Wild Horses: La Terre des Chevaux Sauvages.
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 Il faut du courage pour affronter ses ennemis mais il en faut encore plus pour affronter ses amis...(LIBRE)

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Pépite d'Or
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MessageSujet: Il faut du courage pour affronter ses ennemis mais il en faut encore plus pour affronter ses amis...(LIBRE)   Mer 23 Avr - 14:26

When you feel my heat
Look into my eyes
It's where my demons hide
It's where my demons hide
Don't get too close
It's dark inside
It's where my demons hide
It's where my demons hide

Imagine Dragons - Demons


Son corps était jeune, mais son âme était aussi vieille est sèche que les herbes du Clan du Soleil où elle déambulait. Pépite d'Or avait traversait tellement d'épreuves depuis son existence. Des naissances mais également des décès. Seulement, se qui lui permettait d'avancer et de rester debout, c'était une idée : On peut trouver du bonheur même dans les endroits les plus sombres. Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière. Elle n'oubliait pas que dans le monde il n'y a pas d'un côté le bien et le mal, il y a une part de lumière et d'ombre en chacun de nous. Ce qui compte c'est celle que l'on choisit de montrer dans nos actes, ça c'est ce que l'on est vraiment. Il lui semblait qu'elle avait choisit le bien, la lumière. Mais alors, pourquoi le mal s'entêtait-il toujours sur elle ? Il lui montrait la puissance, le pouvoir et la jouissance. Le bien, que lui avait-il donné ? Souffrance, amertume et frustration. Mais elle savait qu'elle avait fait le bon choix. Petite, sa mère lui disait "Bientôt nous aurons tous à choisir entre le bien... Et la facilité !". Peut-être étais-ce pour cela qu'elle n'avait pas choisit... La facilité ! La difficulté était tellement plus plaisante ! Se battre pour avoir se que l'on désire tout en aimant et en étant aimé. Elle rêvait de devenir un ange et non un monstre. Une figure idyllique. Et pourtant, elle avait aimé et aimait encore un Shikaku. Black Hole. Et c'est ainsi que le lion tomba amoureux de l'agneau. Et elle avait commencé à le haïr au moment où il l'a obligé à la désirer. Mais elle n'avait plus la force d'être loin de lui un instant. Et encore moins maintenant... Elle n'avait plus la force de rester à l'écart de lui. Pourtant elle savait que tout était fait pour être attirant chez lui : allant de sa voix à son odeur en passant par son apparence. Une abomination pour certains, une fascination pour elle. Elle avait en quelque sorte gagnée le gros lot avec lui. Il était toute sa vie à présent. Aurait-elle fait elle aussi une bonne Shikaku ? Il faudrait qu'elle pose la question au prochain qu'elle croiserait...
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Black Hole
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MessageSujet: Re: Il faut du courage pour affronter ses ennemis mais il en faut encore plus pour affronter ses amis...(LIBRE)   Sam 26 Avr - 4:34

    If I told you what I was, Would you turn your back on me ?

    Fatigué, désabusé, usé, détruit, mais encore debout. Et de nouveau, l'étalon noir à l'étoile blanche semblait en vouloir à la terre entière, touché dans son essence même par la perte de ses jumeaux. Ils l'avaient pensé fort, intouchable et incassable : la réalité l'avait rattrapé, l'avait assailli et, lascive, elle s'était lovée contre lui, l'entourant de ses bras sombres et froids, l'entraînant dans ce monde qu'il avait si durement refusé un jour. On lui avait pris ses enfants, ses si tendres et doux et bons jumeaux : Thief of Dreams et Bliss n'étaient désormais plus. Ils ne galopaient plus sur ces terres que lui foulait encore, mais ils ne cessaient d'être. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde et chaque battement de cœur, c'était à eux que l'animal démon pensait. Oh, que n'aurait-il pas donné pour les sauver ! Mais une fois de plus, il avait failli, et loup blessé, il s'était retrouvé acculé, piégé au pied du mur, incapable de secourir son propre sang. Pourquoi ?! Pourquoi avait-il toujours été si impuissant face aux siens, face à ceux qu'il aimait ?

