaient en feulant, et les coups de patte avaient toujours mieux fait que les mots pour connaître son adversaire. Les amours naissaient entre deux grognements et les couples se défaisaient quand la rage leur manquait. La vie était combat, solitaire et enivrant, et elle serait le feu de la bataille et des jeux de pouvoir ou de séduction comme l'avait été sa mère. Entière, intègre et battante. Les tigres n'ont que faire de politiques policées quand leurs griffes tranchent jusqu'aux plus infimes artifices.

Vipérine se coula, lascive, entre les antérieurs de Black Hole. Si son pas n'avait pas encore la grâce brûlante de sa mère, la petite apprenait vite et déjà ses mouvements acquéraient la certitude et la précision des félins, dont les nerfs sont mille fois plus rapides que ceux des pauvres humains et herbivores. Toute en nerfs, toute en fourrure et en regards mutins, elle apprenait sa force et jouait de son charme naissant pour construire, grondement après feulement, son identité et son futur de chasseresse.
Si totale était sa confiance envers le vieux Shikaku qu'elle se coula sur le dos entre ses sabots, levant les pattes avant pour appliquer, doigts écartés et griffes affleurant, provocatrice, ses larges coussinets plantaires sur les genoux antérieurs d'un noir constellé de cicatrices. Elle s'y appuyait, légère comme une caresse de papillon, juste assez pour percevoir les moindres mouvements et les moindres frémissements de la robe de soie, incroyablement plus fine que la sienne, et les sursauts des tendons dont même le cerveau n'avait pas conscience tant le mouvement était réflexe. Là, elle renversa la tête en arrière et, allongée dans son opulente fourrure rouge, la petite tigresse riva ses yeux sur ceux de Shiki tout en répondant au maître, incarnation vivante du lien tangible entre ces deux êtres.

"Les tigres n'ont pas de roi, petit chef. Mes parents me l'ont montré sans jamais me le dire, mais j'ai compris...mais ils savent le respect que l'on doit aux meilleurs des chefs. ce que Holy dit de toi, je le crois, je sais que son jugement est des plus sûrs.
Apprendrai-je à chasser l'orque ? Je visiterais volontiers tes terres, ombre parmi les ombres...on vous dit violent, alors, une fourrure rousse, cela passera bien inaperçu dans les labyrinthes de sang qui doivent couvrir votre neige, non ? Tu verras...ne sois pas surpris si un jour, une sentinelle te dit avoir vu un éclair roux plus fugace qu'une hermine des neiges se glisser au coin de sa conscience.
J'apprendrais volontiers tes terres et puis après, qui sait ? J'apprendrai peut-être à me prosterner devant leur chef !"


Secouant la tête avec le sourire retrouvé, Shiki corrigea d'une voix paisible la bavarde petite créature qui le toisait ainsi, à la retourne, ses yeux rivés sur lui avec leurs pupilles réduites à une délicate ogive.

"Je ne suis chef que d'un Clan et d'autres êtres. Mais jamais je ne dominerai des terres...c'est moi qui leur appartient, au contraire."


Souriant au Petit Prince, Vipérine ne bougea pas son corps mais sa fourrure frémit au niveau des épaules et, paresseusement, les griffes jaillirent de leur écrin de velours pour chatouiller les membres gainés de soie de son grand-père d'adoption et de coeur. Elle appuyait, oh ! à peine, juste pour Black Hole de quoi sentir le tiraillement délicat d'une pointe acérée qui pourrait se faire meurtrière si l'envie lui en prenait, l'affectueuse caresse, toujours piquante et provocatrice, d'un tigre satisfait. Entre les sabots, ses côtes vibraient au rythme d'un profond ronronnement de plaisir, tandis qu'elle demeurait là, en parfaite confiance et sans aucune espèce de méfiance, sinon la simple vigilance naturelle des prédateurs et des solitaires.
Ses iris pétillèrent tandis qu'elle s'adressait au Shikaku sans quitter Shiki des yeux.

"Tu nous emmèneras chasser, Holy ? Tu nous apprendra ? Qu'est ce que tu sais chasser ?
Je veux voir les endroits à connaître...je veux tout voir. Je pourrais peut-être apprendre toute seule, mais ce serait bien long et bien triste, et jamais je ne saurai tout ce que je puis découvrir par le regard et les mots d'un autre en arpentant les territoires en solitaire. Ce monde sera mon terrain de chasse, je voudrais qu'il soit aussi mon terrain de jeu."


Savant jeu d'équilibriste que de demeurer assez lointain pour lui permettre de se brûler les ailes pour apprendre le monde, et assez proche pour pouvoir éteindre le feu avant qu'il ne le consume.



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