    Mais déjà, il n'en pouvait plus de cette vie qu'il écumait, qu'il traversait sans cesse, à la recherche des ombres qu’il avait embrassées, qu’il avait serrées et aimées. Seul, il vagabondait, sourd à toute alarme, aveugle à tout signal. Il n’écoutait plus que son cœur qui gémissait de cette guerre sanglante qui n’avait laissé derrière elle qu’un champ de ruines, que des braises fumantes dont une fumée opaque et corrosive s’échappait, grignotant davantage son âme. Mort, il l’était déjà, il l’était un peu plus à chaque instant, alors que ses étoiles s’éteignaient une à une, laissant ses cieux ternes et vides.

    Vides de vous, mes enfants, mes chers enfants. Vides de vos sourires, de vos rires et de vos regards si profonds, si sérieux et graves pour votre jeune âge. Et vous avez tant souffert, et de votre mère et de moi, et du monde dans lequel vous avez grandit. Mais dites-moi que là-haut, il fait meilleur. Dites-moi que là-haut, vous avez enfin pu goûter à cette quiétude et à ce repos que vous méritiez tant. Jamais je ne vous oublierai, mon fils, ma fille …

    Errant en loup, Black Hole n’avait même pas remarqué qu’il s’aventurait sur les terres de l’étalon doré qui, allié à Pépite d’Or, s’était battu pour le souvenir de ses tendres enfants. Comme aveugle, le guerrier ne voyait plus rien, sinon le visage mâle et le regard sombre et terrible de sa fille qui partout où il allait le hantait, l’accusant peut-être de tous les terribles maux dont elle avait soufferts. Thief, lui, vivait dans son cœur et dans sa mémoire, tendrement mais encore amèrement : les plaies ne se refermeraient jamais.

    Une odeur, douce, fruitée et singulière le fit pourtant revenir à la réalité, et le voile opaque qui l’entourait se dissipa, découvrant à ses yeux noirs noyés de larmes la Forêt Scintillante. Son cœur se serra dans sa poitrine : il n’avait jamais remarqué, avant, à quel point l’odeur de la cremello y était présente. Si présente que ce n’était pas possible : il n’y avait ici pas seulement son odeur, la Reine des Etoiles était revenue, embrassant à nouveau couronne et dominance, venant panser peut-être les plaies de ses guerriers, elle qui avait toujours été si tendre avec les siens. Comment ne pas penser à leur première rencontre ? Il avait posé sur elle ses yeux de loup et son sang, trop pur, l’avait appelé à se lever, à détruire cette vie naissante mais déjà si grave. Et pour la première fois, l’étalon s’était détaché de ceux qui l’avaient formé, leur tournant le dos pour se pencher, protecteur, vers cet ange tombé des cieux.

    Le monde était son plus vieil ami, et il savait déjà, à l’époque, à quel point il était vil et malsain, à quel point il était traître et assassin. Que faisait-elle ici, pourquoi les dieux, pour s’amuser encore, l’avait-il poussée dans ce gouffre amer, abîmé par toute la haine que tous refermaient en eux, dans leurs entrailles et dans le fond de leurs âmes ? Pourquoi avaient-ils sacrifié cet ange qui, naïf encore, ne rêvait que de bonheur et de bonté ?

    Les ans, ensuite, étaient passés, et elle s’était avouée sublime jument, réfléchie et passionnée bien qu’hésitante peut-être. Hésitante, mais ni dans son amour ou dans ses mots, quand seuls ils s’étaient retrouvés. Les retrouvailles avaient été multiples, langoureuses et ardentes, et fous, ils avaient dansé des nuits entières, la jeune jument cherchant ses pas, lui qui avait déjà écumé bien des bals. Mais ils s’étaient aimés comme personne avant, se liant, s’unissant pour ne former plus qu’un et pour s’aimer toujours davantage. Mais Hole était semblable à de l’uranium pur. L’amour qu’il éprouvait envers les siens les irradiait, les brisait, les déchirait et finissait par les assassiner. Pépite d’Or avait été la première à être brisée par cet être qui ne faisait pourtant que l’aimer.

    Mais Hole, tu aimes trop fort, et tout ce que tu touches finit par se briser, par se faner et par mourir. Toi qui veux les protéger : tu ne fais que les tuer. Tu aimes trop fort, et ils ne sont comme toi, ils ne peuvent supporter cette surdose d’amour, et peu à peu, ils s’éteignent, dévorés et consumés par tes sentiments si ardents et forts. Hole, tu aimes trop fort.

    L’étalon noir s’était immobilisé, sa peau tressaillant par moment, ses paupières de velours s’étant fermées sur ses grands yeux dans lesquels brillait encore cette étincelle folle. Statue de jais, ses naseaux seuls s’étaient dilatés, respirant avec ardeur presque cette odeur qu’il connaissait si bien. Elle était là, juste à côté de lui. Et comme il était loup et qu’il était impossible de tromper ses origines, il devina bientôt sur le sol spongieux ses pas qui, légers et délicats, s’imprimaient avec connaissance sur la terre. Elle était là, juste à côté de lui. Mais que devait-il faire ? Il ne s’était jamais défilé, retourné ou enfui. S’il n’avait plus rien, il demeurait ce loup, guerrier et cruel peut-être, mais dont l’honneur avait su rester intact.

    Souple et silencieux comme la mort, il décida de la rejoindre, elle qu’il avait aimée comme personne n’avait jamais aimé sur cette terre. Il prit la peine de faire un détour, pour la rejoindre plutôt que de la suivre : s’il ne vivait plus, il n’oubliait ses connaissances, il n’oubliait d’être ce loup qu’il avait toujours été, ce loup qui un jour avait tenté de devenir meilleur, ce loup qui n’était en fait qu’un simple mortel, ce loup faillible et malade, mourant.

    Grave et interdit, il apparut devant elle, comme un songe mystérieux, comme une bribe de rêve, un souvenir du passé. Puissant comme jamais peut-être, ses muscles saillants roulaient sous sa peau qui comptait toujours de nouvelles cicatrices qui, acerbes, croquaient ses chairs avec davantage d’entrain toujours.

    « Pépite d’Or …

    Ses mots s’étouffèrent en un murmure des plus doux et des plus suaves, criant à quel point il savait sa douleur et sa peine immense, criant de façon haletante qu’il était, en ces heures, comme elle ; et qu’elle n’était pas, qu’elle n’était plus seule.

    I'm taking a stand to escape what's inside me.


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MessageSujet: Re: Il faut du courage pour affronter ses ennemis mais il en faut encore plus pour affronter ses amis...(LIBRE)   Mer 30 Juil - 15:17

- Pépite d'Or ...

Stupide voix. Il allait falloir qu'elle s'en aille, qu'elle s'éloigne de son esprit à jamais. N'avait-elle pas assez souffert comme ça ? Il fallait en plus que les fantômes du passé resurgissent et qu'ils la hantent, qu'ils la jettent de nouveau à terre. Elle pleurait souvent, mais jamais devant ceux qu'elle rencontrait. Même devant ses siens, elle n'avait jamais pleuré, elle s'était toujours cachée. Certes, on savait qu'elle était triste, mais les larmes ne roulaient sur ses ganaches que dans la solitude. Et ici, elle éclata en sanglots. Ici, elle se croyait seule, mais elle était loin de se douter que celui qu'elle aimait s'y trouver aussi. Après tout, il avait sans doute déjà été rattrapé par ses démons. Il avait l'air tellement important aux yeux de ces démons. 


Chut, mais tais-toi, tais-toi donc ! Ne vois-tu pas que tu la fais souffrir ? Arrête, maudit passé, ne viens plus, n'apparais plus ainsi. Sur le sable fin, la demoiselle à la robe d'or et d'argent n'avait de cesse de pleurer. Elle était si triste, si malheureuse, son attitude parlait pour elle. Depuis le jour où elle avait été frappée pour la première fois, elle avais acquis une certaine expérience du mot souffrance mais jamais la souffrance ne l'avait autant lacérée. Cette fois-ci, véritablement à terre, elle repensait à tout ce qu'elle avait vécu, mais surtout à ce manque grandissant qui subsistait en elle. Elle avait perdu deux petits, ses deux bébés qu'elle aurait pu voir grandir s'ils n'étaient pas morts, puis elle avait perdu l'affection de celui qu'elle aimait. Il avait été en saillir d'autres, il était monté sur d'autres femelles sous les ordres des démons. Jamais elle n'avait su ce qui s'était passé sur ces terres, mais depuis lors son comportement avait radicalement changé. Et même maintenant qu'elle n'y était plus, les actes la hantaient, son histoire la torturait.


La cremello avait le plus grand mal à être heureuse après tout ce qui avait pu se passer auparavant. Même lorsqu'elle sentait de nouveau cet amour prendre possession d'elle, elle restait comme fermée, presque froide, comme si quelque chose la détruisait de l'intérieur. C'était une sensation horrible, celle d'avoir perdu de précieux. La confiance, peut-être, ses petits, sans doute. Elle recula de quelques pas, lâchant en même temps ses quelques mots dans un murmure aussi froid que la glace et exacerbée que des lames de rasoir.



- Ne m'approche pas Black Hole
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MessageSujet: Re: Il faut du courage pour affronter ses ennemis mais il en faut encore plus pour affronter ses amis...(LIBRE)   Mer 20 Aoû - 11:56

    Je n'avancerai plus que vers les miens.

    Elle le chassait. Elle le chassait comme s'il n'était rien, comme s'il ne savait pas ce qu'était la peine ou la douleur d'avoir perdu un enfant. Elle le regardait avec toute cette haine, toute cette rage. Irait-elle jusqu'à l'accuser d'être responsable ? Le Joueur, avant de disparaître, lui avait dit pourquoi. Pourquoi. Cette question demeurait la plus terrible, la plus blessante et la plus sinistre. Une fois que l'on savait pourquoi, l'on devenait libre d'identifier la cause, l'Ennemi. Le 'pourquoi' ouvrait une fenêtre à la vengeance. Quand l'on savait pourquoi, l'on savait soudain s'il était légitime ou non de partir, non en guerre, mais en Croisade. Et lui, désormais, savait pourquoi. Il savait pour quel crime ses deux enfants étaient morts. Mais plus que cela : il savait pour quelle affaire cette injustice avait été perpétrée. Il le savait. Autrefois, une part de lui aurait sans doute regretté cette connaissance. Aujourd'hui, il s'en sentait fort. Il lui semblait désormais possible de faire sauf l'honneur de ses petits. Son cœur, comme il y pensait, se serra dans son poitrail. La sourde douleur qu'il éprouvait lui était pourtant plaisante. Il pensait qu'en la ressentant, il ressentait la chair de sa chair. « Mais c'était là une erreur, Père, une de plus à votre actif. » Bliss. La terrible enfant était là, à les regarder comme s'ils figuraient pour une pièce. Elle était là, encore plus belle à chaque fois, plus belle mais plus cruelle aussi. « Et toi ma chère mère, toi qui n'a pas même su me reconnaître quand je venais à toi ... » Avaient-ils été si pitoyables qu'elle voulait le lui faire entendre ? N'avaient-ils donc rien réussi ?

    « Veux-tu savoir pourquoi ?

    L'étalon noir à l'étoile blanche était resté immobile, la fixant seulement de ses grands yeux noirs. Plus il la regardait et plus la flamme qui dévorait son regard quand il se retrouvait avec les siens s'amenuisait. C'était un mécanisme aussi effrayant qu'épatant. Plus il la voyait et moins il semblait la reconnaître, comme si, à mesure qu'il remontait ses souvenirs, son image se faisait faible, blafarde peut-être. Existait-elle seulement ? Il n'en était plus sûr. Le sang qui martelait d'ordinaire ses tempes se calmait, laissant paraître un animal froid, calculateur et sans doute prédateur. « Je te laisse dans cette vallée de larmes. Qu'elle sache t'apaiser et devenir ton cercueil, quand viendra ton heure. » Lui savait. Il l'avait toujours su, d'ailleurs. A chaque pas nouveau, il savait ce qu'il laissait derrière. Une pointe brumeuse. Ou bien était-ce un plateau ? Quoi qu'il en soit, il avait eu peur cette nuit là. Poulain fraîchement orphelin, il avait gambadé à l'Inconnu, intrigué par ce bruit qui, du lointain, le charmait. Il avait découvert une funèbre bagarre entre un cadavre et une bande de corbeaux qui griffaient, piquaient, arrachaient, crevaient ... dévoraient. Et il avait fui. A toute allure, sans se retourner et sans plus respirer. Pour la dernière fois de sa vie, il avait fui.

    « Qui êtes-vous ? J'ai beau chercher, je ne me souviens pas de vous connaître. Si vous lui ressemblez, vous n'êtes pas celle que mon cœur a aimée, que mon cœur aimerait peut-être encore. Enfin non, puisqu'elle est 'morte' ... Même elle, mon cœur ne saurait l'aimer davantage. Mais laissez-moi vous parler de cette pouliche qui faisait l'effarouchée. Si jeune et si belle de ce corps qui ne savait la vie, qui ne savait l'amour. Ce que mon cœur a cru aimer n'était en fait que la Jeunesse, nectar empoisonné. Il ne s'était épris que de cette innocence, il n'avait aimé que ce physique. Finalement, n'importe laquelle aurait su le satisfaire, lui et ses vigoureuses mais jeunes années, n'importe quelle pouliche aurait fait l'affaire, l'émoustillant. Mais pauvre bête ! A cette époque, je me prenais encore à haïr Etoile. Je l'avais dans la tête, dans le sang et dans le corps. Je ne pensais qu'à elle et ses airs de princesse, me demandant si elle m'aimait encore, si elle se souvenait de mon corps pressé contre le sien. Maintenant, je peux le dire honnêtement, même si c'était une erreur, mais qu'elle sensuelle erreur ! : elle est la première que j'ai aimée. Etoile.

    Il fit une pause, comme s'il se remémorait cette jument au profil oriental.

    « Mais ici, je me rapprochais de cette pouliche. Je rencontrais ensuite Elixir. Je ne la connaissais pas mais elle, elle me savait. Du moins, elle savait mes allures et mes mots. Et si elle se méfiait d'abord, elle s'abandonnait finalement. Moi, je me perdais dans son parfum, sur son corps. Je n'attendais qu'elle, je la guettais dans chaque ombre. Quand je retrouvais cette pouliche à l'éclatante beauté, c'était à Elixir que je pensais. Je voulais son souffle sur ma peau, son murmure dans mes oreilles, sa caresse sur mes plaies. Je pouvais tout lui dire : mes doutes ou mes craintes. Et je l'aimais. Non seulement de son corps, mais aussi de son esprit. Oui, je l'aimais. Pourtant, je m'engageais aussi davantage avec cette pouliche cremello. Elixir ... j'avais peur de la blesser. Je ne voulais surtout pas la briser, je n'aspirais qu'à la préserver. Et puis j'étais loyal à cette jeune jument. Je ... Non : je l'aimais. Je ne peux le nier. Du moins, je l'avais aimée. Et avec une telle force ! Elle avait tout été pour moi mais, rapidement, elle devint autre. Je m'étais accrochée à elle, refusant de voir qu'elle n'était plus, qu'elle était morte depuis longtemps et que ne restait qu'un clone pâle et étranger. Quand je connus Elixir, celle que j'avais épousée était déjà morte. Alors, à chaque fois que nous nous retrouvions, avec la jolie grise, à l'ombre du monde, nous dansions. Nous dansions comme pour célébrer la Vie, comme pour célébrer notre Amour. Nous étions hésitants et maladroits, mais tellement ardents dans nos caresses ! Oh oui, je l'aurais aimée, elle aussi. Elixir fut la deuxième jument de ma vie. Ma deuxième femme bien que cette fois, elle n'était pas une erreur.

    Il s'arrêta à nouveau. Son corps frissonnait, comme s'il se rappelait des innombrables caresses de la grise, de son regard toujours un peu triste mais de son sourire quand il laissait ses naseaux brûlants glisser sur ses reins puis remonter le long de son échine pour terminer sur sa nuque, qu'elle lui offrait sans plus de crainte.

    « Etoile et Elixir. Elles, je les ai aimées. En même temps, la pouliche devenait la mère de mes enfants. Deux sublimes enfants que j'aimais que je ne pourrais jamais cesser d'aimer ... Et c'est là, c'est dans cette tourmente et dans la crainte de perdre mon Frère que je devais rencontrer cette Muse de Neige et de Sang. Oh, ce qu'elle m'est chère ! Si vous saviez ...

    Il avait décidé d'oublier cette jeune âme qu'il aurait pu croquer : Pretty Mill. Toujours cette Jeunesse ... mais pas cet emballement du cœur. Et puis Odyssée. Il la respectait bien trop pour répandre leur secret. Ils avaient simplement dérapé, poussés par la moiteur du soir et il ne l'aimait comme l'on aime une dame : il l'aimait d'amitié et de respect. Odyssée était sa Dame d'Acier, non sa Muse.

    « Alors, qui êtes-vous ? Une jument d'un certain âge maintenant, une jument qui fut sans doute belle puisqu'en jugeant le père de ses enfants, elle s'autorisait à une union avec le Maudit frère de Stelmaria, jouant aussi à un étrange jeu avec l'assassin de ses parents ... Vous êtes fatiguée et votre innocente beauté s'est fanée.

    Soupir.

    « Moi, l'on m'a enlevé celle que j'aurai voulu épouser. Elle était jeune, elle était belle, elle était aussi douce et sensible, naïve peut-être mais foncièrement bonne. Elle éclairait mes jours, elle les faisait meilleurs et moins pénibles. Et je l'aimais ! Oui, je l'aimais. Pourtant, je la perdais rapidement, bien trop rapidement ... je n'avais en face de moi plus que son double, grossier et moins beau. Moins elle, tout simplement. J'avais beau m'évertuer à déclamer mon amour, que mon épouse revienne, je ne me heurtais qu'à cette vulgaire copie, défaillante du reste. Celle que j'avais aimée n'était plus. Je l'avais perdue sans pouvoir faire le moindre geste. Oh, je me souviens de notre complicité ! Ensemble, nous étions comme invincibles. Je la grandissais de mes années, elle m'apaisait de sa candeur. J'aurai pu tout lui montrer, tout lui apprendre : et le ciel et la mer, et la terre et les enfers, qu'elle s'en éloigne toujours. Mais avant même que je ne me retourne, mon Ange n'était plus. Ils me l'ont pris. Vous me l'avez pris !

    Nul doute qu'il était sincère et qu'il ne reconnaissait plus en elle cette pouliche dont son cœur était tombé amoureux. Pourtant, dans ses yeux à présent, il n'y avait pas d'amour ni de haine, juste une profonde indifférence qui était en fait plus terrible que tout. « Etrange examen de conscience, Frère. Mais j'éprouve cette légèreté, celle qui saisit le corps quand l'âme touche du doigt la vérité vraie. »

    Elle qui l'aimait, avait-elle perdu son Démon ? Ou pouvait-elle encore le récupérer ?

    Lui, finalement, avait toujours su et il avait fait le choix de lui redevenir étrange, elle qu'il ne reconnaissait même plus comme la mère de ses Enfants.

    C'est vous. C'est vous qui m'avez pris mon Ange, qui avez tué mes enfants !
[/quote]

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